Prolétariat contre l’argent ou lumpenprolétariat de l’argent !

Contre la police des racailles du haut et contre la police des racailles du bas !

Guerre de classe prolétarienne contre tous les États et toutes les polices du Capital !

La garde mobile qui est recrutée, dans sa plus grande partie, dans le lumpen-prolétariat parisien, s’est déjà beaucoup transformée, dans le peu de temps de son existence, grâce à une bonne solde, en une garde prétorienne de tous les gens au pouvoir. Le lumpen-prolétariat organisé a livré, sa bataille au prolétariat travailleur non organisé. Comme il fallait s’y attendre, il s’est mis au service de la bourgeoisie, exactement comme les lazaroni à Naples se sont mis à la disposition de Ferdinand. Seuls, les détachements de la garde mobile qui étaient composés de vrais ouvriers passèrent de l’autre côté.

Mais comme tout le remue-ménage actuel à Paris semble méprisable quand on voit comment ces anciens mendiants, vagabonds, escrocs, gamins et petits voleurs de la garde mobile que tous les bourgeois traitaient en mars et en avril de bande de brigands capables des actes les plus répréhensibles, de coquins qu’on ne pouvait supporter longtemps, sont maintenant choyés, vantés, récompensés, décorés parce que ces « jeunes héros », ces « enfants de Paris » dont la bravoure est incomparable, qui escaladent les barricades avec le courage le plus brillant, etc., parce que ces étourdis de combattants des barricades de Février tirent maintenant tout aussi étourdiment sur le prolétariat travailleur qu’ils tiraient auparavant sur les soldats, parce qu’ils se sont laissé soudoyer pour massacrer leurs frères à raison de 30 sous par jour ! Honneur à ces vagabonds soudoyés, parce que pour 30 sous par jour ils ont abattu la partie la meilleure, la plus révolutionnaire des ouvriers parisiens !

K. Marx – F. Engels, La Nouvelle Gazette Rhénane, 25 juin 1848

A côté de roués ruinés, aux moyens d’existence douteux et d’origine également douteuse, d’aventuriers et de déchets corrompus de la bourgeoisie, on y trouvait des vagabonds, des soldats licenciés, des forçats sortis du bagne, des galériens en rupture de ban, des filous, des charlatans, des lazzaroni, des pickpockets, des escamoteurs, des joueurs, des maquereaux, des tenanciers de bordels, des portefaix, des écrivassiers, des joueurs d’orgue de barbarie, des chiffonniers, des rémouleurs, des rétameurs, des mendiants, bref, toute cette masse confuse, décomposée, flottante, que les Français appellent la bohême

K. Marx, Le 18 brumaire de L. Bonaparte

Le taux de délire de l’idéologie anti-raciste est inversement proportionnel à la puissance des tendances radicales de  la conscience distincte de l’époque.

De nos jours, l’ampleur  spectaculaire de l’indistinction multi-culturaliste traduit positivement la misère intellectuelle du temps-marchand tout-puissant et l’absence de volonté de changement critique qui en découle.

L’endiguement actuel de tous les conflits sociaux potentiellement radicaux se retrouve systématiquement grevée de la mythologie des « minorités visibles » copieusement favorisées et entretenues à titre de clientèles spectaculaires privilégiées du temps inchangeable.

Le clivage anti-raciste intervient ici comme l’essentialité  de la normalisation spectaculaire en ce qu’il offre cette possibilité anesthésiante permanente de passionner les foules hébétées dans la prison mentale de questions indistinctes constamment infra-réelles et anti-critiques  puisque le spectacle des mystifications socio-politiques n’a en vérité pas d’autre objectif que de masquer et de consolider la disparition radicale de toute réalité et de toute critique distinctes.

Le temps humain devenu intégralement temporalité marchande, la consommation du spectacle a d’abord pour finalité de faire oublier la réalité historique et d’arrimer la conscience spectatrice à la seule puissance dominante du fétichisme de l’indistinction.

C’est partout le même projet communautaire d’une histoire sans histoire pour une communauté sans autre communauté que la matérialité indistincte de l’argent.

Le spectacle de l’indistinction est le langage collectif de l’action sociale anti-critique. Il est la temporalité de la production marchande en tant que production constante de séquences aliénées dans leur équivalence et équivalentes dans leur aliénation.

Le fétichisme de la marchandise est tout, l’homme en tant qu’homme n’est plus rien car il n’est plus désormais que la matière première du temps de l’indistinction.

Le temps irrévocable de la production spectaculaire indistincte est primordialement la mesure marchande de tous les actes humains puisqu’il est l’acte marchand de toutes les mesures humaines.

Temporalité officielle de toutes les surfaces du monde de l’aliénation, l’indistinction signifie spectaculairement qu’elle est le mouvement général de l’histoire présente précisément en ce seul sens qu’elle n’est que la dynamique particulière du temps fermé aspirant à liquider toute mémoire d’un temps ouvert.

La liberté dictatoriale du marché dont la seule ambition est le système spectaculaire de la fatalité démocratique inévitable repose sur le caractère a priori immuable et impérissable du regard illusionné.

L’abondance marchande est l’abondance de la non-distinction qui se signale par une accumulation sans limites d’artificialité, d’adultération et d’inversion qui aboutit à ce que les errements du fétichisme de l’argent produisent l’aberration spectaculaire selon laquelle il serait fatidique d’accepter l’identification des hommes à l’indistinction marchande.

C’est l’unité du mensonge social de l’indistinction qui se dissimule derrière les oppositions spectaculaires de la mythologie anti-raciste actuelle qui est d’abord élaborée pour masquer les contradictions réelles de la société marchande qu’elle est justement destinée à refouler et proscrire puisque le spectacle de l’argent abomine la critique sociale radicale qui n’est pas autre chose que la distinction poussée à bout des contradictions en question.

Dans le monde de l’indistinction marchande, toute réalité est spectaculairement renversée et le vrai en tant que distinct dissimulé n’est plus que ce que le faux doit faire disparaître indistinctement.

Le spectacle de l’indistinction est la mondialisation sociale du métissage qui socialise le métissage du monde. Et le snobisme médiatique par lequel le spectacle mimétique de l’aliénation reproduit la dynamique marchande révéle ainsi que si la fascination du « jeune » de banlieue c’est l’argent, la fascination de l’argent c’est bien le « jeune » de banlieue.

De peur d’être accusé de racisme, il est donc interdit de soulever la question de l’immigration et des ghettos urbains autrement que dans les termes autorisés par le spectacle de l’indistinction et selon les intérêts généraux du temps de la marchandise.

Hier, la dictature démocratique du marché criminalisait le mouvement critique des grèves dures, aujourd’hui, la démocratie du marché dictatorial criminalise toute critique de l’immigration puisque c’est là le moyen le plus pertinent qu’elle a trouvé afin d’évacuer justement la problématique de la dureté critique des grèves mouvementées.

Toutefois avant de criminaliser, le spectacle de l’indistinction préfère sidérer. Ainsi, le spectateur qui renâcle est d’abord considéré comme un malade qu’il convient de soigner ou un égaré qui doit être ré-éduqué puisque en un temps aliénatoire  où la xénomanie est devenu le transcendantal du fétichisme marchand, il va de soi que tout ce qui n’est pas férocement xénophile est forcément xénophobe féroce.

Dans le numéro 2967 de Paris Match du 30 mars 2006, l’on peut découvrir de la page 36 à la page 40, une série de photographies très étonnantes prises le jeudi 23 mars sur l’esplanade des Invalides lors d’une manifestation contre le contrat premier emploi. L’on y voit notamment et très distinctement une jeune femme prise à partie, frappée, dépouillée, jetée au sol et longuement agressée par une bande de « lascars » de banlieue visiblement tous d’origine non-européenne devant un public de même provenance qui suit la scène avec complicité amusée et même délectation.

Imagine t-on un seul instant que de tels événements qui furent alors le lot commun de quasiment toutes les manifestations étudiantes et lycéennes – et dont évidemment la couverture et l’indignation médiatiques furent réduites à leur plus simple expression – aient eu lieu dans un contexte inverse à partir d’une bande  de skinheads attaquant dans des conditions similaires une jeune femme noire.

Bien entendu, c’eût été là le tollé médatico-politique de commande spectaculaire habituelle puisque dans le monde de l’indistinction qui renverse le réel, le réel renversé donne à penser que le faux est vrai puisque le vrai y est toujours pensé comme faux.

Critique de la Société de l’Indistinction

Aujourd’hui, les faunes urbaines de l’économie souterraine qui brûlent rituellement des voitures ne sont pas des enfants d’ouvriers en révolte qui se battent par haine de la marchandise, mais des paumés incultes adorateurs du fric, de ses modes insanes et de toutes ses grossières insipidités… Bien loin d’être des persécutés en rupture, ce sont les enfants chéris du système de la discrimination positive de l’anti-subversif, les talismans médiatiques de l’ordre capitaliste à révérer, bref ce que Marx désignait sous le terme de lumpenprolétariat : cette « masse strictement différenciée du prolétariat industriel recrutée dans les bas fonds, voleurs et criminels de toutes sortes, vivant en marge de la société, des gens sans travail défini, sans foi ni loi » et qui sont, bien sûr, toujours les meilleurs alliés de l’État lorsqu’il s’agit de livrer combat à la véritable désobéissance prolétarienne.

       Commentaires sur l’extrême radicalité des temps derniers…

Après la mystification étatique du Coronavirus, la guerre civile ethnique marchande est la dernière arme de la crise mondiale du Capital pour empêcher la guerre civile de classe contre la marchandise !

La tentative de substituer à la subversion sociale réelle une contestation commerciale et raciale toute entière manufacturée par le spectacle de la marchandise, constitue là l’une des dernières cartes de la crise historique du taux de profit pour nous enfermer dans le cercle vicieux des manipulations de sauvetage de la prison salariale !

Nous ne marcherons jamais dans l’embrigadement anti-raciste du Capital car nous combattons pour la communauté humaine universelle qui abolira tous les mensonges de la pourriture capitaliste repeinte en arc-en-ciel !

Pour un Monde sans argent, ni État !

Guerre de classe, juin 2020

Comments (8)
    • “L’impasse pratique du communisme utopique depuis des millénaires a été de vouloir retrouver artificiellement la communauté de l’être en faisant appel à une extériorité pour réaliser l’unité existentielle de l’intériorité de l’être : Dieu, Morale ou Conspiration… Or, le communisme réel ne peut être que le produit historique de la communauté humaine possible, une fois que l’histoire de la production a, elle-même, rendu impossible le re-produire de l’in-humanisation économique et politique de l’asservir.”
      Contre les guerres de l’avoir, la guerre de l’être

    • Dieu en tant que TOUT de l’univers est détruit par la marchandisation totalitaire anti humaine.

      Un point que justement les anarchistes ne veulent pas voir.
      Y compris ceux qui se prétendent chrétiens, tout en n’ayant RIEN compris au message du Christ contre le Mensonge et la Haine de la marchandisation.
      Pour eux, on peut maîtriser la marchandisation.

      Dieu est le TOUT du monde contre toute forme de marchandisation qui découpe et désacralise ce monde pour le vendre en pièces détachées.

      Ainsi prétendre que l’état POURRAIT être un problème, c’est déjà ne plus être radical.
      Et nier le Divin du monde. Et ainsi n’avoir rien compris au message du Christ.

      Il n’y aura ainsi jamais aucune radicalité dans l’anarchisme.
      Sous aucune forme.
      Même prétendument chrétienne.

      La conscience prolétarienne christique révolutionnaire OU la contre révolution des marchands du temple.
      La troisième voie n’existe pas.

  1. Comment comprendre que l’humain soit passé de l’être à l’avoir. Comment comprendre qu’il soit passé d’un état d’équilibre et de joie à un état de recherche perpétuelle d’avoir plus. Et qu’est ce qui maintient l’humain dans ce piège ?
    Orwell l’écrit dans 1984. O’brien confie à Winston un livre écrit par la résistance. Dans ce livre, il est dit que ce qui maintient la soumission et l’obéissance de humains est la frustration sexuelle. 
    Celui qui ne connaît pas les travaux de W. Reich n’imagine pas de quoi il s’agit. Freud à mis en évidence trois étapes du développement de la sexualité : le stade oral, le stade anal, le stade phallique. Chaque stade induit une pratique sexuelle pour celui qui reste fixé à un stade. Reich découvre un quatrième stade qui évacue tous les autres : le stade génital. Définition du stade génital :
    Il est le seul stade qui permet la circulation de l’énergie. Il se caractérise par l’absence de cuirasse musculaire et une absence de fantasme avant et pendant la relation sexuelle, une absence totale de contrôle de l’acte, une parfaite décontraction musculaire. Le sujet est dans la sensation, sans pensée parasite. Au stade génital, l’orgasme n’est pas circonscrit aux organes génitaux. Les convulsions ressenties au niveau du bas-ventre envahissent puissamment la totalité du corps. Chez certains individus génitalement sains, le corps est agité parfois pendant une minute voir plus, le temps que l’énergie circule. les travaux de Krauss expliquent ce phénomène. Le bassin ne peut plus être contrôlé et de ce fait, il ne peut être poussé ni reculé. Le corps est agité puissamment sous forme de convulsions, de la ceinture pelvienne à la tête qui s’agite violemment, la nuque bascule ; souvent les vertèbres dorsales et cervicales craquent. Généralement, apparaît une de perte de conscience. Le plaisir est immense.
    La puissance orgastique est la capacité de s’abandonner au flux de l’énergie biologique sans aucune inhibition, la capacité de décharger complètement toute l’excitation sexuelle contenue au moyen de convulsions involontaires agréables au corps. Cela n’étant possible que lorsqu’il n’y a aucune cuirasse.
    Et, encore, plus intéressant, lorsque la stase énergétique est régulièrement évacuée, nous n’avons besoin de rien, uniquement l’indispensable : un toit, à manger, des habits, des relations.
    Certains termes comme énergie, stase énergétique, cuirasse demandent à être expliqués ; il manque de place pour cela. Avant la révolution du néolithique, l’humain vivait dans l’être et, certainement se trouvait naturellement au stade génital. Les travaux en ethnologie le démontre :Malinowski, Agnès Echène par exemple. Le passage au patriarcat implique que la fille arrive vierge au mariage, donc, plus de relations sexuelles avant. Donc, installation de la cuirasse caractérielle et musculaire. Avec une cuirasse, pas de stade génital, plus de libération de la stase énergétique. La stase énergétique non libérée se transforme en angoisse qu’il faut compenser. Pour cela, l’avoir convient très bien.

    • Raisonnement typiquement universitaire.
      De nos jours, les relations sexuelles hors mariage descendent à 15 ans, voir moins.
      Et la situation actuelle est bien pire que pendant le « patriarcat » ancien.
      Ce genre de raisonnement hors lutte de classe est typiquement gauchiste universitaire hors sol.

      Les entraves à la sexualité épanouissante sont sociales.
      Et toute pensée dite alternative est une pensée contre révolutionnaire.

      Gardez votre propagande gauchiste anti patriarcale sponsorisée par Soros.

      Nous avancerons sans vous.

  2. Bonjour, J’étais un cancre à l’école, je n’ai pas terminé la troisième. Mais, j’ai fais le travail, j’ai fais une végétothérapie réussi. Je parle de choses que je connais et que je pratique. En outre j’ai soixante seize ans et je suis de droite.

  3. ntéressante émission que GDC gilets jaunes du 4 juillet. Un des participants se demande si le spirituel met en marche l’histoire ou si l’histoire est mise en marche par la marchandise.
    Si nous faisons abstraction du mythe de la création, nous constatons que l’univers est formé de 99,99999 % de vide. Ce vide est énergie infini. Cela peut-être nommé le phénomène énergétique. Le 0,00001 % est de l’énergie condensée. Les particules élémentaires qui sont de l’énergie condensée forment les atomes qui forment les molécules. Nous entrons dans le minéral puis le végétal puis le biologique. Cela peut-être appelé le phénomène vie.
    La simple observation permet de constater que le phénomène vie semble soutenu par trois facteurs déterminant :
    – Continuer à vivre impérativement, (ce que nous appelons instinct de conservation).
    – S’étendre au maximum. (Effectivement sans ces deux facteurs le foisonnement de la vie ne pourrait être).
    – Contrôler la peur, (dès lors où le phénomène vie génère la conceptualisation, avec l’humain).

    En quittant le genos, l’humain fragmenté, sort de la joie, état de complétude. Il recherche le plaisir dans l‘appropriation.
    L’égoïsme, l’appropriation fragmente et n’est pas une réussite dans le long terme.
    L’empathie, la collaboration, l’entraide rassemble. C’est une piste pour le long terme qui n’empêche pas le phénomène vie de s’étendre dans ce domaine.
    Dans le végétal semble régner la concurrence mais il y a beaucoup d’entraide (voir les vidéo de Francis Hallé) ; de même dans le règne animal, (lire l’entre-aide de Kropotkine). Sans doute en était-il de même dans les communautés matrilinéaires du temps du genos.
    Il semble y avoir consensus autour de l’idée que la conscience n’est pas un produit du cerveaux ; elle pourrait être un élément du vide.
    Ce texte sans prétention.

  4. La conscience ou ce que vous appelez conscience est le produit du mode de socialisation et des relations entre individus, sans communauté, rien n’existe chez l’être humain qui est avant tout un animal social, quand on parle de conscience chez le sujet contemporain, on pourrait ajouter aliénée à la marchandise et à l’échange, une conscience qui n’en est pas une en rapport à l’être générique, mais plutôt un état de schizophrénie générale.
    Le moment révolutionnaire est justement le moment ou le faux se dérobe et ou émerge un état de conscience communautaire, dans le non séparé.
    Mais ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent, justement tout le système spectaculaire de la contre-révolution, consiste à briser ou retarder le renversement historique de cette domination.
    Sans vouloir t’offenser, franchement, je me fiche éperdument si la conscience se trouve dans le vide, ou le vortex, ce sont des spéculations subjectives loin, du mouvement de l’être.

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