
À la fin des années 1960, Lionel Jospin et Pierre Guillaume se sont rencontrés à Paris puis côtoyés assez régulièrement, par l’entremise des sœurs de ce dernier qui fréquentaient alors la première épouse du second ; Élisabeth Dannenmüller. Pierre Guillaume fut d’ailleurs présent au mariage de Lionel avec Élisabeth en 1973. Pierre était déjà, lui, alors bien ancré dans la perspective du maximalisme ouvrier et il ne nourrissait aucune illusion sur les mensonges du capitalisme d’État et les mystifications bolchéviques. Lionel Jospin, quant à lui, se trouvait d’ores et déjà arraisonné par la secte lambertiste, la plus trouble, la plus manipulatrice et la plus charlatanesque de la tromperie trotskyste. Si bien entendu, Pierre Guillaume se posait en totale opposition avec toutes les chapelles de l’extrême gauche du Capital, il avait montré dans toutes ses interventions auprès des comités d’usine surgis de la grève sauvage de 1968 qu’il ne nourrissait aucune hostilité vis-à-vis de quiconque. Aussi, sachant que le seul ennemi de l’humanité, c’est la dictature de l’économie politique de l’argent, Pierre s’adressa toujours à tout le monde, avec respect et courtoisie. Et il débattait de l’auto-organisation du prolétariat même avec ceux qui se trouvaient enfermés dans les avant-gardes policières de la domestication de la classe ouvrière.
Après que l’affaire Faurisson eut éclaté publiquement durant l’automne médiatique 1978, Pierre Guillaume fit discrètement parvenir à Lionel Jospin un certain nombre de documents historiques dont Le Mensonge d’Ulysse que La Vieille Taupe venait de rééditer. Par la suite, Pierre s’essaya à plusieurs tentatives de discussion avec Lionel Jospin afin d’exposer méthodiquement les questions essentielles qui ressortaient des tabous et totems de la mythologie du consensus spectacliste telle qu’elle légitime la Seconde Boucherie impérialiste. Lionel Jospin, selon Pierre lui-même, n’accoucha jamais du moindre argument, se contentant de déclarer que cette question ne lui semblait pas la bienvenue.
On rappellera là brièvement que Lionel Jospin est le fils de Robert Jospin, pacifiste intégral, collaborateur du Libertaire et du Réfractaire, adepte dans les années 30 des fameux « Non à toutes les guerres » et « Guerre à la guerre ». Dans les années 1950, on le retrouve aux côtés de Paul Rassinier dans la mouvance pacifiste qui donnera naissance au Comité national de résistance à la guerre et à l’oppression puis à l’Union pacifiste de France. Il va donc évidemment de soi que Lionel Jospin ne pouvait méconnaître le positionnement de La Vieille Taupe, les liens manifestes entre Pierre Guillaume et les travaux de Paul Rassinier et bien sûr les relations très proches entre Robert Jospin, son père et ce dernier.
De la sorte, il est aisé d’appréhender pourquoi et comment Lionel Jospin, à mesure qu’il montait dans les hautes sphères du spectacle marchand, est insensiblement passé du refus affirmé auprès de Pierre Guillaume d’accepter que l’on puisse censurer les livres et la recherche historiques à une totale discrétion publique de plus en plus éloquente qui déboucha finalement, après une certaine tolérance hybride, à l’acceptation de la répression étatique.
Nous publions là les deux lettres ouvertes que Pierre Guillaume adressa à Lionel Jospin en mai 1997 puis en septembre 2001. Elles sont importantes car si elles s’incarnent totalement dans l’invariance historique de la perspective communiste par leur entière immersion dans la critique radicale de toute censure telle qu’élaborée par Marx dans le célèbre texte inaugural de 1842, elles expriment – en premier lieu – tous les acquis essentiels de la lutte de classe révolutionnaire du prolétariat contre la dictature démocratique du progrès aliénatoire de la marchandise. Depuis le groupe Marx-Engels, Rosa Luxemburg, Amadeo Bordiga… Dans le champ historique de Berlin 1919, Kronstadt 1921, Barcelone 1937 et Budapest 1956… En poursuite de Bilan, de l’Union communiste et de tous leurs héritages fertilisés par le fil du temps radical, Pierre Guillaume savait et affirmait bien entendu que toute vérité officielle est par essence un mensonge étatique du Capital. C’est pourquoi, il pouvait dire à Lionel Jospin : « Aujourd’hui tu diriges la campagne électorale d’une coalition totalement et absolument soumise à la logique du Capital, qui recycle dans l’antifascisme la plus grande partie de ses déchets. » Pierre Guillaume qui connaissait parfaitement l’histoire des prolétaires révolutionnaires massacrés par le Front populaire du Capital épaulé par les ministres de la CNT en 1937 à Barcelone pouvait ainsi signaler que d’évidence :
« L’agitation “antifasciste” ne sert plus qu’à dissimuler l’abandon de toute critique anticapitaliste. Elle constitue l’alibi du totalitarisme consensuel du Capital ».
« L’antifascisme est devenu l’idéologie dominante de l’époque, c’est à dire l’idéologie de la classe dominante. Le reste n’est que du cinéma ».
Lionel Jospin et Pierre Guillaume résidaient assurément sur deux planètes théoriques différentes. Le premier totalement empêtré dans la religion politique issue du grand massacre capitaliste de 1939-1945 ne pouvait conjuguer le verbe penser qu’à tous les temps et tous les modes de la soumission au mode de production des justifications fallacieuses. Le second alertait celui-ci sur cette essentialité primordiale pour lui hors de portée : « … tu m’avais fait une profession de foi démocratique, fort peu trotskiste, mais qui m’avait paru sincère. Autrement dit, la bureaucratie économique, sanctifiée par le suffrage universel… J’avais vite renoncé à vouloir t’expliquer que c’était justement cela la dictature du Capital, et le contraire de la “dictature du prolétariat” et de l’abolition de la marchandise ».
Comme l’avait énoncé la première lettre de Pierre à Lionel Jospin, rendez-vous était donné avec l’époque de l’auto-négation du monde des réalités renversées : Adveniat regnum tuum…
…et la Vieille Taupe sera là…
Aujourd’hui, le politicien plastique Lionel Jospin a définitivement disparu dans les tourments historiques de la conscience fausse et Pierre Guillaume, l’éternel réfractaire, est toujours bien vivant dans la tempête historique qui verra in fine surgir la conscience vraie de la crise finale de la valeur d’échange et de toutes ses légendes…
Au demeurant, Lionel Jospin, dans un retour éclatant du refoulé, a bien été cependant contraint de donner finalement raison à Pierre Guillaume lorsque dans un bref instant de lucidité, il admit en septembre 2007 sur France Culture que « Durant les années du mitterrandisme, tout antifascisme n’était que du théâtre, il n’y a jamais eu de menace fasciste ».
La vérité historique est l’expérience pratique qui se vérifie pleinement comme plénitude de l’histoire véritable… Pierre Guillaume, en digne héritier de tous les jalons de la théorie révolutionnaire, nous a beaucoup instruit et nous savons, en grande partie grâce à lui, que la critique communiste est ennemie de toute politique, en tant qu’art de gouvernement des hommes assujettis à l’économie, que l’on ne peut abattre l’aliénation par des voies aliénées et qu’il convient bien de liquider tous les organisateurs hiérarchistes de l’ensemble des farces idéologiques.
C’est dans l’intransigeance de la lutte historique elle-même que Pierre Guillaume a réalisé la fusion dialectique de la connaissance et de l’action de telle façon que chacun des deux termes en question assoit en l’autre l’assurance de sa sûre vérité rendant ainsi possible la saisie du vrai unitaire et organique du Tout Historique lequel s’inscrit – dans toutes les paix et toutes les guerres des contre-vérités interminables – en négatif des apparences. Les luttes spectaculaires factices des cliques rivales du règne autocratique de la valeur traduisent simplement le développement des nécessités conflictuelles de la logique de la marchandise. Lionel Jospin, lui, simple employé aux écritures de la domination de l’indistinction spectaculaire qui ne pouvait rien faire d’autre que s’adonner aux ambitions du devenir-monde de la fabulation centralisée, ne pouvait donc qu’ambitionner un devenir-fabulation du centre de son propre monde.
La forme la plus aboutie de la domination de l’indistinction parfaitement réalisée apparaît maintenant en son ordre le plus malicieusement établi selon lequel les sociaux-démocrates deviennent des faux-révolutionnaires pendant que les faux-révolutionnaires deviennent, eux, des sociaux-démocrates. Partout où triomphe la production du spectacle, les seules forces organisées sont celles qui entendent reproduire le spectacle de cette production et toute l’extrême gauche de la marchandise s’y montre là comme admirable spécialisation totalitaire de la novlangue qui peut fabriquer la pensée la plus appauvrie qui soit et les débiles les plus éperdument abrutis afin que continue d’être bien gouverné le diktat des progrès de l’illusion sociale.
Lionel Jospin, qui s’était fait sa place dans un monde de fourberie où il n’y a plus de place pour aucune vérification puisque l’intelligence et le courage en ont été absolument bannis, s’est donc perdu. Pierre Guillaume en combattant jusqu’à la fin la fabrique du faux qui forme le cœur de la décadence capitaliste, et en encourageant impérativement ses semblables à retrouver la possibilité générique de faire référence à l’authentique, s’est trouvé et demeure à jamais comme moment majeur de l’intelligence claire des conditions, de la marche et des fins générales du mouvement prolétarien.
La crise totale de la marchandise totale doit totalement supprimer à la fois l’histoire de l’intelligence et l’intelligence de l’histoire… On savait que l’histoire s’était révélée dans sa forme la plus retentissante, dans l’Europe des luttes de classe prolétariennes, avec les Communes de Paris, Berlin, Kronstadt, Barcelone et Budapest. On peut vérifier qu’elle doit dorénavant être effacée du monde avec le cosmopolitisme totalitaire de la marchandise. Ce faisant, jamais la censure qui est au cœur des envois épistolaires de Pierre Guillaume à Lionel Jospin n’a été plus perfectionnée qu’aujourd’hui puisque le mouvement réel constamment réécrit par les idéologues étatiques de l’Histoire réglementée, a contraint le sens du cours des choses à passer à la clandestinité.
L’extrême gauche du Capital y est donc tout normalement le laboratoire de recherche le plus avancé du progrès du libre-échangisme irréversible. Quant au carnaval antifasciste et immigrationniste, il n’a ici qu’un seul objet : saboter la lutte de classe révolutionnaire du prolétariat historique vers l’abolition du salariat pour la désactiver et la noyer dans le supermarché oriental des clientèles immobilistes dont la chronologie obscurantiste ignore tout du futur communiste. En cet espace-temps de déliquescence accélérée, les sales nervis de la décomposition léniniste et libertaire expriment le degré supérieur de l’ignardise, de la bêtise et de la malignité. C’est pourquoi leur réformisme frénétiquement manipulatoire les place au premier rang des manipulations de la violence réformiste, de son imbécillité et de son goût pathologique pour la censure. Par conséquent, la démocratie totalitaire de la valeur d’échange illimitée fabrique elle-même de parfaite manière son plus étonnant complice dans la malfaisance contemporaine ; la déchetterie gauchiste de l’université putréfiée qui, du coup, suscite la surveillance la plus mesquine, celle des hordes les plus médiocres de la schizophrénie mégapolitaine…
Bien travaillé Vieille Taupe !
… Et Merci encore Pierre !
Communiqué de La Vieille Taupe
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LETTRE A LIONEL JOSPIN,
SECRETAIRE GENERAL DU PARTI SOCIALISTE
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Pierre Guillaume
Paris le 25 mai 1997
Mon cher Lionel,
Au cours de la campagne présidentielle de 1995 je m’étais rendu à l’une de tes réunions électorales, à l’Ecole Normale Supérieure, où, au milieu d’un public hystériquement hostile à mon égard, je t’avais posé la question suivante :
« Vous m’aviez autrefois promis personnellement qu’il ne serait jamais question en France d’interdire des livres. Puis-je vous demander ce que vous pensez actuellement de la censure, et quelle serait votre attitude à l’égard de l’interdiction de certains livres ? »
A cette question tu avais répondu :
« Je suis personnellement hostile à la censure. Je suis bien évidemment pour lutter fermement, de toutes mes forces, contre des thèses historiques absurdes, et qui sont rejetées par les plus grands historiens, et démenties par tous les témoignages… mais je suis contre la censure. »
Fort bien… Mais l’opinion sur la censure n’est plus, dans ta position comme dans la mienne, une question personnelle. Politiquement associé à des Fabius [chef socialiste, Premier Ministre qui a fait passer la loi rétablissant la censure], des Hue [Secrétaire général du parti communiste français], et autres Gayssot [auteur fictif de la loi rétablissant la censure], en fait d’être contre la censure, tu risques fort d’être tout contre.
Ma question n’est donc pas académique.
Le ministre de l’Intérieur vient d’interdire en France le “Rapport Rudolf”, rapport d’expertise d’un docteur en chimie, sur la “formation et le contrôle de la présence de composés cyanurés dans les chambres à gaz d’Auschwitz”, sous le prétexte surréaliste que les conclusions de cette expertise font “courir un risque de trouble à l’ordre public”.
Le ministre de l’Education Nationale vient de révoquer un professeur de mathématiques, irréprochable sur le plan pédagogique, apprécié de ses élèves et des parents de ses élèves, à qui il avait redonné le goût des études ! On lui reprochait d’avoir des opinions révisionnistes sur l’histoire de la Deuxième guerre mondiale ! et, avant même qu’il soit publié… la rédaction d’un livre sur le massacre d’Oradour !
Au moment même où se multiplient les condamnations d’éditeurs, les saisies de livres, les interdictions administratives par usage abusif de la loi sur la liberté (sic) de la presse, une agitation spectaculaire se développe dans le milieu des “intellectuels de gauche” pour dénoncer la menace que ferait planer le Front National sur la Culture et la liberté d’expression !
Dans de telles circonstances, les trains pour Chateauvallon, les kermesses strasbourgeoises, enfin toute cette agitation orchestrée contre la menace là où elle n’existe pas, ne me semblent servir qu’à détourner l’attention du public de la menace là où elle existe et à favoriser l’instauration en France d’une censure totalitaire bien effective et bien réelle, celle-là.
L’agitation “antifasciste” ne sert plus qu’à dissimuler l’abandon de toute critique anticapitaliste. Elle constitue l’alibi du totalitarisme consensuel du Capital.
Au début de l’affaire Faurisson, alors que j’avais de fortes raisons de craindre d’être la victime d’une provocation destinée à impliquer indirectement l’éditeur de Faurisson dans un attentat terroriste, la seule parade pour déjouer la provocation avait consisté à l’exposer préalablement.
Je m’étais donc rendu à la DST [Direction de la Surveillance du Territoire] pour exposer mes soupçons, mais pour plus de sûreté je t’avais fait part auparavant, à la fois de ma visite à la DST, et du contenu de ma déclaration, en te priant d’en témoigner publiquement pour le cas où la provocation se poursuivrait néanmoins, et j’avais averti la DST que tu m’avais donné ton accord pour en témoigner.
J’ai exposé sommairement cette affaire dans le bulletin n°5 réservé aux abonnés de la Vieille Taupe, en indiquant qu’à l’époque j’avais averti “une importante personnalité politique”.
Je m’étais adressé à toi parce que tu étais la seule personne de mon entourage qui jouissait d’un certain poids politico-médiatique, depuis l’élection de François Mitterrand, et ton accession au secrétariat général du PS [parti socialiste]… Bien que nous n’ayons jamais été sur la même longueur d’onde intellectuelle et politique, j’avais une certaine confiance en ton souci d’honnêteté.
A cette occasion, nous avions évoqué l’affaire au fond. Tu connaissais Rassinier par ton père, qui l’avait rencontré à la Libre Pensée, et qui l’estimait. Tu n’avais pas lu Le Mensonge d’Ulysse, dont je t’ai remis un exemplaire, mais curieusement tu avais lu, de lui, le livre beaucoup plus rare, Candasse ou le Huitième péché capital, sorte de fable autobiographique. Sa position te laissait perplexe.
Manifestement tu ne voulais à aucun prix t’engager dans cette polémique, ni même vraiment étudier le sujet, mais tu ne mettais en doute ni mon honnêteté ni la pureté de mes intentions.
J’ai eu l’impression que tu voyais dans mon engagement une analogie avec l’“extrémisme”, que tu désapprouvais, de ma position à l’égard des bureaucraties politiques et syndicales du prétendu “mouvement ouvrier”, trotskistes compris.
C’est dire que nos relations amicales qui reposaient sur le hasard des rencontres familiales, ne devaient rien à la politique, même si nous n’ignorions rien l’un de l’autre. Nous vivions sur des planètes théoriques différentes, et lors de nos rencontres, nous parlions assez peu de politique, ou superficiellement, chacun observant l’autre avec curiosité.
Une fois seulement tu m’as posé une question sur le Parti “communiste” qui m’avait semblé directement liées aux préoccupations stratégiques de Mitterrand. Car bien que tu désapprouvasses mes positions, tu ne méconnaissais pas la réalité de ma documentation et la perspicacité de certaines analyses. Je t’avais répondu qu’une fraction notable de l’appareil était irrémédiablement compromise par des liens indestructibles de toutes natures, y compris économiques, avec Moscou, mais que la base de la bureaucratie politique et syndicale avait ses racines dans le terreau économique et social français, et que cette fraction était nationale, et même nationaliste.
Toujours est-il qu’à l’occasion d’une de nos dernières rencontres, tu m’avais assuré qu’en aucun cas “il ne saurait être question de censurer les débats ni d’interdire un livre en France”.
Mais neuf ans plus tard tu as voté la loi Gayssot !
Tu n’avais pas protesté quand les amendements scélérats de la loi sur la toxicomanie (!?), introduits subrepticement par Albin Chalandon, avaient permis d’inclure les Annales d’histoire révisionniste dans la liste des publications interdites de diffusion publique.
Tu n’as pas protesté contre les multiples saisies de livres, ni contre le harcèlement et les perquisitions dont sont régulièrement l’objet les auteurs révisionnistes.
Tu n’as pas protesté contre les multiples agressions physiques dont nous avons été victimes, ni contre les attentats réitérés contre des librairies qui diffusent des livres non conformistes.
Je me souviens d’une phrase de Daniel Mothé, militant chez Renault, qui participait au groupe Socialisme ou Barbarie :
« L’empire romain a laissé des ruines, le mouvement ouvrier n’a laissé que des déchets »
Aujourd’hui tu diriges la campagne électorale d’une coalition totalement et absolument soumise à la logique du Capital, qui recycle dans l’antifascisme la plus grande partie de ses déchets.
J’étais venu au salon du livre distribuer un texte de la Librairie du Savoir, Librairie Roumaine antitotalitaire, qui a courageusement assuré la diffusion du livre de Roger Garaudy, Les Mythes fondateurs de la politique israélienne, et subi de ce fait de multiples agressions. J’ai assisté à la mise à sac d’un stand de livres du Front National par une meute hurlante qui accusait le Front National de “vouloir détruire les livres”. Voici un passage du texte que j’étais venu distribuer:
« L’antifascisme a servi à justifier les pires monstruosités. Il constitue l’alibi du totalitarisme. Il autorise l’utilisation contre tous les adversaires, déclarés peu ou prou “fascistes”, de tous les procédés attribués aux “fascistes”. C’est dire que l’antifascime est le mécanisme mental grâce auquel toutes les barrières morales, et toute retenue dans l’exercice de la violence et de la mauvaise foi à l’encontre des adversaires, peuvent être transgressées. L’antifascisme n’est même pas limité par l’obligation de ne pas dépasser le fascisme en monstruosité, ou plutôt cette limite est illusoire dès lors que l’antifasciste peut librement fantasmer la monstruosité de son ennemi. L’antifascime contribue donc à faire advenir à la réalité les monstruosités qu’il dénonce. »
« Tout au contraire notre expérience du goulag nous permet d’affirmer que la liberté d’expression pour tous constitue l’ultime rempart, et le seul efficace, contre tout totalitarisme. »
[Extrait d’un communiqué de la Librairie roumaine antitotalitaire]
Actuellement, ce ne sont ni Le Pen, ni le Front National qui font peser une menace sur la liberté d’expression, c’est l’antifascisme. C’est au nom de l’antifascisme que le pouvoir censure des livres, c’est au nom de l’antifascisme que les aboyeurs de Ras L’Front font de la surenchère.
L’antifascisme est devenu l’idéologie dominante de l’époque, c’est à dire l’idéologie de la classe dominante. Le reste n’est que du cinéma.
Et voila…! Cette lettre sera une lettre ouverte… Parce trop c’est trop.
La mascarade qui a consisté, sous l’oeil complaisant des caméras, à prendre les bulletins de tous les candidats, sauf celui du Front National, a été la goutte d’eau… Car cette manière de désigner Le Pen comme responsable de tous les maux constitue la mystification centrale du système auquel la Gauche comme la Droite participent.
Adveniat regnum tuum…
… et la Vieille Taupe sera là.
P. Guillaume.
LA VIEILLE TAUPE
Organe de critique et d’orientation postmessianique
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SECONDE ET DERNIÈRE LETTRE OUVERTE
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Pierre Guillaume
Amman, le 27 août 2001
Thouars, le 9 septembre 2001
à Lionel Jospin, premier ministre
Candidat à la présidence de la république
Mon pauvre Lionel,
Décidément, la vie est pleine de paradoxes.
Je fais sans doute partie du très petit groupe de personnes qui connaissait la nature présidentielle de tes ambitions politiques personnelles, à une époque où tu faisais encore de l’“entrisme” au parti socialiste, et bien avant que Mitterrand soit élu président de la République. Et je fais partie du groupe encore plus restreint qui a su que cette ambition s’inscrivait dans la continuité d’un rêve d’enfant, tenacement poursuivi.
La personne qui m’avait fait cette révélation nourrissait à ton égard quelque jalousie, et m’avait dit suivre avec inquiétude ta carrière d’apparatchik socialiste et de lambertiste clandestin. Il voyait dans cette duplicité des analogies avec la carrière de Staline !
Cette inquiétude me paraissait très exagérée, parce que ce sont les situations qui font les dictateurs, et pas le contraire. Je m’étais souvenu d’une conversation avec Boris Fraenkel, avant la fermeture de la première Vieille Taupe, au 1, rue des Fossés-Jacques, où j’avais brocardé l’entrisme trotskiste en général, qui “depuis 1930, n’a pas amélioré d’un pouce le sort de la classe ouvrière, et n’a servi qu’à fournir des cadres particulièrement retors à la social-démocratie”… Et j’avais simplement répondu en rigolant, à la révélation de ces ambitions présidentielles : “il manque d’ambition !”.
La réalisation d’un rêve d’enfant me paraît bien être la seule raison valable pour vouloir être président de la république. Lorsque bien des années plus tôt j’avais abandonné Sciences Po et la préparation de l’ENA pour me lancer dans la lutte contre la guerre d’Algérie, sur les bases défendues par Socialisme ou Barbarie, c’est-à-dire sans la moindre illusion sur la nature sociale réelle du F.L.N., j’avais compris que la “politique” peut être un moyen de faire carrière, mais pas de changer le cours des choses.
Tes “ambitions” m’étaient indifférentes.
Sur le plan personnel, tu me paraissais plutôt “boy-scout” et naïf, peu au fait des dessous de la politique, mais “trop honnête”, et sympathique. C’était évidemment faux vu la maîtrise impressionnante avec laquelle tu as su mener ta barque au milieu des écueils innombrables… Mais en l’été 1974, au retour de notre longue marche solitaire sur les flancs de la Soufrière, je t’avais interrogé sur ton séjour déjà ancien au Vietnam, et sur la manière dont tu conciliais ta situation de fonctionnaire du ministère des affaires étrangères et de militant lambertiste. J’avais été surpris de t’entendre parler “des bases du socialisme” et autres fariboles, et de découvrir que tu pouvais te montrer idéologue si sectaire.
Puis tu m’avais fait une profession de foi démocratique, fort peu trotskiste, mais qui m’avait paru sincère. Autrement dit, la bureaucratie économique, sanctifiée par le suffrage universel… J’avais vite renoncé à vouloir t’expliquer que c’était justement cela la dictature du Capital, et le contraire de la “dictature du prolétariat” et de l’abolition de la marchandise.
Nous étions sur deux planètes théoriques différentes… Je m’étais donc borné à t’expliquer que le suffrage universel peut être manipulé, que la sanction électorale comme source de légitimité peut être d’une nature tout aussi métaphysique que le sacre et le saint chrême de la royauté. Tu avais qualifié de “schumpétérienne” mon analyse plutôt “cynique”, selon toi, de la démocratie… Ce qui prouve que tu n’avais pas fait Sciences Po pour des prunes.
En tout cas, dès cette époque, et déjà lors de ton mariage à Sceaux, tu prenais bien soin de ne pas figurer sur des photos collectives susceptibles de devenir compromettantes. En politique, on ne sait jamais ce que sera l’avenir. Il faut être prudent… Toujours est-il que la photo prise par Fabienne, à Mare-Gaillard, où tu figures de dos, mais reconnaissable, en ma compagnie, avec Elisabeth enceinte d’Hugo, et Renée, m’a été volée, dans des conditions bien mystérieuses, après l’éclatement de l’affaire Faurisson. En quelles mains se trouve-t-elle maintenant ?
Cette bassesse nous ramène à la politique et à la politique électorale.
Tu sais comme moi qu’en 1995, quelques mois avant les élections présidentielles, Balladur, premier ministre, faisait un candidat de la droite fort présentable et caracolait dans les sondages, loin devant Chirac, que le public avait quelque peu oublié. C’est alors que le CRIF (FRIC en verlan) lui fit savoir combien il serait opportun et souhaitable, pour les raisons purement éthiques que l’on sait, qu’un président de la république française fît une déclaration reconnaissant officiellement et devant l’Histoire la responsabilité de l’Etat français dans le “génocide des juifs”. Si le candidat Balladur prenait courageusement l’engagement d’être ce président-là, il bénéficierait de l’appui de toutes les forces morales du pays…
M. Balladur refusa de prendre cet engagement.
Soucieux par-dessus tout de la moralité française, le CRIF se tourna donc vers le candidat Chirac, que même ses proches commençaient à abandonner, et lui fit part de ses préoccupations éthiques.
Chirac, n’écoutant que sa conscience, prit l’engagement qu’avait refusé Balladur.
Les médiats, dont on connaît l’attachement aux valeurs morales les plus hautes, et qui, la veille encore, brocardaient Chirac et ironisaient sur les aléas de la popularité, changeaient brusquement de ton, et Chirac effectuait une remontée spectaculaire dans les sondages, qui lui permettait d’évincer le candidat Balladur, puis d’être élu président de la république.
En homme d’honneur, Jacques Chirac exécutait la clause du contrat synallagmatique qu’il avait passé avec sa conscience peu de temps après avoir été élu.
Pourquoi raconter cette histoire que tu connais aussi bien que moi ? Parce que Schumpeter avait effectivement sous-estimé l’influence du fric et de l’éthique sur les élections ?
Eh bien non, je le raconte parce que j’ai pensé que tu avais pensé à cela lorsque tu as commis, en Palestine occupée, un “lapsus” soigneusement calculé en qualifiant de “terroriste” le Hezbollah. C’était manifestement un message fort que tu lançais, en direction de la “communauté” pour lui faire connaître que tu étais pour Israël, un allié plus sûr, alors que Chirac à cette occasion prenait l’option inverse.
Dans les années soixante, le “rapport de forces” était un véritable tic verbal auquel on reconnaissait les lambertistes parmi les trotskistes. La “politique” ne consiste-t-elle pas à analyser le rapport de forces et à se placer au lieu géométrique d’équilibre ? Mais où se trouve-t-il ?
Là, vois-tu, là, tu as passé les bornes. Le Hezbollah venait justement de faire preuve d’une extraordinaire maturité politique au cours de l’évacuation du sud-Liban par l’armée israélienne. Les collaborateurs de l’armée d’occupation avaient commis de nombreuses exactions, exécutions et tortures. Le Hezbollah, qui avait été l’âme de la résistance, avait subi de lourdes pertes et vu bien des militants et leurs proches torturés. Il n’a exercé aucune représaille ! Il a livré les cas les plus graves de tortionnaires et de crimes de sang à la justice libanaise, tout en sachant que les peines infligées seraient très modérées. Ce faisant, à la Libération, il a interrompu le cycle fatal des vengeances et des représailles… et montré qu’il avait de la paix une conception d’avenir.
Quand on représente officiellement la fraction de la France qui se réclame de la Résistance, on ferme sa gueule. Au terme d’une occupation certainement moins longue et moins quotidiennement oppressante, les divers courants issus de la Résistance, bien incapables d’innover quoi que ce soit, y ont substitué l’épuration et la vengeance. On n’a pas le droit de faire de la politique électorale sur le dos de gens infiniment plus dignes et respectables que sont les Palestiniens.
Jusque-là la Vieille Taupe avait donc suivi avec ironie et patience le déroulement de ta carrière. Je t’avais fait tenir différents documents. Le dernier avait été une lettre collective du 24 septembre 1983, adressée au premier secrétaire du Parti socialiste à l’occasion du congrès de Bourg en Bresse. A l’occasion je t’avais fait tenir un dossier copieux au siège du parti, et j’avais remis copie, à Bourg en Bresse même et en main propre, du même dossier à Roland Dumas et à Pierre Joxe. Mais j’avais compris qu’il ne fallait plus rien attendre de toi avant même que tu ne rencontres Renée par hasard dans l’autobus, et que tu lui dises, apparemment désolé, “avec les positions prises par Pierre, nous serons obligés de cesser de nous rencontrer”.
J’avais pourtant apprécié que, devenu ministre, tu traites, sans courage excessif, mais avec un certain doigté, les différentes affaires de révisionnisme apparues dans l’Education nationale, dont l’une impliquait une amie d’adolescence de ton épouse, et un membre éminent du “Parti des travailleurs”. Je savais aussi que tu respectais ton père, militant pacifiste, lui, qui ne s’était rallié qu’avec réticence et regrets à la cabale contre Rassinier, après avoir été copieusement désinformé. Sans attendre grand chose j’espérais cependant que tu prendrais soin de respecter les formes et la loi. La Vieille Taupe ferait le reste.
Hélas ! le vote de la loi Fabius-Gayssot, préparé par la provocation de Carpentras a fait voler en éclats les dernières lignes de résistance. Non seulement cette loi dogmatique est intellectuellement inacceptable en elle-même, mais la répression des révisionnistes est sortie du cadre légal, pour devenir hystérique, au fur et à mesure que la documentation négatrice de la chose devenait irréfutable.
Dans ma précédente lettre ouverte je relevais déjà quelques-unes des abominations que tu avais couvertes. Depuis la liste s’est considérablement allongée. La révocation de Serge Thion du CNRS, les condamnations de Jean Plantin, mais surtout l’annulation parfaitement illégale de ses diplômes sont des taches indélébiles. Et cette andouille de Jack Lang, ton ministre, qui dans une réponse à Jacques Verker, allant bien au delà du texte de la loi Fabius-Gayssot, proclame administrativement le dogme de l’“extermination des Juifs” !
Trop c’est trop !
Et, la goutte d’eau, ma condamnation à cent vingt jours-amende, c’est-à-dire en pratique à soixante jours de prison ferme, puisque je n’ai plus les moyens de payer, et qu’au surplus je refuse par principe la discrimination selon la richesse qu’implique ce système des jours-amende. Je risque donc d’être incarcéré, un jour ou l’autre, pour une lettre à trente-neuf membres constituant la section chimie de l’académie des sciences, à moins que tu ne fasses payer toi-même l’amende (6, rue Joseph Bédier, 75634 Paris cedex 13) sur quelques fonds secrets du gouvernement.
Pour l’ensemble de ces raisons, la Vieille Taupe a décidé d’abandonner sa neutralité bienveillante, et de faire tout son possible pour te faire battre aux élections qui s’annoncent serrées.
Car les temps sont venus pour la vieille taupe de montrer qu’elle existe.
On sait qui a fait Jacques Chirac président de la République française. Mais as-tu jamais pensé que, sans la Vieille Taupe, tu ne serais pas premier ministre ?
Non pas que la Vieille Taupe ait joué le moindre rôle dans des élections qu’elle méprise, ni contribué à déplacer une seule voix. Elle n’a pas joué non plus le moindre rôle dans les multiples affaires qui émaillent, et en quoi se résume, la dite « vie politique », ni dans les coups de pieds qui se donnent sous la table. Elle n’est pour rien, et n’a pas compris grand chose à la miraculeuse dissolution provoquée par Chirac, d’où est résultée ton investiture… Alors ?
C’est pourtant simple. Tu es premier ministre de gauche dans un pays qui vote majoritairement à droite. De quelque côté que l’on se tourne, tu ne serais pas premier ministre si la droite n’avait pas été saucissonnée et émasculée par l’anathème lancé par le Bnai Brith (les fils de l’Alliance) contre Jean-Marie Le Pen, et par la diabolisation médiatique systématique qui en était résultée.
Cet anathème et cette diabolisation n’avaient rien de nécessaire ni d’inévitable. D’une part parce que la droite nationale dite extrême, depuis la guerre d’Algérie, était plutôt pro-israélienne. Des liens avec le Mossad avaient été tissés du temps de l’OAS. Jean-Marie Le Pen n’est absolument pas antisémite.
Des organisations comme le MRAP, la LICRA ou la Ligue des droits de l’homme manipulaient l’immigration à leur gré en instrumentalisant l’“antirascisme” et en utilisant Le Pen comme bouc émissaire. Mais chez certains dirigeants pointait la crainte que l’immigration musulmane n’acquière son autonomie politique et ne se laisse plus si facilement manipuler.
Pour toutes ces raisons, en 1987, un rapprochement était en train de s’opérer et allait même se matérialiser par une invitation officielle à Jean-Marie Le Pen à se rendre en visite en Israël. La seule chose qui fit finalement capoter l’opération fut la crainte des instances juives françaises d’une conjoncture où le développement du révisionnisme historique deviendrait incontrôlable. D’où le piège tendu du 13 septembre 1987 à Jean-Marie Le Pen, et l’affaire du “détail”.
Mais d’où provenait cette crainte qui tenaillait si fort les dirigeants juifs en France, sinon de l’affaire Faurisson ? Et sans la Vieille Taupe, y aurait-il eu une “affaire Faurisson” ?
Sans la publication du livre de Serge Thion, sans l’avis de Noam Chomsky en tête du Mémoire en défense, sans l’interview d’Ivan Levaï, obtenu par moi, sans le tract Notre Royaume est une prison et l’intervention des Cohn-Bendit, et que sais-je encore… Autrement dit, sans la décision irrévocable que j’ai prise en septembre 1978 de m’engager corps et âme, l’affaire Faurisson n’aurait été qu’une bulle qui crève à la surface des médiats, vite masquée par une campagne d’indignation vertueuse qui aurait suffi à resserrer les boulons du conformisme antifasciste pour vingt ans. Et les dirigeants juifs auraient pu dormir sur leurs deux oreilles, et utiliser Le Pen à leur guise…
Et… tu ne serais pas premier ministre ! tout simplement parce que la France aurait un gouvernement de droite. Ce qui d’ailleurs ne changerait rigoureusement rien au sort du prolétariat.
Si cet argument ne te convainc pas, cet autre t’intriguera peut-être : Si ta police est bien faite et les R.G. efficaces, tu dois savoir que si la Vieille Taupe n’est pour rien, faute d’avoir pu s’en occuper, dans la défaite de Gayssot à Béziers, une réunion discrètement organisée dans les environs de Blois n’a pas été étrangère au déplacement de quelques voix, et à la déconvenue de Jack Lang. La Vieille Taupe n’est pas complètement étrangère non plus à la gamelle de Catherine Trautmann à Strasbourg. Que veux-tu ? Un nombre croissant d’immigrés n’est plus dupe des tartuferies de la gauche.
Autrement dit, l’avenir est devenu aléatoire. Le résultat des élections est aléatoire, le CRIF et le fric ne tiennent plus toutes les cartes. Nous entrons dans une nouvelle ère, l’ère des accidents nécessaires selon la formule de Chaulieu.
Ce pourquoi la Vieille Taupe est allée à Thouars.
Mon pauvre Lionel, les temps sont difficiles, et ça ne fait que commencer.
Pierre Guillaume
P.S. : Pour la réalisation de ton rêve d’enfance, qui à ce titre est aussi respectable que tout autre, il y a encore une solution. Il suffirait que tu t’en tiennes à la profession de foi démocratique que tu m’avais faite au retour de la Soufrière et que tu commences à respecter, progressivement et avec doigté, ta promesse de 1981 : “Il ne sera jamais question en France de censurer un livre d’histoire”. Ce qui supposerait que dans l’immédiat soit désavoué le retrait illégal des diplômes de Jean Plantin par l’université.
Il faudrait ensuite que, progressivement, tu manifestasses, conformément à ta déclaration publique à Normal Sup. le 3 avril 1995 : “Je suis personnellement hostile à la censure”. J’avais bien compris à l’époque que l’insistance à peine perceptible que tu avais mise sur le mot personnellement voulait me signifier que, politiquement, ce n’était pas tout à fait la même chose. Le moment serait venu de faire preuve d’un peu de personnalité.
Enfin il faudrait que, campé sur une opposition politique fermement mise en spectacle, tu dénonçasses le caractère exagéré, et même pathologique pour la démocratie, de la diabolisation de Jean-Marie Le Pen et que tu fasses savoir officiellement que, de ce simple point de vue démocratique, il serait souhaitable qu’il obtînt les cinq cents signatures pour pouvoir se présenter au suffrage universel. A ces conditions, c’est encore jouable.
P. G.
