Ineptie des maires et des députés de Paris.

Paris est donc maintenant tout entier à la Révolution.
Mais on a laissé passer le moment d’occuper Versailles.
L’Assemblée et le gouvernement s’y sont réunis et peuvent y organiser une plus sérieuse résistance que celle des Tirard et consorts.
C’est un grand malheur. Irréparable peut-être.
Que la responsabilité en retombe entière sur les maires de Paris et sur les députés de la Seine qui, par leur misérable conduite durant une semaine, ont fait perdre un temps précieux aux forces révolutionnaires groupées à l’Hôtel de Ville.

Jusqu’au dernier moment, les maires et députés se seront montrés à la fois grotesques et odieux.
Par suite d’un accord intervenu entre eux et le Comité central, les élections communales sont fixées à demain. Une proclamation a été aussitôt placardée dans Paris par les soins de l’Hôtel de Ville, et dans laquelle on lit que les maires et les députés se sont ralliés au Comité central.
Aussitôt ceux-ci éprouvent le besoin de répondre par une autre proclamation. Ils ne se sont point ralliés, mais convaincus que etc., etc.
Comme la célèbre comtesse d’Escarbagnac des Plaideurs1, ils ne veulent être ni liés ni ralliés !
Ô chinoiseries de légistes !
C’est sur de semblables arguties que ces grands citoyens jouent la guerre civile, au risque de tuer la République dont ils se prétendent les défenseurs !
Quels sinistres jocrisses !

Gustave LefrançaisSouvenirs d’un révolutionnaire, De juin 1848 à la Commune

1* Les Plaideurs : comédie en vers de Racine (1668).
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