Comments (4)
  1. Bonjour,

    Je sens bien que le credo d’Étienne Chouard, “revenir à la cause des causes”, est clairement ici magnifié par Francis Cousin.
    Seulement l’idée selon laquelle seule l’abolition de l’argent permettrait se sortir de l’aliénation et de l’esclavagisme moderne doit en faire flipper plus d’un ! Comment faire comprendre à un junky que sa came le rend con, qu’il doit arrêter et que seulement alors il ira mieux?
    Si on considère que seul le but compte alors je pense que FC devrait chercher une manière douce, progressive et à la portée de tous pour semer ses graines. Le prolétariat sur lequel il mise tout ne doit, à mon avis, pas comprendre grand chose à ce qu’il raconte. Il y a là une contradiction majeure, le public visé et la forme du message ne sont pas compatibles.
    Il me semble qu’un effort a été fait sur la dernière interview au sujet des gilets jaunes, à moins que je ne me sois habitué au langage de FC… Toujours est-il que FC doit se demander à qui s’adressent ses vidéos.
    D’après ce qu’il explique le prolétariat n’a même pas besoin de lui pour aller dans la rue et cela se vérifie en ce moment mais alors pourquoi tant d’énergie dans des discours masturbatoires à destination d’intellos qui, pour la plupart, ne revêtiront jamais une gilet jaune?
    Le discours d’EC est lui suivi et relayé par un max de personnes parce qu’il est accessible, c’est peut-être dommage mais c’est un fait… qu’en pensez-vous?

    Quoi qu’il en soit je continuerai d’écouter FC, il me décrasse positivement et son travail de compréhension et de synthétisation de l’œuvre de Marx m’est d’une grande aide.
    Merci pour cela.

    Stéphane

    • La critique ne cherche pas à prendre les gens pour ce qu’ils sont immédiatement et dans l’apparence mais parle du fondement de ce qui nous fait souffrance. Si c’était facile ça ne serait pas révolutionnaire. Il peut avoir un différentiel de langage mais il ne s’agit pas de vulgariser les plus grandes interrogations voir de les amputer de leur complexité; ça serait opportuniste, sacrifier le but réel et de longue durée pour un succès immédiat, et donc dénué de tout devenir.
      Seule la crise peut faire converger la conscience pratique vers la compréhension de ce qui lui est réellement aliéné par cette vie d’esclave, c’est à cet esclave là qui sera demain l’humanité entière que nous nous adressons.

      Bonne fin de journée, et à bientôt sur les barricades.

  2. Au Québec, à une époque, on nous a présentés comme les « nègres blancs d’Amérique ». Rendu à mon époque, il était plutôt question des « indiens blancs d’Amérique ». On a lâché l’école, fait la fête, on est partis construire des wigwams pour vivre dans le bois en communautés éparpillées aux quatre coins de la province.

    Je pense que c’était une mise en pratique de l’idée exprimée par Francis Cousin de vivre hors du rapport marchand. Ça a duré le temps que ça a duré, mais c’était un pas dans la bonne direction.

    J’aurais préféré que Francis et Étienne se comprennent mieux, parce qu’on a besoin des deux.

    Francis Cousin garde la vision claire de l’objectif à atteindre, sans jamais se laisser détourner par l’ampleur de la distance qui nous sépare du moment de l’atteindre.

    Étienne Chouard voit la complexité du monde moderne et n’arrive pas à l’arrimer à la simplicité de la vision de Francis Cousin. J’ai l’impression qu’Étienne pense que s’il n’y avait plus de rapport marchand, il n’y aurait plus de marchandises ni d’échanges. Pourtant ce n’est pas ça qu’il dit Francis Cousin. Si du jour au lendemain, on se réveillait de la société du spectacle marchand, les gens n’oublieraient pas leurs compétences, leurs savoir-faire, leur rôle dans la vie. On cesserait tout simplement de faire les jobs inutiles qui ne servent qu’au maintien de l’infrastructure du système marchand. Déjà on récupère le tiers de notre force de travail. Puis on se réparti l’ouvrage dans la bonne humeur. On s’occupe des vieux, des enfants, des malades, on construit, on répare, le tout sans attribuer une valeur arbitraire à quoi que ce soit.

    Je suis d’accord avec Francis Cousin que nous savons exactement ce que nous avons à faire, que le rapport marchand ne fait que nous empêcher de le faire simplement et que tout cela fausse notre conscience et notre présence dans le monde.

    Et je pense que la meilleure façon de transcender le rapport marchand c’est d’apprendre à vivre dans le moment présent. De prendre nos distances face aux croyances. De comprendre que ce n’est pas le présent qui est la conséquence du passé, c’est le futur qui est la conséquence du présent.

    Nous n’avons besoin de personne pour nous gouverner, nous sommes parfaitement capables de nous gouverner nous-mêmes.

  3. Bonjour;

    Un débat qui avait su être particulièrement intéressant et qui l’est toujours d’ailleurs. Cependant, au vue des dernières interventions vidéo de monsieur Chouard, force est de constater que les graines semées par monsieur Cousin n’ont pas encore portée leur fruits.

    Il est également intéressant de noter qu’en parallèle, au travers du RIC et autres impostures, le mouvement gilet jaune connaît les prémices du cheminement qui lui feront réaliser l’impossibilité de la transigeance, et de la concession : le système arrive au fameux moment où son auto-déliquescence implicite commence à être débattue et donc comprise par ses esclaves.

    Il m’est difficile de ranger Chouard dans le camp des “récupérateurs” de la lutte qui , dans une vision Proudhoniste, se ruent sur le prolétariat avec leur Grenelle qui aménagent la servitude, pourtant, comme toujours, l’Histoire tranche et on le découvre dans l’étendue de sa destination.

    Chacun fait l’expérience sociale du procès de caducité du “monde” à son rythme.

    Bien à tous, vive la vie.

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