Voici le dernier entretien réalisé avec Francis Cousin sur le communisme. Ce premier entretien est une introduction. Le sujet étant tellement vaste et faisant appel à tellement d’aspects de la totalité de la vie, que nous vous proposons de nous adresser vos questions sur le sujet dans la section “Nous contacter”.

“Le communisme, abolition positive de l’appropriation privative (elle-même aliénation humaine de soi) et par conséquent appropriation réelle de l’essence humaine par l’homme et pour l’homme ; donc retour total de l’homme pour soi en tant qu’homme social, c’est-à-dire humain, retour conscient et qui s’est opéré en conservant toute la richesse du développement antérieur. Ce communisme en tant que naturalisme achevé = humanisme, en tant qu’huma­nis­me achevé = naturalisme; il est la vraie solution de l’antagonisme entre l’homme et la nature, entre l’homme et l’homme, la vraie solution de la lutte entre existence et essence, entre objectivation et affirmation de soi, entre liberté et nécessité, entre individu et genre. Il est l’énigme résolue de l’histoire et il se connaît comme cette solution.

Le mouvement entier de l’histoire est donc, d’une part, l’acte de procréation réel de ce communisme – l’acte de naissance de l’existence de son expérience  – et, d’autre part, il est pour sa conscience pensante, le mouvement compris et connu de son devenir.

Karl Marx,  Manuscrits de 1844

“Le communisme est la connaissance d’un plan de vie pour l’espère humaine”

Bordiga, Propriété et capital, 1952

Comments (5)
  1. Bonjour à toute l’équipe Guerre de Classe.
    Francis Cousin nous explique, en se référant à Marx, que en définitive ce qui compte ce n’est pas ce que peut s’imaginer un groupe de prolétaire ou même le proletariat dans son ensemble mais ce qu’il sera contraint de faire collectivement. Aujourd’hui encore, on constate que le nombre de prolétaire investit est minime par rapport au nombre de prolétaire endormi. Pensez vous que c’est au moment où le proletariat sera contraint d’agir que la question stratégique du nombre s’inversera en sa faveur et qu’une majorité d’homme s’engagera dans le combat pour l’émancipation humaine contre l’argent, l’état et le salariat?
    Autre question, lorsqu’on écoute Francis Cousin, il nous donne le sentiment que le combat du proletariat ne peut pas échouer. Est ce juste une impression ou est ce le sens de l’histoire que rien ne pourra faire dévier de sa trajectoire?
    Merci d’avance pour vos réponses lors de votre prochain entretien si toutefois vous décidez de retenir ces questions.

    • Bonjour à vous,
      il n’y a pas de question stratégique du nombre mais qu’une question de lutte de classes. C’est l’impossibilité du mode de production capitaliste devenu monde qui permettra au prolétariat devenu universel de s’auto-abolir en tant que classe et d’abolir de fait les classes. Le combat révolutionnaire n’est dans ce sens pas un combat de muscle ou de technicité. Ce sont les possibilités de reproduction sur la durée des modes de productions qu’incarnent les hommes en lutte qui sont déterminantes dans la victoire ou non.
      Merci pour votre message et à bientôt,
      GDC

    • Nous trouvons la réponse à votre question dans le paragraphe précédent et celui qui contient cette phrase.

      Marx nous parle de l’État politique parfait au sens de Hegel, il démontre que cet État est une séparation de la vie réelle des hommes. La vie générique correspond à l’universalité de la condition humaine… mais qui est idéelle pour Hegel (vie générique par opposition à sa vie matérielle). L’État est par essence une sphère séparée d’aliénation de l’Homme.
      Le communisme comprend cette vie générique comme fondamentalement pratique et non pas politique… Donc à bas l’État et la politique !

      Bien à vous,
      GDC

  2. Pingback: Radio GDC : Introduction au communisme. Qu’est ce que le communisme ? – Radio Fiat+⁄-Lux

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