Guerre de Classe présente : Réforme sociale ou Révolution ? de Rosa Luxembourg et  Contre la censure de Karl Marx (Extraits des débats sur la liberté de la presse – 1843) en livre audio !

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“Il est inexact et contraire à la vérité historique de se représenter le travail de réforme comme une révolution diluée dans le temps, et la révolution comme une réforme condensée. Une révolution sociale et une réforme légale ne sont pas des éléments distincts par leur duréé, mais par leur contenu; tout le secret des révolutions historiques, de la prise du pouvoir politique, est précisément dans le passage de simples modifications quantitatives en une qualité nouvelle ou, pour parler concrètement, dans le passage d’une période historique d’une forme de société donnée à une autre.

Quiconque se prononce en faveur de la réforme légale, au lieu et à l’encontre de la conquête du pouvoir politique et de la révolution sociale, ne choisit pas en réalité une voie plus paisible, plus sûre et plus lente conduisant au même but; il a en vue un but différent : au lieu de l’instauration d’une société nouvelle, il se contente de modifications superficielles apportées à l’ancienne société. Ainsi les thèses politiques du révisionnisme conduisent-elles à la même conclusion que ses théories économiques. Elles ne visent pas, au fond, à réaliser l’ordre socialiste, elles ne cherchent pas à abolir le système du salariat, mais à doser ou à atténuer l’exploitation, en un mot elles veulent supprimer les abus du capitalisme et non le capitalisme lui-même.”

Rosa Luxembourg- Réforme sociale ou Révolution

“Vous admirez la diversité enchanteresse, la richesse inépuisable de la nature. Vous ne demandez pas à la rose d’avoir le parfum de la violette, mais vous voudriez que ce qu’il y a de plus riche, l’esprit, ne puisse exister que d’une seule manière ? Je suis humoriste, mais la loi commande d’écrire avec gravité. Je suis hardi, mais la loi ordonne que mon Style soit modeste. Gris sur gris, voilà la seule couleur, la couleur autorisée de la liberté. Un rayon de soleil fait scintiller chaque goutte de rosée, y fait jouer une infinité de couleurs; mais le soleil de l’esprit, quelque nombreux que soient les individus, quelque variés que soient les objets où il se reflète, ne devrait produire qu’une seule couleur, la couleur offi­cielle ! L’esprit est essentiellement gaieté, lumière, et vous faites de l’ombre la seule manifestation appropriée; vous ne le voulez que vêtu de noir, et pourtant, entre toutes les fleurs, il n’en est point de noire. L’essence de l’esprit, c’est la vérité toujours elle-même, mais pour vous, quelle est cette essence ? La modestie. Seul le gueux est modeste, dit Goethe, et vous voulez que l’esprit soit ce gueux-là ? Ou s’agit-il de la modestie propre à l’homme de génie dont parle Schiller, commencez donc par changer tous vos citoyens, et surtout vos censeurs, en hommes de génie. Au demeurant, la modestie du génie ne consiste nullement à parler sans accent et à se méfier du dialecte, comme il convient au langage cultivé, mais avec l’accent du réel et dans le dialecte de sa nature. Elle consiste à oublier modestie et arrogance et à faire ressortir le réel. La modestie générale de l’esprit, c’est la raison, cette munificence universelle qui respecte dans chaque nature ce qu’elle a d’essentiel.”

Karl Marx – Contre la censure (Extraits des débats sur la liberté de la presse – 1843)

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