Cette glorieuse Apocalypse…
C’EST PAR UN MÊME MOUVEMENT DIALECTIQUE QUE L’HISTOIRE EN SES RENVERSEMENTS DÉTERMINISTES PRODUIT À LA FOIS LA VIE ET LA MORT…
ET C’EST POURQUOI L’AUTO-NÉGATION EST LE CONCEPT-CLEF DE CETTE DÉTERMINATION QUI FAIT QU’À UN MOMMENT DONNÉ, ET SEULEMENT LÀ, L’AUTO-PRÉSUPPOSITION DE LA BIOLOGIE DU CAPITAL FINIT PAR S’IMPOSER COMME SA PROPRE ET COMPLÈTE NÉCROLOGIE…
εἶναι γὰρ ἓν τὸ σοφόν, ἐπίστασθαι γνώμην, ὁτέη ἐκυϐέρνησε πάντα διὰ πάντων.
La sagesse du savoir consiste à connaître la détermination dans laquelle le Tout s’autodétermine en sa totalité.
Héraclite, Fragments
Πολλοὶ γάρ εἰσιν κλητοί, ὀλίγοι δὲ ἐκλεκτοί.
Car si le grand nombre est appelé, peu arrivent à s’extraire.
ΚΑΤΑ ΜΑΘΘΑΙΟΝ 22-14
MATTHIEU 22-14
Ὁ οὐρανὸς καὶ ἡ γῆ παρελεύσονται, οἱ δὲ λόγοι μου οὐ μὴ παρέλθωσιν.
Le ciel et la terre poursuivront leur mutation, mais le logos que j’exprime demeurera invariant.
ΚΑΤΑ ΜΑΘΘΑΙΟΝ 24-35
MATTHIEU 24-35
Car ce qui est mort, ne se mouvant pas de soi-même, ne parvient pas à la différenciation de l’essence ni à l’opposition ou l’inégalité essentielle, et ainsi ne parvient donc pas non plus au passage de l’opposé dans l’opposé, au mouvement qualitatif et immanent, à l’auto-mouvement.
Hegel, Phénoménologie de l’Esprit
Chacune des parties de la philosophie constitue une Totalité philosophique, un cercle se refermant en lui-même, mais l’idée philosophique y est dans une détermination ou un élément particulier. La circularité singulière, parce qu’elle est en soi totalité, éclate aussi la limitation de son élément et édifie une sphère ultérieure ; le Tout se présente par conséquent comme un cercle de cercles, dont chacun est un moment nécessaire, de telle sorte que le système de leurs éléments propres constitue l’idée tout entière, qui se montre aussi bien en chaque élément singulier.
Hegel, Encyclopédie des sciences philosophiques
Toute cette merde doit se diviser en 6 livres :
1. Le Capital
2. La Propriété foncière
3. Le Travail salarié
4. L’État
5. Le Commerce international
6. Le Marché mondial
1. Le Capital se subdivise en 4 sections :
a) Le Capital en général…
b) La Concurrence ou action réciproque des multiples capitaux…
c) Le Crédit…
d) Le Capital par actions, comme forme la plus achevée avec simultanément toutes ses contradictions (conduisant au communisme)…
… l’établissement généralisé du travail salarié comme fondement de toute cette merde.
Marx, Lettre à Engels, le 2 avril 1858
Le mode de production capitaliste lui-même n’est pas immuable et éternel si on le considère dans la gigantesque perspective du devenir historique ; il est aussi une simple phase transitoire, un moment dans la colossale échelle de l’évolution humaine, comme toutes les formes de société qui l’ont précédé. Examinée de plus près, l’évolution du capitalisme le mène à son propre déclin, elle le mène au-delà du capitalisme. Nous avons jusqu’ici recherché ce qui rend possible le capitalisme, il est temps maintenant de voir ce qui le rend impossible. Il suffit pour cela de suivre les lois internes de la domination du Capital dans leurs effets à venir.
Rosa Luxemburg, Introduction à l’économie politique
Nous avons souvent combattu l’interprétation minimaliste de l’objet de l’œuvre de Marx. Ses prétendus disciples qui ont rejeté tout ce qui a trait à la vigueur révolutionnaire, que l’on retrouve non seulement à chaque page mais encore à chaque phrase, ont prétendu que l’unique objet de l’œuvre de Marx était de faire une théorie scientifique, objective et froide de l’économie capitaliste moderne dont elle présenterait et expliquerait le mécanisme, constatant et observant son jeu en une description d’une froide et sereine indifférence. Quelques-uns concèdent tout au plus qu’après avoir fait son devoir de savant en étudiant le capitalisme dans le grand ouvrage qu’est Le Capital, un Marx différent – paré, selon leurs images banales, d’autres habits et animé d’un nouvel esprit – se serait laissé aller à écrire sur l’histoire et la politique de parti, à faire l’agitateur et, pourquoi pas, le démagogue. Le but de notre étude sur Marx, c’est-à-dire sur le programme de la révolution communiste internationale, est d’établir qu’aucune séparation n’existe entre les thèses économiques, historiques, philosophiques ou politiques, entre tel ou tel écrit, étude, analyse, programme ou proclamation et que si, dans les pages du Capital, on trouve assez de science pour glacer les veines des petits roquets académiques, on y trouve également à chaque ligne et à chaque étape tout le programme enflammé de la révolution anticapitaliste. Notre science n’est pas la réponse à cette question imbécile : Qu’est-ce que le Capital ? mais la démonstration que le Capital mourra et que sa mort sera violente ; plus encore, comme nous le verrons tout à l’heure dans une page vibrante, qu’à la lumière de la science, le capitalisme aujourd’hui déjà – l’aujourd’hui de Karl Marx comme le nôtre – est mort et n’existe pas. Tout autre que la biologie du Capital, notre science en est la nécrologie.
La transition difficile du Livre I du Capital au second, puis au troisième peut se comprendre si on saisit que, non seulement dans chaque Livre et à chaque chapitre mais pour ainsi dire à chaque page, on se trouve devant trois moments de notre conception qui naît et vit comme analyse, illumination, bataille fulgurante et glorieuse apocalypse.
Dans le premier moment, en effet, on fait la théorie du capital individuel qu’il est préférable de définir comme capital d’entreprise. Les lois recherchées et trouvées dans ce domaine, développées principalement dans le Livre Premier, se rapportent au cercle clos de l’entreprise ainsi qu’aux rapports et calculs relatifs au transfert de valeur entre le personnage symbolique du capitaliste, vite devenu inutile, et la masse sans cesse croissante de ses ouvriers.
Dans le deuxième moment, on cesse d’écrire, dans notre langage déjà radicalement opposé à celui des comptables bourgeois, le bilan de l’entreprise industrielle, et on passe à l’étude des lois de l’ensemble de la société capitaliste considérée comme un tout. Les relations s’établiront alors entre classes sociales et leur forme sera neuve et originale.
Le troisième moment est le moment vital ; pour qui sait voir et comprendre, il brillera d’une intensité éblouissante. Ce n’est plus la théorie de l’entreprise industrielle ni celle de la société bourgeoise historique ; c’est la théorie de la société communiste future prévue avec certitude. Ici, la science scolastique et académique, palinodie froide et morte, dépassée et foulée aux pieds dès le premier moment, est abandonnée. Nous sommes dans le domaine du programme, dans le camp du parti révolutionnaire, dans le feu de cette critique qu’il ne suffit plus de faire dans un livre, mais par les armes. Tous les malheureux qui n’ont pas vu cette éclatante lumière n’ont même pas su transmettre la vision historique de la société bourgeoise donnée par Marx, ni refaire les simples calculs de l’économie d’entreprise employant des salariés, galère qui est au fondement de cette société infâme. Ils ont erré parmi les falsifications misérables et difformes et les illusions de panacées sociales vides de sens qui barraient la voie pour laquelle se battent les marxistes révolutionnaires, la société future dans son opposition tranchée aux iniquités du capitalisme moderne, épreuve ultime et la plus infâme dans l’histoire tourmentée de l’espèce humaine.
… Ce qui intéresse Marx ici, c’est la possibilité de crises sociales, dans la mesure où leur déroulement lui permet de tracer la perspective au terme de laquelle advient la mort de la forme capitaliste. Les lois économiques propres à un capitalisme-type qui se reproduirait en un cycle continu peuvent intéresser la recherche théorique ; mais l’important, c’est la loi d’évolution historique des formes de production…
Amadeo Bordiga, Révolutions historiques de l’espèce qui vit, travaille et connaît, Réunion de Florence
Nous vivons aujourd’hui l’époque de la domination totalement réalisée du capitalisme intégral dans les illusions établies de l’homme complètement réifié. Le système généralisé du fétichisme marchand est ainsi en train de mourir puisque parvenu au maximum possible de son extension paranoïde, il ne peut plus dorénavant qu’étendre partout la crise terminale et cataclysmique de son auto-impossibilisation advenue.
Commentaires sur l’extrême radicalité des temps derniers…
Critique de la dictature démocratique du spectacle de la marchandise terminale...
C/V ayant commencé à intensivement produire son auto-négation, la démocratie de l’algorithme obligatoire des automatismes totalitaires de la valeur d’échange est en train d’arrêter là de pouvoir automatiser l’échange des valeurs de l’algorithme démocratique… L’œuvre du groupe Marx-Engels est enfin parachevée par l’histoire des luttes de classe elle-même qui est en train de venir à bout de ses contradictions dans la fin du monde de la loi de la valeur. La valeur d’échange réalisée est la démocratie terminée et la réalisation de la démocratie est la terminaison de la valeur d’échange qui s’est formellement posée en 2018 et qui s’imposera réellement lorsque l’équivalence centrale fétichiste du travail abstrait des échanges deviendra, peu à peu, le centre impossible de la production de tous les travaux concrets.
VOYAGE AU BOUT DE LA FIN DU CAPITAL

