Au passé comme au présent, c’est toujours la ligne d’indépendance de classe qui fixe pour le prolétariat les moyens et les buts du combat véridique contre tous les gangs gouvernementalistes du spectacle marchand. Comme le pose clairement le Manifeste communiste, les fractions maximalistes se définissent par cet avantage bien immense qu’elles doivent impérativement tout faire pour accéder assurément à une intelligence claire des conditions, de la marche et des fins générales du mouvement prolétarien. C’est pourquoi, à l’inverse de toutes les mafias politiciennes qui, de l’extrême droite à l’extrême gauche du Capital, entendent perpétuer l’arraisonnement des hommes dans le pénitencier manufacturier de l’argent et du salariat, le mouvement réel de la lutte de classe prolétarienne s’attache continuellement à ouvrir le cheminement d’histoire qui va vers la dictature anti-étatique du prolétariat et le surgissement de la communauté humaine universelle.

 

Hier, le charlatanisme anti-fasciste de tous les Fronts populaires de la marchandise connut sa consécration mondiale quand, après avoir organisé l’extermination de l’expérience des collectivités paysannes et ouvrières de Catalogne, il put – au diapason de la modernité capitaliste en mouvement – justifier avec tous les larbins du camp démocratico-progressiste, ministérialistes de la CNT en premier lieu, le déclenchement du Second Carnage impérialiste mondial.

 

Aujourd’hui, à l’heure de la crise terminale de la valeur d’échange, tous les débris du gauchisme culturel américain empêtrés dans les ruines de l’immigrationnisme, du LGBTisme et de l’écologisme, affolés par le prévisible retour de la Vieille Taupe insurrectionnelle, tentent désespérément de requinquer la mythologie cadavérique du misérable cirque antifa

 

Hier comme aujourd’hui, la mystification anti-fasciste a pour seul objet d’enfermer le prolétariat dans un parcours contre-révolutionnaire de diversion qui, en s’accrochant à la monomanie de l’affrontement avec une seule forme historique réelle ou fantasmée du politique, entend lui interdire en définitive de détruire le capitalisme en tant que totalité comme telle.

 

Depuis les années 1930, depuis Bilan et l’Union Communiste et en fonction de toute l’histoire du mouvement réel communiste pratique et théorique émergeant substantiellement avec le groupe Marx-Engels, nous savons qu’existe une indiscutable invariance de méthode et de vie qui sans cesse vérifie le vrai attesté de l’histoire. Le bastringue anti-fasciste y remplit là une fonction essentiellement anti-communiste puisqu’il exprime l’interminable perpétuation du spectacle de la marchandise au préjudice de toutes les incontestables radicalités ouvrières. La critique révolutionnaire se bat exclusivement pour unifier la classe dans la dialectique historique de trans-croissance communiste qui, de jalons de conscience incontrôlable en conscience de jalons incontrôlés, rend possible le devenir d’une homogénéisation du prolétariat en son ensemble. À l’inverse, la soupe antifa de la décomposition accélérée du totalitarisme démocratique ne cesse de s’employer à diviser et morceler la classe ouvrière de manière à assurer la survivance du capitalisme par le cloisonnement impérissable de chacun en un enrôlement aliénatoire d’assignation accusatoire voulu immuable.

 

Dans ce cadre, l’Appel à la solidarité de classe à toutes les victimes de la guerre d’Espagne publié par le groupe Bilan, à la fin de l’année 1937 est hautement significatif. Il n’y a, en Espagne, nous rappellent alors les camarades de l’époque que des « prolétaires frappés par l’antifascisme et par le fascisme et la solidarité réelle de classe consiste à les aider tous, sans aider les uns pour battre les autres : cela est la chanson que le capitalisme fait chanter pour faire durer la guerre ». En effet, après l’assaut du central téléphonique de Barcelone par la flicaille du parti de l’ordre républicain, les colonnes de la collectivisation révolutionnaire furent dissoutes avec la complicité des bureaucrates anarchistes et le processus insurrectionnel de 1936 fut ainsi définitivement transmuté en grossière guerre capitaliste. Dès lors, la solidarité ouvrière révolutionnaire ne peut évidemment épouser la division des deux camps de la contre-révolution tels qu’ils préparent la boucherie impérialiste. Elle se doit de la faire entièrement voler en éclats… Le groupe communiste doit donc organiser l’entraide de classe avec toutes les victimes prolétariennes par-delà toutes les illusions du spectacle de la vie fausse. Aussi, contre toutes les discriminations de tous les enrégimentements destinés à étouffer l’élan révolutionnaire et perpétuer les légendes gouvernementalistes, celui-ci s’emploie indifféremment et évidemment à vigoureusement secourir aussi bien le phalangiste que le CNTiste, le carliste ou le POUMiste…

 

Au point de vue de notre époque, il en est toujours de même. Pendant que tous les ultimes détritus trotsko-libertaires subventionnés par l’industrie de la décomposition capitaliste sont obsédés par leur mission de police et s’en vont faire partout la chasse au facho et à tout ce que leur ahurissement mental catalogue comme phobe, les hommes de l’autonomie prolétarienne s’évertuent, eux, à mobiliser les consciences vers l’homogénéisation de classe, la solution universelle à zéro État, la désertion révolutionnaire et la négation de toutes les domestications politiques, religieuses et syndicales

 

Nous savons depuis les massacres de Kronstadt, l’insurrection de Tambov et les assassinats travestis de Durruti, Berneri et Barbieri que les sales flicards gauchistes impuissants adorent le mensonge et l’abjecte chasse à l’homme à dix contre un… A contrario, les hommes de la vérité communiste intransigeante n’ont pour ce qui les concerne, sans haine ni aigreur, qu’un seul objectif : l’intrépide éradication voluptueuse de toute la pourriture marchande et étatique…

 

Le courant communiste ne se préoccupe pas de quel lieu politique proviennent les hommes asservis, il s’occupe prioritairement du temps anti-politique de leur ad-venir émancipé.

 

Ainsi, alors que la réalisation toujours plus poussée de l’aliénation capitaliste à tous les niveaux, en rendant désormais toujours plus malaisé pour le prolétariat de discerner sa propre misère, le met dans l’obligation de rejeter la totalité de la liberté despotique du profit, ou bien d’y pleinement succomber, l’organisation révolutionnaire a dû annoncer à jamais qu’on ne peut s’opposer au fétichisme de la marchandise sous des formes reproduisant le marché des fétiches.

 

 La théorie révolutionnaire ne peut être que l’antithèse absolue de toutes les idéologies du progressisme de la chosification autocratique, et elle sait qu’elle l’est car à la suite notamment de Bordiga, elle a compris depuis longtemps que l’anti-fascisme fut bien le pire produit du fascisme alors même que les mauvais comédiens crasseux et ignares qui en rejouent maintenant commercialement la perpétuelle farce imaginaire sont en tous domaines, les déchets les plus minables de la crise finale du mode de production capitaliste.

 

Que Vive l’immuable Guerre de Classe du Prolétariat contre tous les Partis et Syndicats de la planète-marchandise… pour le naître d’une existence sans exploitation ni aliénation !

 

EN AVANT VERS LA COMMUNE UNIVERSELLE POUR UN MONDE SANS ARGENT, SANS SALARIAT, NI ÉTAT !