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  1. Le discours de Cousin est peu compréhensible. A 21 minutes, Francis Cousin dit que la démocratie par essence c’est l’esclavage, c’est à dire que dans le cadre foireux d’une société marchande, la décision populaire ne peut pas amener une révolution et maintient le système en place. Et pourtant, il admet l’existence d’une « lutte radicale » possible. J’en déduis donc que seule une minorité peut mener une lutte radicale, puisque selon Cousin, la majorité prendra des décisions qui ne feront qu’aménager la condition d’esclavage. Cela paraît être un a priori. Rien ne peut permettre de prévoir ce qu’il se passerait si, sur une longue période, les décisions étaient prises par la population et non plus des “représentants”. Il est évident que si l’on continue avec un système parlementaire, où les “représentants” ne sont pas représentatifs de la population et ne peuvent donc pas la représenter et font perdurer un système élitiste (oligarchie), alors là on est mort. Par contre, si la démocratie devient directe, c’est à dire si la population devient impliquée dans les décisions, comment prédire avec certitude ce qu’il va se passer ?

    • Bonjour,
      Le vocabulaire est en effet complexe, parce que la réalité elle-même est complexe, c’est pourquoi il est nécessaire de produire un effort significatif et de s’armer des concepts qui permettent de le décrire.
      Le problème aujourd’hui n’est pas de savoir qui devrait tenir les rênes de la politique, puisque la politique n’est-elle même que la codification d’un rapport de production déjà présent. De tout temps, ceux qui ont géré le pouvoir politique n’ont fait que subir ses conditions, et ratifier les lois qui y correspondaient. Il est nécessaire de s’inscrire à l’opposé de l’idéalisme qui voudrait que les idées et les bonnes volontés façonnent l’histoire, alors qu’elles ne sont elles-mêmes que la résultante de rapports sociaux donnés.

      La loi, la constitution, les institutions, populaires ou non, ne sont pas des outils neutres qu’il s’agirait d’orienter dans un sens ou dans l’autre, mais les appendices du pouvoir étatique qui ne peuvent prétendre abolir le mode de production capitaliste. Penser le contraire c’est méconnaitre ce qu’il est en réalité. Le travail salarié, la division du travail, la valeur d’échange, tels sont les éléments qui se trouvent au cœur de la production capitaliste, un pouvoir politique pourrait tout au plus réguler le cadre dans lequel ils se meuvent, la répartition de la production par exemple, bien que la concurrence du marché mondial ne tarderait pas à y venir exercer une correction.
      .
      Si nous ne pouvons connaitre l’avenir avec exactitude, nous avons néanmoins la certitude que, démocratie directe ou non, tant que la production marchande et sa loi de la valeur perdurent, alors les crises périodiques se répèteront, entrainées par le mécanisme de la baisse tendancielle du taux de profit. Et les épisodes de luttes de classes radicales se manifesteront d’autant plus intensément que la crise de valorisation du capital sera profonde, mettant les prolétaires devant l’impossibilité d’une vie humaine au sein du monde de l’argent.
      En dernière instance, c’est bien la démocratie directe qui est la meilleure alliée du capital en créant l’illusion qu’il serait possible d’équilibrer la production capitaliste.

      Concernant les très nombreux points que vous soulevez nous pouvons vous renvoyer dans un premier temps vers “Les luttes de classes en France” de Marx, “Réforme ou révolution” de Rosa Luxembourg, et plus largement sur les lois objectives du mode de production capitaliste à travers les textes radicaux tels que le Capital et ses ébauches…

      Bien à vous,

    • Bonjour,

      Au regard de votre question une remarque se dégage. De quoi parlent les auteurs que vous citez? Se battent ils pour changer radicalement le monde actuel, ou se débattent ils surtout avec le monde nuageux des idées?

      Nous ne nous battons pas pour un monde “idéél” ou “idéal” mais un monde humain. Et cela ne peut passer que par la transformation du monde réellement inhumain actuel. Par quoi passe l’inhumanité de ce monde ? Et bien, par l’Etat, l’argent et le salariat. Source de l’aliénation humaine…

      Que proposent les auteurs que vous citez? S’attaquent ils au monde substantiel de l’aliénation? Absolument pas. Ils pactisent avec la réalité actuelle de ce monde pourri et prétendent qu’avec les formules magiques idéologiques qu’ils ont imaginées dans leur cerveaux – une fois appliquées – cette réalité sera toute autre.

      Cependant, ne comprenant pas eux même d’où leur viennent ces “idées miraculeuses” ils finissent par les autonomiser et ne plus se battre que pour elles… Au détriment de toute compréhension historique, au détriment de toute compréhension déterministe et donc en dernière instance forcément au détriment de toute lutte humaine possible…

      La lutte n’est plus placée ici bas contre ce monde marchand, mais est placée dans un ailleurs idéel qui n’a d’ailleurs de sens que dans la tête de ceux l’ayant posée intellectuellement en propriété privée… Jusqu’à temps que le prolétariat finisse par jeter quelques pavés bien réels à la figure de ces penseurs éthérés. En un mot, leur vie n’étant basée que sur la philosophie, ils inversent tout et finissent par déclarer sain(t) ce qui est incurable.

      Toutes les idéologies naissent de ce simple fait que ce n’est pas le vrai monde qui intéressent les penseurs, mais l’abstraction, le fantasme… L’absence pour tout dire… Mais cela ne vient pas simplement de leur propre fait, mais bien du fait également que c’est le capitalisme dans sa domination réalisée qui fait pousser comme des champignons ce type de compréhension.

      Toute littérature en domination réelle se réclament d’une découverte nouvelle est le produit d’une abstraction supérieure… Ce sont donc des leurres les plus absolus qui soient (on en a eu la preuve avec Foucault, Lacan, Althusser, Bourdieu, Claude Lévi Strauss…etc)

      On peut donc conclure qu’en domination réalisée du capitalisme il faut renouer avec les bases de l’intelligence déterministe : Hegel, Marx, Engels, Luxemburg, Pannekoek etc… Debord, Pierre Guillaume et les groupes radicaux se des années 60 à 80… Pour ce qui est de la réalité contemporaine.
      Mais surtout, cesser de chercher dans la littérature de l’idéologie dominante des réponses intelligentes qui nous éclairent sur le pourquoi du monde.

      Donc certes, Lisez ! Les lectures sont indispensables pour quiconque veut savoir… Mais ne perdez pas votre temps avec des lectures abrutissantes.
      Il faut lire, non pas pour faire des cafés philosophiques, mais pour cesser d’être dupes et trouver ainsi la claire certitude des explications possibles…

      Quand on sait, on ne doute plus, et ainsi on peut lutter. Quand on hésite, on se recroqueville et on finit dans l’errance….

      Bien à vous.

  2. Bonjour, le discourt de F. Cousin est complexe et il refuse de faire le moindre effort. Il prétend que c’est à celui qui l’écoute de faire l’effort de comprendre. J’écoute F. Cousin depuis qu’apparaissent ses vidéos, je lis également ses livres. J’ai compris assez facilement car je m’intéresse à l’ethnologie depuis longtemps ; cependant, le problème est le sens des mots. De part mes activités, je fréquente beaucoup de gens. Je pense entre autres à une activité, peut-être la seule qui réunit toutes les couches de l’échelle socio-culturelle. Bien sûr, je parle de Cousin chaque fois que j’en ai l’opportunité et je dispense généreusement ses vidéos. Tout le monde est intéressé mais, tout le monde me dit : » nous n’y comprenons rien » Deux amis de cette activité m’ont avoués qu’ils écoutaient ensemble et appuyaient sur pause afin d’essayer de comprendre en débattant entre eux.
    J’ai à plusieurs reprises tenté l’expérience suivante : en général je choisi quelqu’un qui a un très bon niveau intellectuel et je lui pose la question suivante : « selon toi qu’est ce que la dialectique ? » En générale j’ai la réponse suivante : « c’est l’art de la discussion, du débat, thèse, anti-thèse, synthèse « . Et bien non, pour Marx c’est une relation humaine et pour Hegel cela est encore différent. Il est vrai que dans cette activité une personne comprend Cousin et Hegel sans difficulté ; elle a un doctorat en lettre classique.
    J’ajoute et j’en suis peiné, souvent les amis (es) me disent arrête avec Cousin je n’écoute plus.
    Deux solutions : Faire un lexique comme font beaucoup de scientifiques ou rester dans l’entre-soi de ceux qui comprennent et, ils ne sont pas nombreux.

    • Bonjour,

      Merci pour votre message.
      La question que nous vous poserions en priorité c’est que rien ne se fait sans un minimum de compréhension historique… Le propre du Capital est de nous enfermer dans l’indistinction. Donc votre question est subjective et non historique. On ne peut pas répondre à une telle question par le subjectif.
      Il faut un peu de sérieux tout de même pour commencer à comprendre… Lisez et avancez. Cessez surtout de vous relier à vos émotions de surface subjectives. Elle sont le produit de l’aliénation et de la division du travail… Faites un effort pour unifier un minimum vos propres éclatements…

      Les résolutions ne sont jamais individuelles ! Et l’éclatement de l’arbitraire dont vous nous faites par prouve que votre arbitraire est une incapacité à se relier au concept…

      Pour aller plus loin dans la problématique des questions subjectives : Il n’y a pas de résolution des questionnements individuels par l’individuel. Il y a résolution uniquement par notre capacité à saisir l’universel. En effet, rien n’est résolu dans les questionnements humains par autre chose que le concept. Le concept n’étant pas un objet bien évidemment, mais la vérité vécue du rapport social humain qui sait sa propre réalité comme étant factuellement incontestable puisque non séparée de la production humaine qui le fait naître… Nous n’avons pas raison parce que nous décrétons, nous avons raison par la capacité à nous plier à cette réalité historique que le concept expose en totalité dans sa pure essentialité.

      Le fétichisme de la marchandise est le concept central essentiel qui permet de comprendre le tout. Il n’est pas une émotion poétique, il est le regard exacerbé le plus ajusté à ce que le monde humain dit et exprime dans sa pratique sociale actuelle : le capitalisme.
      Dès lors où les individus se mettent à penser en dehors du concept, la réalité se vide de sa substance et naît ainsi la folie des présomptions toutes plus arbitraires les unes que les autres.

      Par la perte du fil méthodologique, se réalise intrinsèquement la perte de l’être. Pourquoi? Parce qu’elle prétend réaliser l’être – sa compréhension -, mais toujours en dehors de sa pratique humaine – donc de sa nature -, conduisant par la même occasion la réalité dans des irréalités toujours plus chimériques, au seul profit individuel du narrateur propriétaire et de son “originalité spécifique”. En un mot la réalité charnelle et globale est aspirée dans le coeur égoïste du seul individu, qui plaque ainsi sa volonté sur le monde, au détriment du monde universel. Il ignore cependant que c’est bien plutôt la marchandise – donc le concept dont il ignore tout – qui lui imprime son caractère émotif et cette naïveté anti-historique.

      Bon Cheminement

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