Guerre de classe présente :

GAZETTE RADICALE DE LA CRISE TERMINALE DU CAPITAL – AOÛT 2025

L’appropriation privative nous a rendus si sots et si bornés

CONTRE LA PORNOGRAPHIE DU CAPITAL ET CONTRE TOUTES LES MISÉRABLES ENCLOSURES SOLITAIRES OU CONJUGALES DE LA SCHIZOPHRÉNIE SPECTACLISTE ; RESTAURER LE BEL ÉROTISME RADICAL…

À BAS LA CHOSIFICATION DÉMOCRATIQUE DU FÉTICHISME MARCHAND… ET QUE VIVE LA VOLUPTÉ RÉVOLUTIONNAIRE DE L’ÊTRE GÉNÉRIQUE EN L’HISTOIRE UNIVERSELLE !

Intervenants : Francis Cousin et Michel


Par Joie, j’entendrai donc une passion par laquelle l’Esprit marche vers une perfection plus vaste.

 

L’amour n’est là rien d’autre qu’une joie qui se voit emmenée par la détermination d’une motivation du dehors de soi…

 

Spinoza, L’Éthique

La véritable unification, l’amour authentique n’a lieu que parmi des vivants de puissance équivalente, qui sont donc intégralement des vivants l’un pour l’autre, et d’aucune manière des morts l’un à l’égard de l’autre.

 

Hegel, Die Liebe 

Dans le rapport à l’égard de la femme, proie et servante de la volupté collective, s’exprime l’infinie dégradation dans laquelle l’homme existe pour soi-même, car le secret de ce rapport trouve son expression non-équivoque, décisive, manifeste, dévoilée dans le rapport de l’hom­me à la femme et dans la manière dont est saisi le rapport générique naturel et immédiat. Le rapport immédiat, naturel, nécessaire de l’homme à l’homme est le rapport de l’homme à la femme. Dans ce rapport générique naturel, le rapport de l’homme à la nature est immédiate­ment son rapport à l’homme, de même que le rapport à l’homme est directement son rapport à la nature, sa propre détermination naturelle. Dans ce rapport apparaît donc de façon sensible, réduite à un fait concret la mesure dans laquelle, pour l’homme, l’essence humaine est devenue la nature, ou celle dans laquelle la nature est devenue l’essence humaine de l’homme. En partant de ce rapport, on peut donc juger tout le niveau de culture de l’homme. Du carac­tère de ce rapport résulte la mesure dans laquelle l’homme est devenu pour lui-même être générique, homme, et s’est saisi comme tel ; le rapport de l’homme à la femme est le rapport le plus naturel de l’homme à l’homme. En celui-ci apparaît donc dans quelle mesure le compor­tement naturel de l’homme est devenu humain ou dans quelle mesure l’essence humaine est devenue pour lui l’essence naturelle, dans quelle mesure sa nature humaine est devenue pour lui la nature. Dans ce rapport apparaît aussi dans quelle mesure le besoin de l’homme est devenu un besoin humain, donc dans quelle mesure l’homme autre en tant qu’homme est devenu pour lui un besoin, dans quelle mesure, dans son existence la plus individuelle, il est en même temps un être social…

 

… Le communisme, abolition positive de l’appropriation privative (elle-même aliénation humaine de soi) et par conséquent appropriation réelle de l’essence humaine par l’homme et pour l’homme ; donc retour total de l’homme pour soi en tant qu’homme social, c’est-à-dire humain, retour conscient et qui s’est opéré en conservant toute la richesse du développement antérieur. Ce communisme en tant que naturalisme achevé = humanisme, en tant qu’huma­nis­me achevé = naturalisme ; il est la vraie solution de l’antagonisme entre l’homme et la nature, entre l’homme et l’homme, la vraie solution de la lutte entre existence et essence, entre objectivation et affirmation de soi, entre liberté et nécessité, entre individu et genre. Il est l’énigme résolue de l’histoire et il se connaît comme cette solution.

 

Marx, Manuscrits de 1844

Dans l’économie capitaliste… cette entière réalisation de l’intériorité humaine apparaît au contraire comme un complet évidage, cette objectivation universelle, comme totale aliénation, et le renversement de toutes les fins déterminées et unilatérales, comme le sacrifice de la fin en soi à une fin tout à fait extérieure. C’est pourquoi, d’une part, le puéril monde antique apparaît comme le plus élevé des deux. Et d’autre part il l’est effectivement dans tous les domaines où l’on cherche une figure, une forme intégrale et une délimitation accomplie. Le monde antique est satisfaisant si l’on s’en tient à un point de vue défini ; tandis que tout ce qui est moderne laisse insatisfait, ou bien, s’il apparaît satisfait de soi, est médiocre.

 

Marx, Grundrisse

Alors… surgit une association où le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous…

 

Manifeste communiste

Idée du bonheur… Lutter

 

Marx, Confession

Ma chère petite Sonitchka,

 

Ô comme je vous comprends lorsque chaque belle mélodie, chaque fleur, chaque journée de printemps, chaque nuit de lune éveille en vous la nostalgie et le désir de ce qu’il y a de plus beau dans ce que le monde a à offrir. Et comme je comprends que vous soyez amoureuse “de l’amour” !

 

Pour moi, l’amour a été (ou est ?…) toujours plus important, plus sacré que l’objet qui l’éveille. Parce qu’il permet de voir le monde comme une histoire étincelante, parce qu’il fait sortir de l’être humain ce qu’il a de plus noble et de plus beau, parce qu’il élève ce qui est le plus commun et le plus humble et le sertit de brillants et parce qu’il permet de vivre dans l’ivresse, dans l’extase…

 

Mais, petite Sonitchka, vous êtes jeune et vous devez vivre encore véritablement. Il n’y a que ces quelques maudites années à passer, mais, après, tout doit changer, d’une manière ou d’une autre. Vous ne devez pas, vous n’avez pas le droit de clore d’ores et déjà la facture, c’est ridicule. Je voudrais encore vous plonger dans toute l’ivresse du bonheur de vivre et je défendrai fermement votre légitimité à cela. 

 

Rosa Luxemburg, Lettre à Sophie Liebknecht, prison de Breslau, le 24 novembre 1917

L’homme réifié par les fantasmes de la marchandise ne peut plus fantasmer que par la réification marchande, et il en arbore ainsi, en permanence, la preuve jusqu’à son intimité sensuelle et érotique la plus intérieure, dissoute par la marchandise dissolvante, mais avec laquelle il est contraint de maintenir une complicité tenue sous le poids des lois de la gravitation schizophrénique propres au spectacle de la mutilation marchande universelle… Les machines de la marchandise se sont faites rêves machiniques et sexes robotiques, intelligence et orgasmes artificiels dans le devenir trans-humaniste des rentabilités prescrites, de la même façon que l’accumulation publicitaire des impostures mûries du monothéisme de l’argent a fait de chaque humain un être essentiellement privé de soi. Comme dans les puantes fumeries d’opium imposées à la vieille Chine délabrée par le Royaume-Uni de la pourriture ubiquiste, le fétichisme de la marchandise parvient à construire des liesses d’excitation fervente toutes aussi glauques que passagères, où les multiples divertissements concevables, de l’abêtissement sportif à l’ineptie artistique, en passant par toutes les trans-humances touristiques, permettent à l’homme d’oublier qu’il a fini par s’oublier lui-même dans la soumission à la soumission

 

… Tout est donc bien dit : rendez-vous dans l’anti-marchandise, là où il convient de toujours cultiver la Terre de l’Ex-ister, à l’absolu opposé de ces cohues où l’homme-machine est programmé à la mort inexorable par la liberté dictatoriale de l’argent et la minable représentation fatale des échanges narcissiques…

 

Ne pas employer au mieux et au plus radical toutes les énergies de plénitude dont on dispose, ne pas même entreprendre d’en commencer à être la naturelle conscience de volupté, ce serait en substance piétiner sa propre vie. Seul celui qui s’appliquera là à donner corps à tout ce qui est possible aura donc fait ce qui convient pour ne rien manquer des ré-jouissances que la nécessité de l’histoire lui permet d’appréhender.

 

Ce sont uniquement les conséquences vivantes de nos propres actes de conscience radicale qui nous a-mèneront au plus loin de l’accomplissement et du dépassement des temps historiques derniers.

 

À chacun d’y faire, sans concessions, les preuves communières de son faire générique émancipatoire

 

Commentaires sur l’extrême radicalité des temps derniers…