LES HOMMES,  L’HISTOIRE, LA PUISSANCE, LA REVOLUTION ET LE DEVENIR…

La Nature est en fait le Fils du Divin, non en tant que Fils, mais en tant qu’acte de persévérer dans l’altérité – l’Idée divine maintenue pour un temps hors de l’amour. La nature est l’esprit aliéné, hors de lui-même; l’esprit est délaissé en elle, il est un Divin bacchique sans frein et sans souci de lui-même; dans la nature se dissimule l’unité du concept … Aliénée, hors de l’idée, la nature est seulement le cadavre de l’entendement. Mais la nature est l’idée seulement en soi, si bien que Schelling l’appellait une intelligence pétrifiée, d’autres même l’intelligence gelée. Mais le Divin ne reste pas pétrifié et mort : les pierres crient et s’élèvent jusqu’à l’esprit…

Hegel, Encyclopédie des sciences philosophiques

L’universel est un moment de l’idée productive, un moment de la vérité tendant de tous ses efforts vers elle-même. Les hommes historiques, sont les hommes historico-mondiaux, ce sont ceux dont les fins abritent un tel universel…

De tels hommes, en poursuivant leurs fins, n’ont pas une conscience de l’idée en général; au contraire, ils sont des hommes politiques, à l’esprit pratique. Mais ils sont dans le même temps des hommes qui pensent et qui discernent ce qui est nécessairement nécessaire, en temps voulu… Les hommes historico-mondiaux, les héros d’une époque, doivent donc être reconnus comme ceux qui sont doués de clairvoyance; leurs actions, leurs discours, constituent le meilleur de leur époque…

L’esprit en marche est l’âme intérieure qui traverse tous les hommes, mais une intériorité inconsciente, que les hommes de puissance amènent pour eux à la conscience. C’est pourquoi ces entraîneurs d’âmes sont suivis par les autres hommes, qui sentent la force irrésistible de leur propre esprit intérieur venir à leur rencontre…

Tout ce qui se passe au ciel et sur terre – se passe dans l’éternité –, la vie du Divin et tous les événements temporels, tout tend seulement à faire que l’esprit se connaisse, se rende objectif à lui-même, se trouve, devienne pour lui-même, fusionne avec lui-même. L’esprit est dédoublement et aliénation, mais … c’est simplement pour pouvoir ad-venir à lui-même…

Ce n’est que dans la pensée que toute étrangèreté devient transparente, a disparu; car l’esprit s’est ici affranchi, d’une manière absolue

Ainsi l’esprit s’oppose en lui-même à lui-même : … il a pour tâche de se surmonter lui-même, comme le véritable obstacle hostile à soi-même; le développement, qui dans la nature est une calme émergence, est dans l’esprit un combat d’une dureté infinie contre soi-même. La volonté de l’esprit est ainsi d’atteindre son propre concept; mais il se le dissimule, et il est fier et empli de jouissance dans cette aliénation de soi-même…

Hegel, Leçons sur la philosophie de l’histoire

Ce qu’on appelle histoire universelle n’est rien d’autre que la production de l’homme par le travail humain, que le devenir de la nature pour l’homme. Il y a donc là la preuve évidente, irréfutable, de la naissance de l’homme par lui-même, ainsi que du processus qui le fait naître…

Marx, Manuscrit de 1844

Les formes économiques sous lesquelles les hommes produisent, consomment, échangent, sont transitoires et historiques. Avec de nouvelles facultés productives acquises, les hommes changent leur mode de production, et avec le mode de production ils changent tous les rapports économiques qui n’ont été que les relations nécessaires de ce mode de production déterminé.

Marx, Lettre à Annenkov, 26 décembre 1846

La révolution communiste est dirigée contre le mode d’activité antérieur, elle supprime le travail et abolit la domination de toutes les classes en abolissant les classes elles-mêmes, parce qu’elle est effectuée par la classe qui n’est plus reconnue comme telle et qui est déjà l’expression de la dissolution de toutes les classes…

Marx-Engels, L’Idéologie allemande

Le travail est de prime abord un acte qui se passe entre l’homme et la nature… L’homme y joue vis-à-vis de lui-même et vis-à-vis de la nature le rôle d’une puissance naturelle. Les forces dont son corps est doué, bras et jambes, tête et mains, il les met en mouvement afin de s’assimiler des matières en leur donnant une forme utile à sa vie. En même temps qu’il agit par ce mouvement sur la nature extérieure et la modifie, il modifie sa propre nature et développe les facultés qui y sommeillent.

Le Capital, Livre I

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