Les petites conditions font les mesquines conceptions, et il faut beaucoup d’intelligence et d’énergie à celui qui vit en Allemagne pour être capable de voir au-delà du cercle tout à fait immédiat et ne pas perdre de vue l’enchaînement général des événements historiques. Rien n’est plus aisé que d’y tomber dans “l’objectivité” de ceux qui sont satisfaits et ne voient pas plus loin que le bout de leur nez, autrement dit le subjectivisme le plus borné qui soit, même s’il est partagé par des milliers d’individus semblables.

Engels, Lettre à Bernstein du 25 janvier 1882

Réduite à une simple abstraction d’activité, l’activité de l’ouvrier est déterminée et réglée de tous côtés par le mouvement de la machinerie et non l’inverse…
Dans la production mécanisée, l’appropriation du travail vivant par le travail objectivé, – appropriation qui tient au concept même de capital, est posée comme caractère du procès de production lui-même, y compris sous le rapport de ses éléments matériels et de son mouvement matériel. Le procès de production a cessé d’être procès de travail au sens où le travail considéré comme l’unité qui le domine serait le moment qui détermine le reste. Le travail n’apparaît au contraire que comme organe conscient, placé en de nombreux points du système machinique, dans des ouvriers vivants pris un à un ; dispersé, subsumé sous le procès global de la machinerie elle-même, n’étant lui-même qu’une pièce du système, système dont l’unité existe, non dans les ouvriers vivants, mais dans l’activité de la machinerie vivante qui apparaît face à l’activité isolée insignifiante de cet ouvrier comme un organisme lui imposant sa violence.

… Au-delà d’une certaine limite, le développement des forces productives devient un obstacle pour le Capital ; donc le rapport capitaliste devient un obstacle au développement des forces productives du travail. Parvenu à ce niveau, le Capital, autrement dit le travail salarié, entre vis-à-vis du développement de la richesse sociale et des forces productives dans le même rapport que les corporations, le servage, l’esclavage… Il devient un blocage dont, nécessairement on se débarrasse. L’ultime figure servile que prend l’activité humaine, celle du travail salarié d’un côté, du Capital de l’autre, se trouve ainsi dépouillée, et ce dépouillement lui-même est le résultat du mode de production correspondant au Capital ; les conditions matérielles et intellectuelles de la négation du travail salarié et du Capital, qui sont déjà elles-mêmes la négation des formes antérieures de la production sociale non libre, sont elles-mêmes résultats de son procès de production. L’in-adéquation croissante du développement productif de la société aux rapports de production qui étaient les siens jusqu’alors s’exprime ainsi dans des contradictions aiguës, des crises et donc des ébranlements

Marx, Manuscrits de 1857-1858

De nos jours, ces aspirations ont été de beaucoup dépassées, grâce à la concurrence cosmopolite dans laquelle le développement de la production capitaliste a jeté tous les travailleurs du globe. Il ne s’agit plus seulement de réduire les salaires anglais au niveau de ceux de l’Europe continentale, mais de faire descendre, dans un avenir plus ou moins prochain, le niveau européen au niveau des chinois. Voilà la perspective que M. Stapleton, membre du Parlement anglais, est venu dévoiler à ses électeurs dans une adresse sur le prix du travail dans l’avenir. « Si la Chine, dit-il, devient un grand pays manufacturier, je ne vois pas comment la population industrielle de l’Europe saurait soutenir la lutte sans descendre au niveau de ses concurrents ».

Marx, Le Capital, Livre Premier

Comme la baisse du taux de profit correspond à une diminution du travail immédiat par rapport au travail objectivé qu’il reproduit et qu’il crée de nouveau, le Capital met tout en oeuvre pour contrecarrer la baisse du travail par rapport au quantum de capital en général autrement dit, de la plus-value exprimée comme profit par rapport au capital avancé. Il tentera en outre, de diminuer la partie attribuée au travail nécessaire et d’augmenter encore davantage la quantité de surtravail par rapport à l’ensemble du capital employé, en conséquence, le maximum de développement de la puissance productive, ainsi que le maximum d’extension de la richesse existante correspondront avec la dévalorisation du capital, la dégradation de l’ouvrier et un épuisement grandissant de ses forces vitales. Les contradictions provoqueront des explosions, des cataclysmes et des crises au cours desquels les arrêts passagers de travail et la destruction d’une grande partie des capitaux ramèneront, par la violence, le capital à un niveau d’où il pourra reprendre sa marche. Ces contradictions créent des explosions, des crises, au cours desquelles tout travail s’arrête pour un temps, tandis qu’une partie du capital est détruite, ramenant le Capital par la force au point où, sans se suicider, il est à même d’employer de nouveau pleinement sa capacité productive. Cependant ces catastrophes qui le régénèrent régulièrement se répètent à une échelle toujours plus grande et finiront par provoquer son anéantissement violent.

Marx, Grundrisse, Tome IV

Comments (16)
  1. On m’oppose souvent qu’il est faux de dire que plus la quantité de devise créée ex nihilo augmente, plus la valeur diminue. L’explication serait que cela ne peut être le cas
    que si la monnaie circulait en circuit ouvert, ce qui n’est pas le cas. Il y a le circuit économie réelle et le circuit économie financière (il me semble que vous ne faites pas de différence entre les deux, la dissociation est la résultante même de lbtp). I

    Mais c’est la monnaie qui passe du réel au financier et pas l’inverse.
    Dès lors, la monnaie créée en énorme quantité via le QE n’engendre pas d’inflation galopante dans l’économie réelle tout simplement parce que la monnaie reste bloquée dans l’économie financière.

    Mais l’économie réelle est en friche et ne bénéficie pas des QE donc pas de problème. Les financiers accaparent toute la monnaie ainsi créée.
    L’inflation ne pourrait être créée que si les consommateurs venaient à consommer et donc à dépenser leurs liquidités, ce qui n’est pas le cas à présent.

    Selon cet argumentaire, l’augmentation de la création de devises ex nihilo ne conduit donc pas une diminution de la valeur de la devise elle-même.

  2. Faux car la finance en investit dans l’immobilier et les matières premières donc ça finit bien dans le consommateur lambda vu que tout vient du pétrole.

  3. Le passage sur la Chine, écrit il y a plus de 150 ans, met les économistes à la poubelle.
    Notamment les mythos « marché intérieur chinois » alors que 70% du pib chinois sont des exportations.
    Comme prévu par les maximalistes, les emplois européens sont partis en Chine. Sans possibilité de retour.
    Et le marché intérieur chinois n’existera jamais, parce que justement les chinois sont SOUS payés (et donc SUR exploités) pour pouvoir concurrencer l’europe.
    Un français moyen peut se payer un iPhone à 800 euros pour l’instant.
    Un chinois moyen JAMAIS.
    Car justement il est sur exploité pour l’exporter.

    Dans quelques temps l’occidental moyen ne pourra plus se payer un iPhone et autres superflus.
    Et la nous verrons que le fameux « marché intérieur » n’existera jamais.

    • Bonjour,

      Merci pour ces remarques. Cependant, elles ne me permettent pas d’avancer sur le sujet de départ. A savoir qu’il est faux de dire que plus la quantité de devise créée ex nihilo augmente, plus la valeur diminue car il y aurait le circuit économie réelle et le circuit économie financière.

      Si quelqu’un a les outils théoriques me permettant d’avancer, je lui en saurai gré.

      • Le crédit chimérique est la clef de compréhension du lien entre économie réelle et économie financière.
        “Après un record à 322% du produit intérieur brut (PIB) fin 2019, la dette mondiale devrait atteindre 277 000 milliards de dollars fin 2020, soit 365% du PIB, selon l’Institute of International Finance (IIF)”

        Article ici :
        https://www.businessinsider.fr/la-dette-mondiale-va-atteindre-un-nouveau-record-en-2020-185887

        Et cela date de début 2020 … je vous laisse imaginer maintenant.
        Cela fait tomber toute l’imposture du “la France est endettée mais pas les autres nations”.
        322% de dette par rapport au produit intérieur brut (PIB) EN MOYENNE MONDIALE

        La voila la clef que vous cherchez : la chute finale n’est retardée QUE par le crédit chimérique
        Si demain la BCE ou la FED remontent leurs taux directeurs, c’est fini.

        BCE :
        “Le principal taux d’intérêt a été maintenu à ZERO, tandis que les banques se verront appliquer un prélèvement de 0,50 % sur les dépôts qu’elles confient à la banque centrale au lieu de les prêter à leurs clients”
        https://www.ouest-france.fr/economie/banques-finance/economie-la-bce-maintient-ses-taux-directeurs-inchanges-4a335728-eae9-11eb-83c8-e2dbdb6e43f2

        FED :
        Pour alimenter la reprise, la Fed maintient depuis plus d’un an ses taux directeurs dans une fourchette de :
        0 à 0,25%
        et acquiert chaque mois 120 milliards de dollars de bons du Trésor et de titres appuyés sur des créances hypothécaires. L’institution n’a pas encore annoncé quand elle envisageait de lever le pied sur ces mesures de soutien.
        https://www.capital.fr/entreprises-marches/la-fed-pourrait-reduire-son-soutien-a-leconomie-americaine-des-octobre-en-vue-dune-hausse-des-taux-1411172

        Si demain, la FED ou la BCE remontent leurs taux a SEULEMENT 0.5%, tout s’effondre

        Rappelons que ces taux étaient de plusieurs points il y a seulement 20 ans.
        Rappelez vous les prolos de GdC sur les taux négatifs : l’auto invalidation du Capital

        Chaque JOUR, des milliards se vaporisent.

        Même Suckerberg a perdu 6 milliards en quelques heures.
        Vous croyez vraiment qu’il l’avait prévu et accepté ?

      • Nous sommes aujourd’hui assiégés par l’imperium de la marchandise et discuter du sexe des anges ne nous aidera pas à gagner cette guerre total qui nous a été déclaré .

        Les outils théoriques que tu cherches nous ont été transmis par l’histoire et sont à ta disposition :

        Le capital livre 1 « la production »

        Le capital livre 2 « la circulation »

        Le capital livre 3 « la synthèse »

        Ne reste plus qu’à t’en saisir et de les utiliser comme une arme destruction massive des mensonges de masses que produit le fétichisme de la marchandise .

        Pour être plus précis la réponse à ta question se trouve dans le livre 3 section 5 .

        Voilà un petit extrait du livre 3 pour te donner l’eau à la bouche et surtout te mettre le couteau entre les dents car qui veut la vie humaine prépare la guerre de classe !

        “Nous avons montré précédemment comment les catégories les plus simples de la production capitaliste et même de la production de marchandises, comment la marchandise et l’argent présentent un caractère mystérieux, qui transforme en propriétés de la marchandise les rapports sociaux dont les éléments matériels de la richesse sont simplement la base dans la production et qui fait même une chose (l’argent) du rapport de la production. Toutes les formes sociales qui contribuent à la production des marchandises et à la circulation de l’argent sont englobées dans cette confusion, mais celle-ci est surtout profonde dans la production capitaliste et dans le capital, qui en est la catégorie dominante et le facteur déterminant. Les choses se présentent encore sous un aspect simple, lorsque l’on considère le capital, comme extracteur de plus-value, dans le procès de production proprement dit ; dans ce cas leur enchaînement peut encore être saisi par l’intelligence des capitalistes, ainsi que le montre la lutte pour la réduction de la journée de travail. Et cependant même dans la sphère du procès immédiat entre le travail et le capital, cette simplicité est loin de se maintenir. A mesure que se développent, au sein de la production capitaliste proprement dite, la plus-value relative et la productivité sociale du travail, les forces productives et leur enchaînement social semblent transportés du domaine du travail dans celui du capital, et le capital devient un être mystérieux auquel on rapporte et dont on fait provenir toutes les forces socialement productives du travail. Alors intervient le procès de circulation, qui englobe dans ses transformations de matière et ses modifications de formes toutes les parties du capital, même celles du capital agricole et qui met à l’arrière plan les conditions primitives de la production de la valeur. Déjà dans le procès immédiat de production, le capitaliste est producteur de marchandise et dirigeant de la production de marchandises, et le procès ne se déroule pas pour lui comme s’il devait exclusivement lui permettre d’extraire de la plus-value. Quelle que soit la quantité de celle-ci que le procès de production incorpore à la marchandise, le procès de circulation doit intervenir pour assurer la vente du produit, et il en résulte que la reconstitution, tant de la plus-value que de la valeur qu’il contient, semble non pas être réalisée simplement, mais déterminée par le procès de circulation. Cette apparence semble d’autant plus être la réalité que d’une part le profit qui accompagne les opérations de vente dépend de la fraude, de la ruse, de la pratique des affaires, de l’habileté et des mille conjonctures du marché, et que d’autre part un second facteur, le temps de circulation, fait sentir son action à côté du temps de travail. Il est vrai que ce facteur intervient pour limiter la formation de valeur et de plus-value, mais Il semble agir aussi positivement que le travail et avoir sa source dans le capital. Dans le Livre II, nous n’avons étudié la sphère de circulation qu’au point de vue des changements de formes qu’elle provoque et de l’évolution morphologique que le capital y subit. En réalité la circulation est le champ d’action de la concurrence, dans lequel le hasard joue le grand rôle et où la loi immanente qui règle ce jeu du hasard, ne peut être dégagée que lorsque l’on considère un grand nombre de cas, ce qui fait qu’elle échappe nécessairement à l’observation et à la compréhension des agents isolés de la production. En outre le procès de production dans son ensemble, qui comprend la production proprement dite et la circulation, engendre de nouvelles formes, qui effacent de plus en plus les traces de la connexion intime des faits, qui font apparaître les facteurs de la production comme indépendants l’un de l’autre et dans lesquelles les éléments de la valeur se figent de plus en plus comme formes autonomes.

        Ainsi que nous l’avons vu, la transformation de la plus-value en profit n’est pas plus déterminée par le procès de circulation que par celui de production. Le profit est rapporté non au capital variable qui engendre la plus-value mais au capital total, et son taux est régi par des lois qui lui sont propres, si bien qu’il peut varier indépendamment du taux de la plus-value. Tous ces faits dissimulent la nature vraie de la plus-value et cachent le ressort qui fait agir le capital, ce qui est d’autant plus facile que le profit se transforme en profit moyen et que la valeur devient le coût de production moyen, le prix régulateur du marché. Nous nous trouvons ainsi en présence d’un procès social très compliqué, dans lequel les capitaux sont égalisés, où les prix moyens des marchandises sont différents de leurs valeurs et où les profits moyens dans les différentes branches de production sont indépendants de l’exploitation effective du travail dans chaque entreprise. Et c’est non seulement en apparence, niais bien réellement que le prix moyen des marchandises n’est pas égal à leur valeur et au travail qu’elles contiennent, et que le profit moyen d’un capital déterminé est différent de la plus-value que ce capital a extrait des ouvriers qu’il a mis en oeuvre. La valeur de la marchandise n’apparaît plus directement que dans la variation que communique au coût de production la variation de la productivité du travail, par conséquent dans le mouvement du coût de production et non à sa limite. Le profit ne semble plus être déterminé qu’accessoirement par l’exploitation immédiate du travail, dans les seuls cas où cette exploitation permet à un capitaliste de réaliser un profit différent du profit moyen. Même les profits moyens semblent avoir leur source dans le capital et être indépendants de l’exploitation, même de l’exploitation anormale et de l’exploitation normale dans des conditions exceptionnellement favorables, qui ne paraissent capables d’autres influences que de provoquer des déviations des profits moyens. Enfin la subdivision du profit en profit d’entreprise et intérêt – nous faisons abstraction des profits des commerces de marchandises et d’argent, qui, basés sur la circulation, semblent résulter exclusivement de celle-ci et être étrangers au procès de production. – achève de donner à la plus-value une forme autonome et indépendante de sa substance et de son essence. D’un côté, une partie du profit s’affranchit totalement du rapport capitaliste et semble avoir pour origine le travail salarié du capitaliste et non la fonction de celui-ci d’exploiter le travail des salariés ; de l’autre côté, se présente l’intérêt, indépendant en apparence du travail salarié de l’ouvrier et du travail du capitaliste, semblant découler d’une source qui lui est propre, le capital. Si à la surface de la circulation le capital se présente comme un fétiche, communiquant à la valeur la propriété d’engendrer de la valeur, il revêt, lorsqu’il devient capital productif d’intérêts, sa forme la plus étrange et la plus caractéristique. Aussi le terme « Capital-Intérêt » est beaucoup plus logique que « Capital – Profit » à côté de « Terre – Rente » et « Travail-Salaire », car le profit emporte inévitablement un souvenir de son origine, tandis que la rente, loin de rappeler celle-ci, se dresse en opposition avec elle.

        Enfin à côté du capital, engendrant par lui-même de la plus-value, vient se placer la propriété foncière, assignant une limite au profit moyen et transférant une partie de la plus-value à une classe qui ne travaille pas elle-même, qui n’exploite pas directement des travailleurs et qui ne peut même pas, comme le capital productif d’intérêts, s’adresser cette consolation qu’elle court un risque ou s’impose une privation. La partie de la plus-value qui est ici en cause semble avoir pour point de départ, non des rapports sociaux, mais un élément naturel, la terre. Par là s’achève la séparation des différentes parties de la plus-value ; leur connexion intime cesse d’exister et la source dont elles découlent est complètement dissimulée.

        La trinité économique Capital-Profit ou mieux Capital – Intérêt, Terre – Rente, Travail – Salaire, qui rapproche de leurs sources les parties constitutives de la valeur et de la richesse, achève la mystification de la production capitaliste, complète l’objectivation des rapports sociaux et marque l’interdépendance des conditions matérielles de la production et de leur rôle historico-social. Elle est la formule de ce monde ensorcelé et renversé, dans lequel Monsieur le Capital et Madame la Terre font les revenants et apparaissent tantôt avec leurs caractères sociaux, tantôt comme de simples objets. Le plus grand mérite de l’Économie classique est d’avoir ramené l’intérêt et la rente à la plus-value, en considérant l’intérêt comme une partie du profit et la rente comme un excédent sur le profit moyen, d’avoir décrit le procès de circulation comme ayant pour objet de simples changements de formes et d’avoir réduit au travail, dans le procès de production proprement dite, la valeur et la plus-value des marchandises. Agissant ainsi elle a mis en évidence la fausse apparence des éléments sociaux de la richesse, la personnification des objets et l’objectivation des rapports de la production, cette religion de la vie de tous les jours. Cependant – il ne pouvait guère en être autrement dans le monde bourgeois – les meilleurs de ses écrivains n’ont pas pu se dégager entièrement de ce monde des apparences qui a sombré sous leurs critiques, et ils tombent tous plus ou moins dans des inconséquences, des solutions imparfaites et des contradictions. D’autre part il est naturel que les agents effectifs de la production se trouvent très bien de la formule irrationnelle Capital-Intérêt, Terre-Rente, Travail-Salaire, qui reflète fidèlement les apparences an milieu desquelles ils se meuvent et avec lesquelles ils se trouvent journellement en contact. Et il est incontestablement tout aussi naturel que les écrivains de l’Économie vulgaire, qui ne font que mettre sous une forme didactique, plus ou moins doctrinale et systématique, les conceptions journalières des agents de la production, se soient jetés sur cette trinité économique, qui masque la connexion intime des choses, comme sur la base absolument appropriée à leur plate suffisance. Enfin cette formule répond aux intérêts des classes dirigeantes, car elle proclame dogmatiquement la fatalité naturelle et la légitimité éternelle de leurs revenus.

        En faisant l’exposé des formes objectives des rapports de la production, nous n’avons pas signalé que les conjonctures du marché, le mouvement des prix, les périodes du crédit, les cycles de l’industrie et du commerce, les alternatives de prospérité et de crise ont pour effet de faire de ces rapports, aux yeux des agents de la production, des lois naturelles et des nécessités inéluctables. Si nous en avons agi ainsi, c’est parce que le mouvement effectif de la concurrence ne rentre pas dans le cadre de notre étude, qui n’a pour but que d’analyser l’organisation interne de la production capitaliste, pour ainsi dire dans sa moyenne idéale.

        Dans les formes antérieures de la société nous ne rencontrons guère celte mystification économique, si ce n’est en ce qui concerne l’argent et le capital productif d’intérêts. Et d’abord elle est exclue, Par la nature des choses, des organisations où la production ne fournit que des valeurs d’usage destinées a la consommation immédiate et où l’esclavage et le servage constituent, comme dans l’antiquité et au moyen âge, la base essentielle de la production sociale. Dans ces organisations l’asservissement des producteurs aux conditions de la production est caché par les rapports des sujets à leurs maîtres, rapports qui apparaissent comme les ressorts immédiats du procès de production. Dans les communautés primitives où règne un communisme natif et même dans les cités antiques, c’est la communauté elle-même avec ses conditions d’existence, qui est la base et le but de la production et de la reproduction. Même dans les corporations de métiers du moyen âge, le capital et le travail ne semblent pas être indépendants l’un de l’autre et leurs rapports sont déterminés par la corporation et ses attributs, par la conception du devoir professionnel, de la maîtrise, etc. Ce n’est que dans la production capitaliste….”

  4. Le crédit chimérique est la clef.

    Les taux directeurs :
    BCE 0
    FED 0.25

    Dette moyenne mondiale etatique: 350%

    L’hyper inflation n’existe plus dans un système capitaliste financiarisé.
    Car la planche à billet comble la baisse du taux de profit directement au bilan de l’entreprise et de l’état.
    Mais bien sûr cela entraîne les taux d’intérêt négatifs et les taux directeurs proche du zéro.

    En clair : le système capitaliste est tellement à l’agonie qu’il ne peut plus se permettre une inflation qui le tuerai direct.
    D’où la nervosité des larbins du capital face à la hausse du prix de l’énergie.

    • Mais c’est aussi une question de parade face à la crise du capital, car à chaque sortie d’un nouveau blocage, le capital créera une nouvelle parade en réponse à la crise du prolétariat en crise…

      Les taux sont certes des indicateurs importants mais c’est surtout l’organicité du Capital qui doit s’auto-invalider dans le blocage terminal qui sera le premier blocage vers la phase de développement de l’anti-valeur enfin advenue…

      Mais nous voyons que le spectacle du faux omniprésent ressurgit pour mieux neutraliser la révolte de la vieille taupe, nous sommes encore loin des prolégomènes de la crise terminale, même si nous pouvons espérer être vivants pour la vivre.

    • Si limmobilier n’est pas inflationniste ainsi que les actifs financiers, je veux bien manger mon béret.

      Le gonflement de la masse des titres financiers et de leurs prix finit par produire une baisse du taux de profit moyen.
      Non seulement à cause de la démultiplication des ayants droit au partage des profits, mais aussi parce que la hausse des prix de ces titres abaisse mécaniquement leur rendement (le ratio taux intérêt/somme investie pour l’achat du titre).
      Et cette baisse des rendements, rendements qui sont pour les capitalistes passifs les seuls taux de profit qu’ils connaissent et qui motivent leur décision d’investir ou non, conduit les Etats et les banques à augmenter davantage encore l’émission de crédits dans l’espoir de la contrer.
      Ces crédits deviennent alors nécessairement de plus en plus risqués

      • C’est la ou vous touchez le fond de la compréhension économique surfacière la plus contre-révolutionnaire…
        Ce n’est pas parce qu’il y a de l’inflation des prix immobiliers qu’il y a une baisse du taux de profit…
        C’est parce qu’il y a la baisse du taux de profit qu’il y a une échappée fictive et la spéculation !
        Il faut vraiment sortir de l’empirie et de l’économie politique pour rentrer dans la critique de l’économie politique !

        • Faut pas exagérer et sauter sur tout ce qui sécrit, je répondais à un commentaire qui expliquait, quil n’y avait pas d’inflation et ce commentaire a été supprimé, donc mon post n’a plus aucun sens.
          Je peux également retourner votre concuclusion, c’est parcequ’il y a une échappée fictive qu’il y a une baisse du taux de profit.
          C’est parcequ’il y a une baisse du taux de profit qu’il y a une inflation de l’immobilier.

          • Mr Raoul, vous êtes à côté de la plaque !
            Vous vous mélangez les pinceaux et vous induisez les lecteurs de Guerre de Classe en erreur.
            Votre exemple sur l’immobilier et le taux de profit est complétement à côté de la plaque.
            Le premier message de Plouf parle d’inflation, qui est l’augmentation générale des prix et donc la dévaluation de la monnaie, et vous lui répondez par une inflation sectorisée…
            Il y a d’ailleurs une différence entre taux d’intérêt et taux de profit… Aller plutôt lire le Capital !

            Vous ne pouvez pas non plus retourner la logique en disant : “c’est parce qu’il y a une échappée fictive qu’il y a une baisse du taux de profit.”
            Cela est faux. C’est la baisse du taux de profit qui est déterminante, tout le reste ce sont des concepts économiques faux ou mal compris…
            Bonne continuation.

  5. Cher Valentin,
    Dites moi, si par ce petit texte synthétique, jai bien intégré les enseignements de Guerre de Classe.

    Disons, que ce monde est une imposture, dans le

    sens ou finalement c’est l’être humain qui fini par se

    détruire, lui même.

    Il n’est pas question ici de cartésianisme, mais de

    logique le LOGOS, le logos c’est la raison divine.

    La question à se poser de mon point de vue, c’est

    pourquoi il se produit de telles choses?

    Si ces horreurs qui se produisent dont on peut les

    décrires par des pages et des pages, si elles se

    produisent donc, c’est qu’il y un espace nécessaires

    pour que ces choses adviennent.

    Nous savons, et nous avons une large documention,

    de longues études, sur la vie des peuples dit

    premiers, qui fut notre mode d’existence pendant des

    centaines de milliers d’années.

    Un des dernier ouvrage de l’anthropologue Marshal

    Schalin spécialiste de l’économie primitive “âge de

    pierre âge d’abondance” abondance non seulement

    matérielle, mais d’amour, de jouissance à la vie.

    Certes il ne sagit pas de retourner à ces temps

    passés, mais d’intégrer ce qui fait notre fausse

    existence et par là même notre fausse conscience.

    Dans ces sociétés, il n’existe ni crime, ni vol, ni

    déviances ou perversité pathologiques.

    Pas plus qu’il n’existe d’Etat ou de religions, puisque

    c’est la vie entière qui est sacrale, l’être ne fait qu’un

    avec tout ce qui l’entoure, dans la magie de vivre.

    Parce que l’individu, la singularité ne peuvent pas

    s’autonomiser, il n’y pas l’individualité, pas de

    séparation, pas plus que de mensonge.

    L’individu est le groupe et le groupe est l’individu ,

    cela ne forme qu’une seule entité.

    Jamais un homme premier dira je suis celui qui cours

    le plus vite ou je suis le plus fort.

    Il ne se compare pas, il dira je suis fort, ou je cours

    vite.

    La comparaison en terme de valeur entre soi et

    l’autre, l’évaluation, sont des productions de notre

    système basé sur la loi de la valeur.

    l’individualité de même, le narcissime, le sadisme, la

    schizophrénie l’angoisse contemporaire des sous

    produits également de la loi de la valeur.

    Tous cela pour que vous comprenniez,

    fondamentalement, l’implication de cette chose qui

    est nous est voilée et c’est la valeur qui nous

    détermine tous.

    Car ce n’est pas la consience qui détermine notre être

    social, mais plutôt notre être social qui détermine

    notre conscience.

    Ce qui veut dire que notre concience n’a pas de

    singularité, n’a aucune autonomie, puisqu’elle nous

    est donnée par le milieu social, milieu social ou les

    rapports humains, sont assujettis à la loi de la valeur.

    Et c’est cette loi qui prend naissance dans le

    croissant fertile, moyen orient, avec les premiers

    stocks de céréales, cette loi allant de complexité en

    complexité, abouti à notre société du tout numérique,

    un mensonge intégral sur toutte notre existence, d’où

    le vrai ne pourra jamais advenir.

    Et c’est cette loi qui produit par la médiation humaine,

    toutes ces horreurs.

    C’est donc à se renversement que tout

    révolutionnaire, doit tendre son energie.

    Une réponse de votre part me serait agrèable, bonne journée et encore merci.

    • L’incarnation, l’humilité. Vous venez pondre un pavé pour voir si vous avez bien compris le message de Guerre de Classe.
      Je repartirai du texte “Ce qui nous distingue” :
      – La défense intransigeante et continue du communisme intégral en tant que mouvement réel de l’auto-émancipation humaine du prolétariat universel qui s’abolit en éradiquant l’argent, le salariat et l’État…
      – La connaissance dialectique de la rationalité historique comme auto-mouvement de vraie vie pour toute l’espèce humaine reconnaissant la matérialité biologique et cosmique de l’ensemble de son devenir universel conscient…

      Surtout, la contradiction des messages précédents portait sur la loi de la baisse tendancielle du taux de profit, et dans tout votre paragraphe vous n’en parlez pas.
      Vous ne comprenez donc pas ce qu’est le mouvement réel, votre exposé est idéologique et sorti de l’histoire réel.
      Voyez que vous passez à côté de quelque chose d’essentiel, Marx nous dit :
      “A tous points de vue, c’est la loi la plus importante de l’économie moderne. En outre, elle est essentielle à la compréhension des rapports les plus complexes. Du point de vue historique, c’est la loi la plus importante. Malgré toute sa simplicité, cette loi n’a jamais été comprise jusqu’ici, c’est dire qu’elle n’a jamais été formulée de manière consciente et claire.”
      http://guerredeclasse.fr/2019/02/27/la-loi-de-lauto-invalidation-du-mode-de-production-capitaliste/

      Alors, ce n’est pas un problème, ça permet de renverser le donnée initial pour grandir en humanité, en radicalité, en vie véritable.
      Je vous conseille de lire ou relire l’idéologie allemande, qui est un texte majeur à lire et à relire pour sortir des réflexions sur l’empirie qui ne mènent nulle part et essayer, vaille que vaille, d’aller au cœur historique de la réalité pour en tirer des questionnements riches de sens qui pourraient faire avancer tout le monde.

      Bonne journée

      • Merci,
        Vivant dans un endroit relativement isolé, pleine campagne, je suis un travailleur manuel, (maçon) pas un intello, je n’ai pas l’occasion, de pouvoir approfondir, mes petites connaissances théoriques,
        Je ne recherche pas l’approbation, (mon individualité cest le séparé ) mais plutôt comment articuler concrètement la théorie radicale, bien qu’elle m’est très utile, pour comprendre la complexité apparente des relations affectives et les rapports sociaux aliénés à la marchandise, d’où le surgissement du vrai, savère très problématique, y compris de mon côté, puisque assujetti (le moins possible) au système de domination par l’argent et lextorsion de plus-value.
        J’ai depuis mon enfance toujours été communiste, je n’ai pas eu l’occasion de rencontrer des groupes radicaux, sauf quelques anarchistes, plutôt romantiques, pour faire court, la révolte pour la révolte. (stérile). K Marx Stirner.
        En tout cas je vous remercie vivement pour votre éclairement.
        NB Je n’oublie certainement pas le coeur du missile, la baisse tendencielle du taux de profit, qui détruit dans son fondement la capitalisme.
        Bonne soirée Valentin.

      • A creuser

        L’identité de la plus-value avec le surtravail fixe une limite qualitative à l’accumulation du capital : la journée totale de travail, l’évolution des forces productives et de la population, qui limite le nombre de journées de travail pouvant être exploitées simultanément. Si, en revanche, la valeur ajoutée s’exprime sous la forme d’un intérêt sans concept, la limite n’est que quantitative et défie toute imagination. »
        K. Marx, Le Capital Livre III

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