Le Capital ne peut plus reproduire la vie normale du spectacle de la marchandise effective puisque la vie normale du spectacle capitaliste ne peut plus justement se reproduire effectivement comme marchandisation…

La démocratie de la valeur n’est pas le contraire du totalitarisme, mais seulement sa forme la plus aboutie dont l’état d’exception coronaviral constitue la phase supérieure. Et la tyrannie policière et médiatique du mensonge étatique sanitaire contemporain n’est là rien d’autre que l’étape ultime de la crise historique du taux de profit…


Le communisme n’est pas pour nous un état de choses qu’il convient d’établir, un idéal auquel la réalité devra se conformer. Nous appelons communisme le mouvement réel qui abolit l’état présent des choses. Les conditions de ce mouvement résul­tent des données préalables telles qu’elles existent actuellement.

Marx-Engels, L’idéologie allemande


Mais la bourgeoisie n’a pas seulement forgé les armes qui lui donne­ront la mort ; elle a en outre produit les hommes qui manieront ces armes – les travailleurs modernes, les pro­létaires.

Le Manifeste Communiste


La classe ou­vrière n’a pas d’utopies toutes faites à introduire par décret du peuple. Elle sait que pour réaliser sa propre émancipation, et avec elle cette forme de vie plus haute à laquelle tend irrésistiblement la société ac­tuelle de par sa propre action éco­nomique, elle aura à passer par de longues luttes, par toute une série de processus historiques, qui transfor­meront complètement les circons­tances et les hommes. Elle n’a pas d’idéal à réaliser mais seulement à délivrer les éléments de la société nouvelle que porte dans ses flancs la vieille société bourgeoise qui s’effondre

Marx, La Guerre civile en France


La vie éternelle que souhaite l’argent en se positionnant contradictoirement envers la circulation (tout en s’en détachant) trouve son aboutir pour le Capital justement parce qu’il se vautre dans la circulation…

L’universalité à laquelle le Capital aspire irrésistiblement se heurte là à des impossibilités qu’il rencontre dans sa nature propre et qui le font reconnaître lui-même à une certaine phase de son développement comme obstacle majeur à cette même tendance à l’universalité, le poussant donc ainsi  à son propre aboli­ssement.

Marx, Grundrisse


Le Capital est assurément la bombe la plus effrayante qui ait jamais été lancée à la tête de la bourgeoisie.

Marx, Lettre à Becker, 17 avril 1867


Le monopole du Capi­tal devient une entrave pour le mode de pro­duction qui a grandi et prospéré avec lui et sous ses auspices. La socialisation du tra­vail et la centralisation de ses ressorts matériels arrivent ainsi à un point où elles ne peuvent plus tenir dans leur enveloppe capitaliste. Cette enveloppe se brise en éclats. L’heure de la propriété capitaliste a sonné. Les expropriateurs sont à leur tour expropriés.

Marx, Le Capital-Livre I


La véritable barrière de la production capitaliste, c’est le Capital lui-même : le Capital et sa mise en valeur par lui-même apparaissent comme point de départ et point final, moteur et fin de la production; la production n’est qu’une production pour le Capital et non l’inverse : les moyens de production ne sont pas de simples moyens de donner forme, en l’élargissant sans cesse, au processus de la vie au bénéfice de la société des producteurs. Les limites qui servent de cadre infranchissable à la conservation et la mise en valeur de la valeur-capital reposent sur l’expropriation et l’appauvrissement de la grande masse des producteurs ; elles entrent donc sans cesse en contradiction avec les méthodes de production que le capital doit employer nécessairement pour sa propre fin, et qui tendent à instaurer un accroissement illimité de la production, un développement inconditionné des forces productives sociales du travail, à faire de la production une fin en soi. Le moyen ‑ développement inconditionné de la productivité sociale ‑ entre perpétuellement en contradiction avec la fin limitée : mise en valeur du capital existant. Si donc le mode de production capitaliste est un moyen historique de développer la force productive matérielle et de créer le marché mondial correspondant, il représente en même temps une contradiction permanente entre cette tâche historique et les rapports de production sociaux qui lui correspondent.

Marx, Le Capital – Livre III


La phraséologie apologétique, utilisée pour nier l’existence de la crise, est impor­tante en ce qu’elle prouve toujours le contraire de ce qu’elle veut prouver. Pour nier l’existence de la crise, elle affirme qu’il y a unité, là où existent opposition et contradiction. Elle est donc importante en ce qu’on peut dire : elle prouve que si, en fait, les contradictions qu’elle nie imaginai­rement n’existaient pas, les crises, elles non plus, n’existeraient pas. Mais, en fait, la crise existe, parce que ces contradictions existent. Chaque raison qu’elle avance contre la crise est une contradiction niée par l’imagination, donc une contradiction réelle, donc une raison de la crise. La volonté de nier par l’imagination les contradictions qui, selon un vœu pieux, ne doivent pas exister.

Marx, Théories sur la Plus-Value


La grande crise, la crise catastrophique du capitalisme est en cours, elle devient de plus en plus considérable avec un rythme qui s’accentue d’année en année, de mois en mois, de jour en jour. Cette crise aux proportions gigantesques, une crise mondiale du capitalisme, a-t-elle simplement le caractère d’une crise de surproduction provisoire, c’est-à-dire d’un phénomène transitoire, comme les crises cycliques d’avant-guerre, ou bien un caractère nouveau, un aspect non transitoire et définitif ?

La classe dominante, les magnats de l’industrie, affirment naturellement que la crise est provisoire, qu’elle passera comme les autres. Mais cette classe est obligée d’admettre des réalités gravissimes : à savoir que l’organisation productive, l’équipement industriel, déjà avant l’aggravation du chômage chronique, ne produisaient pas pleinement, c’est-à-dire que beaucoup de machines ne pouvaient pas fonctionner. Le capitalisme reconnaît qu’il limitait déjà la production parce que les possibilités d’absorption du marché ne permettaient pas une augmentation, un développement excessif de la production. Déjà avant la terrible dépression actuelle, le marché ne correspondait plus aux possibilités de développement de l’appareil productif. En reconnaissant ce fait, l’on reconnaît que la crise n’est plus transitoire, mais permanente, puisque les tendances de développement de l’appareil de reproduction trouvent une barrière infranchissable dans l’étroitesse du marché.

Qu’est-ce que tout cela signifie-t-il ?

Cela signifie que la production est arrivée à la limite de ses possibilités de développement sous la domination capitaliste. La tendance à ce développement existe, mais elle est anéantie par le mode d’organisation de l’appareil productif, par les rapports juridiques de la société bourgeoise et les rapports de propriété. Le capitalisme ne peut pas surmonter cette limite, il ne peut pas donner à la société, à l’histoire, une contribution positive, il se révèle être une barrière au développement de la richesse sociale. La tendance au développement du capital constant est un phénomène caractéristique de l’histoire de l’accumulation capitaliste ; mais, si ce développement de l’appareil de reproduction a été possible, cela ne l’a pas été par une qualité particulière du capitalisme, étant donné qu’il ne se serait pas affirmé historique-ment comme un élément de progrès s’il n’avait pas trouvé ses possibilités de croissance dans l’expropriation progressive de l’accumulation pré-capitaliste. En d’autres termes, le développement productif est de ce fait un produit combiné des tendances au développement du capitalisme et des possibilités de prise en charge de l’accumulation primitive.

Quand ces possibilités disparaissent graduellement, lorsque finalement tous les marchés sont saturés, quand l’exportation des capitaux ne trouve plus de base de profit extra-nationale, le capitalisme, enfermé dans une tunique de Nessus, se manifeste clairement tel qu’il a toujours été, c’est-à-dire comme une forme parasitaire qui empêche le développement productif, qui immobilise à un certain plafond les tendances de l’appareil de reproduction qui cesse de se renouveler et de s’accroître…

L’ouvrier Communiste, janvier 1931, La crise mondiale


La désinfection à laquelle nous consacrons quatre-vingt-dix pour cent de notre pauvre travail ne s’achèvera que dans un avenir lointain et se poursuivra bien après nous : elle consiste à combattre l’épidémie qui sévit en tout lieu et en tout temps, partout et toujours dangereuse, celle des réviseurs, modernisateurs, futurologues et autres innovateurs.

Il est inutile et nuisible de spécifier ou personnaliser, de chercher plus ou moins loin le lanceur de bombes bactériologiques ; il s’agit bien plutôt d’isoler le virus et de lui appliquer l’antibiotique que nous nous entêtons à reconnaître dans la continuité de la ligne, la fidélité aux principes, la préférence accordée neuf cent quatre-vingt-dix-neuf fois sur mille au rabâchage catéchistique plutôt qu’à l’aventure de la découverte scientifique nouvelle qui exige des ailes d’aigle et à laquelle n’importe quel moustique se sent appelé par le destin.

Qu’ils s’inquiètent pourtant les frémissants volatiles ! Froidement terre à terre, nous les ramènerons à la modeste hauteur à laquelle il nous est donné de nous élever, nous à qui tout héroïsme et tout romanesque sont interdits, qui nous en tenons à l’ironie plutôt qu’au lyrisme et qui nous voyons parfois tenus de rappeler à l’ordre les gens trop fougueux : ne jouez pas les Phaéton !

Tandis que trop de gens ont l’hystérie du calcul sublime, nous les testons au niveau du boulier et vérifions s’ils savent compter sur les doigts.

Bordiga, Le marxisme des bafouilleurs

Comments (8)
  1. Le capitalisme, le monde enchanté de la réalité concrète, son obscurité, ses allégories, sa mystification et le prolètaire, chair à patron, chair à canon, chair à thérapie génique, tout cela cest du pareil au même., pour cette derniere c’est du capitalisme en phase sénile.
    Les sujets du capital ne maîtrisent rien, aliénes dépossédés d’eux même s’inventent d’autres maître, d’autres fétiches (corona circus) car sujets du séparé, sujet de l’obscurité, pour ne pas dire, sujets de la nuit, de leurs existences
    Séparé de leurs vie générique avant tout obligatoirement sociale.
    Le travail acitivité concrète, est la négation de son essence humaine.
    Désormais le capitalisme ne se reproduit plus que dans l’état quasi moribon, la démocratie n’est qu’un leurre parmis d’autres, ce qui soutient cette totalité est l’avidité, besoin, finalité de plus-value, mais le taux de plus en plus bas. BTDTP, bous sommes en route vers l’extorsion à la trique, liberté liberté liberté, dans la servitude.

    • Capitalisme en phase sénile puisque en crise perpétuelle, il prend la forme d’une sorte de longue décomposition.
      Pour les économistes pour reprendre F Cousin (économistes surfaciers) le capital est un rapport entre objets, en réalité c’est un rapport entre les hommes qui produisent, expropriés par le capital.
      Cette expropriation, ne peut pas être changée, tructure du capitalisme, comme système, fondatrice (pour aller vite). Dans sa crise le capitalisme, essaie de trouver un relatif équilibre, entre les choses, production, offre, demande, nouvelles technologies, crédit et surtout la réalisation de sa plus-value.
      En essayant de régler cette distordion entre les choses, le capital accentue les contradictions sociales, puisque l’extorsion, devient plus sèvère, c’est tout le système social qui en est ébranlé, extorsion plus dictatoriale (consomation forcée), chômage
      La spécificité de cette crise en phase sénile, c’est que le capital n’est plus en mesure de surmonter et régler les déséquilibres entre objets, destruction et création de capital, ne produisent plus suffisamment de plus-value.

      .

      • C’est ce déséquilibre, entre l’extorsion, la baisse continuelle du TDP, qui déstabilise les rapports sociaux, qui cré l’allucination de la pandémie, qui met une partie des sujets du capital dans la rue, qui pousse l’Etat, super structure au service du capital à relancer le cycle d’accumulation, par la consomation forcée, par injection massive de crédits vers de nouveaux mode de productions écolo/capitaliste, électronico productif de masse, avec toujours plus de sous cosomation, avec toujours moins d’écoulement de marchandise, avec toujours moins de travail vivant et donc avec toujours moins d’accumulation de valeur.
        Pour le moment ça se soulève à tors ou à raison, contre le pass sanitaire, mais ensuite, c’est la base même du système d’extorsion qui sera en cause.
        Salutations.

  2. Passage de l’idéologie allemande :

    « Plus la forme normale des relations sociales et, avec elle, les conditions d’existence de la classe dominante accusent leur, contradiction avec les forces productives avancées, plus s’accusent le fossé au sein de la classe dominante elle-même et celui qui la sépare de la classe dominée, plus naturellement, dans ce cas, la conscience qui correspondait originellement à cette forme de relations sociales devient inauthentique ; autrement dit, elle cesse d’être la conscience qui lui correspond, et les représentations antérieures, traditionnelles de ce système de relations, celles mêmes où les intérêts personnels réels, etc., étaient présentés comme intérêt général, se dégradent de plus en plus en simples formules idéalisantes, en illusion consciente, en hypocrisie délibérée. Or, plus elles sont démenties par la vie et moins elles ont de valeur pour la conscience elle-même, plus elles sont délibérément valorisées, et le langage de cette société normale se fait de jour en jour plus hypocrite, plus moral et plus sacré . »

    « La vie matérielle des individus, ne dépend nullement de leur seule volonté , leur mode de production et leurs formes d’échanges, qui se conditionnent réciproquement, sont la base réelle de l’état et le restent à tous les stades où sont encore nécessaires la division du travail et la propriété privée, tout à fait indépendamment de la volonté des individus. Ces conditions réelles ne sont pas du tout créées par le pouvoir d’état ce sont au contraire elles qui créent ce pouvoir. Les individus qui exercent le pouvoir dans ces conditions ne peuvent donc, abstraction faite de ce que leur pouvoir doit se constituer en État, que donner à leur volonté déterminée par ces conditions précises, l’expression générale d’une volonté d’Etat, d’une loi, – et le contenu de cette expression est toujours donné par les conditions d’existence de leur classe. Il ne dépend pas de leur volonté idéaliste, de leur bon plaisir, que leur corps ait ou n’ait pas de poids ; il ne dépend pas davantage d’eux d’imposer leur propre volonté sous forme de loi ou de ne pas le faire, et de l’affirmer, en même temps, indépendante du bon plaisir personnel de chacun d’entre eux pris individuellement. Leur domination personnelle ne peut que se constituer en même temps comme domination moyenne. Leur domination personnelle repose sur des conditions d’existence qui sont communes à un grand nombre d’entre eux et dont ils ont, eux, les gens au pouvoir, à assurer la persistance contre d’autres modes de vie et qu’ils doivent affirmer valables pour la généralité. L’expression de cette volonté déterminée par leurs intérêts communs est la loi. C’est le triomphe des individus indépendants les uns des autres et de leur volonté personnelle, triomphe qui, sur cette base, ne peut qu’être égoïste quant à leur comportement social, qui rend nécessaire la négation de soi dans la loi et le droit. L’abnégation est en réalité l’exception, l’affirmation de l’intérêt personnel la règle générale (c’est pourquoi le politique n’y voient pas une négation de soi, seul ). La même chose vaut pour les classes dominées : il ne dépend pas davantage de leur volonté qu’existent loi et état. Tant que, par exemple, les forces productives n’ont pas atteint ce point de développement qui rendrait superflue la concurrence, elles ne feraient donc que faire renaitre la concurrence , ce serait, pour les classes dominées, vouloir l’impossible que d’avoir la volonté » d’abolir la concurrence, et avec elle l’état et la loi. Au reste, cette « volonté » n’existe, avant que le développement des conditions sociales ne puisse la produire réellement, que dans l’imagination des idéologues. Une fois les conditions susceptibles de la produire suffisamment développées, l’idéologue peut alors se représenter cette volonté comme purement arbitraire et donc concevable en tous temps et en toutes circonstances. ”

    ” Pas plus que le droit, le crime, c’est-à-dire la lutte de l’individu isolé contre l’état de choses en vigueur, ne résulte du simple bon plaisir. Il est au contraire soumis aux mêmes conditions que la domination existante. Pour voir dans le crime la simple violation du droit et de la loi, il faut l’imagination fantasque qui fait voir dans le droit et la loi la domination d’une volonté générale autonome. Or, ce n’est pas l’état qui existe de par une volonté souveraine, c’est l’état issu du mode d’existence matérielle des individus qui prend aussi la forme d’une volonté souveraine. Si celle-ci vient à perdre son pouvoir, ce n’est pas seulement la volonté qui change, c’est l’existence matérielle, la vie des individus qui a changé, et leur volonté n’a changé qu’à cause de ce changement. ”

    ” Les philosophes, du fait qu’ils séparent les pensées des individus des conditions empiriques qui leur servent de base se représente l’histoire du développement humain comme une histoire de la pensée pure. Ainsi peut-on tout aussi bien couper le droit de sa base réelle et en tirer une volonté souveraine qui se modifie selon les époques et possède dans ses créations, l’ensemble des lois, sa propre histoire autonome. De la sorte, l’histoire civile et politique se résout idéologiquement en une histoire de la domination des lois successives. C’est là l’illusion spécifique des juristes et des politiciens . »

    “Les rapports de production antérieurs des individus entre eux s’expriment nécessairement aussi sous forme de rapports politiques et juridiques . Dans le cadre de la division du travail, ces rapports ne peuvent que devenir autonomes vis-à-vis des individus. Dans le langage, tout rapport ne peut s’exprimer que sous forme de concept_ Si ces concepts généraux prennent valeur de puissances mystérieuses, c’est la conséquence nécessaire du fait que les rapports réels, dont ils sont l’expression, sont devenus autonomes. Outre la valeur qu’ils prennent dans la conscience commune, ces concepts généraux sont affectés d’une valeur spéciale et développés par les politiciens et les juristes qui, chargés par la division du travail du culte de ces concepts, voient en eux, et non dans les rapports de production, le fondement véritable de tous les rapports de propriété réels.”

    ” Les hommes ont chaque fois atteint le degré d’émancipation que leur prescrivaient et permettaient, non pas leur idéal de l’homme, mais les forces productives existantes. Toutefois, toutes les émancipations ont eu lieu jusqu’ici sur la base de forces productives limitées, dont la production, incapable de satisfaire la société tout entière, ne permettait le progrès que si les uns satisfaisaient leurs besoins aux dépens des autres, ce qui donnait aux uns – la minorité – le monopole du progrès, tandis que les autres – la majorité – en raison de leur lutte continuelle pour la satisfaction des besoins les plus élémentaires étaient, en attendant (c’est-à-dire jusqu’à la création de nouvelles forces productives de caractère révolutionnaire), exclus de tout progrès. Ainsi la société a toujours évolué dans le cadre d’un antagonisme, celui des hommes libres et des esclaves dans l’antiquité, des nobles et des serfs au moyen âge, de la bourgeoisie et du prolétariat dans les temps modernes. C’est ce qui explique d’une part la manière anormale, « inhumaine », dont la classe dominée satisfait ses besoins et d’autre part les limites qui sont fixées au développement des relations et partant à celui de toute la classe dominante ; si bien que le progrès n’est pas limité seulement du fait qu’une classe en est exclue, mais aussi du fait que la classe qui exclut est enfermée, elle aussi, dans un cadre étriqué, et que 1 « inhumain » se rencontre également dans la classe dominante. Ce que l’on qualifie ainsi d’« inhumain » est un produit des conditions actuelles aussi bien que 1’« humain »; c’en est le côté négatif, c’est, en l’absence d’une force productive nouvelle, révolutionnaire, la rébellion contre l’ordre régnant, ordre qui est fondé sur les forces productives existantes, et contre la façon de satisfaire les besoins correspondant à cette situation. L’expression positive : « humain » correspond à un système déterminé, dominant en fonction d’un certain niveau de production, et à la façon de satisfaire les besoins que ce système implique, de même que l’expression négative : « inhumain » correspond à la tentative quotidiennement renouvelée, et suscitée par ce même niveau de production, de nier cette situation dominante et de nier aussi la façon dominante de satisfaire les besoins dans le cadre du mode de production existant.”

    ” Les individus sont toujours et en toutes circonstances « partis d’eux-mêmes , mais ils n’étaient pas uniques au sens qu’ils ne pouvaient se passer d’avoir des relations entre eux ; au contraire, leurs besoins, leur nature par conséquent, et la manière de les satisfaire les rendaient dépendants les uns des autres (rapport des sexes, échanges, division du travail) : aussi était-il inévitable que des rapports s’établissent entre eux. En outre, ils entraient en rapport, non comme de purs Moi, mais comme individus arrivés à un stade déterminé du développement de leurs forces productives et de leurs besoins, et ce commerce déterminait à son tour la production et les besoins ; aussi était-ce précisément le comportement personnel des individus, dans leur comportement réciproque en tant qu’individus, qui créa les rapports stables existants et continue tous les jours de les créer. Ils entraient en relations les uns avec les autres, étant ce qu’ils étaient, ils partaient « d’eux-mêmes », comme ils étaient, indépendamment de leur « conception de vie ». Cette « conception de vie » et même la conception aberrante qui est celle des philosophes ne pouvaient évidemment être déterminées que par leur vie réelle, dans tous les cas. Il s’avère, il est vrai, que le développement d’un individu est conditionné par le développement de tous les autres, avec qui il se trouve en relations directes ou indirectes ; de même, les différentes générations d’individus, entre lesquelles des rapports se sont établis, ont ceci de commun que les générations postérieure sont conditionnées dans leur existence physique par celles qui les ont précédées, reçoivent d’elles les forces productives que celles-ci ont accumulées et leurs formes d’échanges, ce qui conditionne la structure des rapports qui s’établissent entre les générations actuelles. Bref, il apparait que c’est une évolution qui a lieu ; l’histoire d’un individu pris à part ne peut en aucun cas être isolée de l’histoire des individus qui l’ont précédé ou sont ses contemporains : son histoire est au contraire déterminée par la leur. Ce renversement du comportement individuel en son contraire, un comportement purement objectif, la distinction que les individus font eux-mêmes entre individualité et contingence, tout ceci est, comme nous l’avons démontré, un processus historique qui prend des formes différentes aux différents stades de l’évolution, des formes toujours plus accusées et plus universelles. A l’époque actuelle, la domination des individus par les conditions objectives, l’écrasement de l’individualité par la contingence, ont pris des formes extrêmement accusées et tout à fait universelles, ce qui a placé les individus existants devant une tâche bien précise : remplacer la domination des conditions données et de la contingence sur les individus par la domination des individus sur la contingence et les conditions existantes.
    Les philosophes n’auraient qu’à transposer leur langage dans le langage ordinaire dont il est abstrait pour reconnaitre qu’il n’est que le langage déformé du monde réel et se rendre compte que ni les idées ni le langage ne forment en soi un domaine à part, qu’ils ne sont que les expressions de la vie réelle .”

    « La vie matérielle des individus, ne dépend nullement de leur seule volonté , leur mode de production et leurs formes d’échanges, qui se conditionnent réciproquement, sont la base réelle de l’état et le restent à tous les stades où sont encore nécessaires la division du travail et la propriété privée, tout à fait indépendamment de la volonté des individus. Ces conditions réelles ne sont pas du tout créées par le pouvoir d’état ce sont au contraire elles qui créent ce pouvoir. Les individus qui exercent le pouvoir dans ces conditions ne peuvent donc, abstraction faite de ce que leur pouvoir doit se constituer en État, que donner à leur volonté déterminée par ces conditions précises, l’expression générale d’une volonté d’Etat, d’une loi, – et le contenu de cette expression est toujours donné par les conditions d’existence de leur classe. Il ne dépend pas de leur volonté idéaliste, de leur bon plaisir, que leur corps ait ou n’ait pas de poids ; il ne dépend pas davantage d’eux d’imposer leur propre volonté sous forme de loi ou de ne pas le faire, et de l’affirmer, en même temps, indépendante du bon plaisir personnel de chacun d’entre eux pris individuellement. Leur domination personnelle ne peut que se constituer en même temps comme domination moyenne. Leur domination personnelle repose sur des conditions d’existence qui sont communes à un grand nombre d’entre eux et dont ils ont, eux, les gens au pouvoir, à assurer la persistance contre d’autres modes de vie et qu’ils doivent affirmer valables pour la généralité. L’expression de cette volonté déterminée par leurs intérêts communs est la loi. C’est le triomphe des individus indépendants les uns des autres et de leur volonté personnelle, triomphe qui, sur cette base, ne peut qu’être égoïste quant à leur comportement social, qui rend nécessaire la négation de soi dans la loi et le droit. L’abnégation est en réalité l’exception, l’affirmation de l’intérêt personnel la règle générale (c’est pourquoi le politique n’y voient pas une négation de soi, seul ). La même chose vaut pour les classes dominées : il ne dépend pas davantage de leur volonté qu’existent loi et état. Tant que, par exemple, les forces productives n’ont pas atteint ce point de développement qui rendrait superflue la concurrence, elles ne feraient donc que faire renaitre la concurrence , ce serait, pour les classes dominées, vouloir l’impossible que d’avoir la volonté » d’abolir la concurrence, et avec elle l’état et la loi. Au reste, cette « volonté » n’existe, avant que le développement des conditions sociales ne puisse la produire réellement, que dans l’imagination des idéologues. Une fois les conditions susceptibles de la produire suffisamment développées, l’idéologue peut alors se représenter cette volonté comme purement arbitraire et donc concevable en tous temps et en toutes circonstances. “

  3. Quelques remarques amicales, sur les anciens de la nomenclature, falsificatrice.

    Lénine a sous les yeux la formation du capital mondial, le moment où le capital escalade la domination formelle vers la domination réelle et réelle supérieure.
    Les conclusions sont entachées de leurs faiblesses.
    Nous dirons que la conclusion est la conclusion de Lénine, sa conclusion.
    La formation d’un État dirigé par ceux qui connaissent “ceux qui savent” la nomanclature, le socialisme soviétique léniniste.
    Dans la pratique, les révolutions socialistes ont prouvé que le prolétariat et sa main-d’œuvre étaient toujours la base économique de l’État (en route vers un avenir radieux), soluble dans l’alcool et de plus en plus lointain.
    En effet, le socialisme soviétique s’est effondré sous le poids de sa propre contradiction.
    L’excuse que l’on pourrait donner, malgré le fait que cette révolution ratée a fait beaucoup de mal aux PC occidentaux, c’est que le pouvoir et la capacité, le développement du capitalisme, ont en même temps anéanti tout espoir et toute construction du socialisme dans un pays. .
    Le clou de cette fenêtre historique a été enfoncé dans le cercueil.
    Avec la crise actuelle du capitalisme, qui est en crise permanente (avec des degrés d’intensité variables), la possibilité de parvenir enfin au communisme s’est ouverte.
    Mais pour le moment les réformistes regardent du doigt – pour eux il y a un absent, un grand absent, (celui qu’il faut secouer avant d’être utilisé) LE PROLETARIAT, le sujet révolutionnaire mythique,
    Ils recherchent camarades, il y a et il y a plus que jamais, mais nous espérons toujours le prolétariat.
    Avouons-le clairement, tant que le prolétariat cherche l’amélioration de sa condition matérielle (ce qui est parfaitement compréhensible) il n’est qu’un simple agent du capital (on ne peut pas lui en vouloir).
    Mais aujourd’hui, il se heurte au caractère antagoniste de son rapport social au capital, et ledit capital se manifeste régulièrement par la dégradation plutôt que par l’amélioration espérées et l’augmentation des expropriations.
    La réponse du capital aux besoins requis par le prolétariat est d’augmenter l’extorsion de plus-value avec plus de brutalité, le prolétariat prenant conscience par l’expérience et la réflexion qu’il n’est pas seulement en concurrence avec le capital pour le partage des salaires/profits, mais dans un antagonisme irréductible, qui s’y oppose au point que le capital en crise permanente tend à ne pas pouvoir le maintenir dans son état de salarié.
    Les luttes s’élèveront au niveau d’une lutte de classe révolutionnaire contre l’État, cet organisateur armé de l’existence et de la reproduction du capital, de plus en plus despotique et violent à l’époque de sa putréfaction.

    • La révolution bolchévique n’est pas une révolution prolétarienne ratée mais fait partie de la longue lignée des révolutions capitalistes et donc anti-communistes qui réussiront tant que les conditions objectives ne permettront pas au prolétariat de s’auto-abolir en même temps que toute cette pourriture dont les “PC occidentaux” ne sont d’ailleurs que les enfants gâtés…

      Le capitalisme d’État soviétique est arrivé en Russie en répondant aux nécessités historiques d’abolition du tsarisme. La révolution russe, tout comme la révolution française de 1789, n’ont jamais eu pour but de nous accompagner vers du “mieux”. Ces révolutions répondent à la marche de l’histoire qui nécessite l’abolition de formes antérieures en imposant une domination capitaliste supérieure – sous des formes visibles ou des formes voilées. C’est pourquoi “on ne peut reprocher au bolchévisme russe d’avoir abandonné le marxisme, pour cette bonne raison qu’il n’a jamais été marxiste. Chaque page de l’ouvrage philosophique de Lénine est là pour le prouver… On ne peut pas parler de victoire du marxisme là où il s’agit seulement d’une prétendue réfutation de l’idéalisme bourgeois par les idées du matérialisme bourgeois.”
      La révolution Russe – Lénine Philosophe, Anton Pannekoek

      “L’antibolchevisme suppose l’anticapitalisme, puisque le capitalisme d’État bolchevik n’est qu’un type de capitalisme… Dans de nombreux articles publiés dans des journaux communistes antibolcheviks, et jusqu’à la fin de sa vie, Pannekoek s’efforça d’élucider la nature du bolchévisme et de la révolution russe. De même que dans sa critique antérieure de la social-démocratie, il n’accusa pas les bolchéviks d’avoir “trahi” les principes de la classe ouvrière. Il montra que la révolution russe, tout en étant une étape importante dans le développement du mouvement ouvrier, tendait uniquement vers un système de production qui pouvait être appelé indifféremment socialisme d’Etat ou capitalisme d’État. La révolution ne trahit pas ses propres buts, pas plus que les syndicats ne “trahissent” le syndicalisme. De même qu’il ne peut pas y avoir d’autre type de syndicalisme que le type existant, de même on ne doit pas s’attendre que le capitalisme d’État soit autre chose que lui-même.”
      Introduction de Paul Mattick sur Anton Pannekoek et son “Lénine Philosophe” – Editions Spartacus

  4. Le capital dans sa crise perpétuelle, n’est plus en mesure de faire des concessions et du même coup, liquide la gauche réformiste (amélirantiste) la gauche en général , qui n’a plus rien à proposer au prolétariat, sinon que d’être à fond de gauche, ce qui veut dire pour le prolétariat l’assurance d’étre écrasé à fond.

  5. Marcello et Raoul travaillez le silence et le concept, parlez peu mais en vérité et faites tentative de ne pas être ennuyeux.
    Cordialement.

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