C’est ainsi que la violence, au lieu de dominer la situation économique, a été au contraire enrôlée de force dans le service de la situation économique. L’esclavage était inventé. Il devint bientôt la forme dominante de la production chez tous les peuples dont le développement dépassait la vieille communauté, mais aussi, en fin de compte, une des causes principales de leur décadence. Ce fut seulement l’esclavage qui rendit possible sur une assez grande échelle la division du travail entre agriculture et industrie et par suite, l’apogée du monde antique, l’hellénisme. Sans esclavage, pas d’État grec, pas d’art et de science grecs; sans esclavage, pas d’Empire romain. Or, sans la base de l’hellénisme et de l’Empire romain, pas non plus d’Europe moderne. Nous ne devrions jamais oublier que toute notre évolution économique, politique et intellectuelle a pour condition préalable une situation dans laquelle l’esclavage était tout aussi nécessaire que généralement admis. Dans ce sens, nous avons le droit de dire : sans esclavage antique, pas de socialisme moderne.

Il ne coûte pas grand chose de partir en guerre avec des formules générales contre l’esclavage et autres choses semblables, et de déverser sur une telle infamie un courroux moral supérieur. Malheureusement, on n’énonce par là rien d’autre que ce que tout le monde sait, à savoir que ces institutions antiques ne correspondent plus à nos conditions actuelles et aux sentiments que déterminent en nous ces conditions. Mais cela ne nous apprend rien sur la façon dont ces institutions sont nées, sur les causes pour lesquelles elles ont subsisté et sur le rôle qu’elles ont joué dans l’histoire.

F. ENGELS, Anti-Dühring, Mr. E. Dühring bouleverse la science, 1878

Comments (2)
  1. Parfaitement radical : ceux qui ne veulent pas regarder l’histoire du développement des forces productives en face sont condamnés a reproduire a l’infini le même mode d’exploitation.

    Ce qui explique très bien les noirs dans des cages en Libye au 21ème siècle et bien d’autres traces d’esclavage.

    Que pense Assa Traoré de sa religion esclavagiste ? Du Mali raciste et esclavagiste ?

  2. Cette revisite ou révision du passé, plus de 300 ans après les faits n’intervient pas au hasard. Il s’agit bien entendu de conforter l’antiracisme au mépris de tout bon sens. L’antiracisme avec l’immigration massive qui sont les armes de choix du Capital contre le prolétariat et le peuple européen trop in docile.

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