Dialectique Révolutionnaire de l’Histoire et Déterminisme du Temps nécessaire ou comment la biologie du Capital est d’abord l’auto-devenir de sa nécrologie obligée


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“Ce n’est pas moi mais le Logos qu’il faut savoir en-tendre pour com-prendre que le Tout est bien le Un.”

Héraclite, Fragments


“L’histoire mondiale est le tribunal du monde (Die Weltgeschichte ist das Weltgericht)…”

Hegel, Principes de la philosophie du droit


“Au moyen âge, il y avait en Allemagne un tribunal secret, la ” Sainte-Vehme “, qui vengeait tous les méfaits commis par les classes dominantes. Quand on voyait une croix rouge sur une maison, on savait que son propriétaire aurait affaire à la Sainte-Vehme. Aujourd’hui, la croix rouge mystérieuse marque toutes les maisons d’Europe. Le juge, c´est l´histoire – l´exécuteur du verdict, c´est le prolétariat.”

Marx, Les révolutions de 1848 et le prolétariat


Toute cette merde doit se diviser en 6 livres :
1. Le Capital
2. La Propriété foncière
3. Le Travail salarié
4. L’État
5. Le Commerce international
6. Le Marché mondial

1. Le Capital se subdivise en 4 sections :
a) Le Capital en général…
b) La Concurrence ou action réciproque des multiples capitaux…
c) Le Crédit…
d) Le Capital par actions, comme forme la plus achevée avec simultanément toutes ses contradictions (conduisant au communisme)…
…l’établissement généralisé du travail salarié comme fondement de toute cette merde.”

Marx à Engels, le 2 avril 1858


“La suppression de l’appropriation privée… pré-suppose, enfin un processus universel d’appropriation qui se fonde nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle requiert une union obligatoirement universelle à son tour – de par le caractère du prolétariat lui-même – et donc une révolution qui… se doit de développer le caractère précisément universel du prolétariat.”

Marx-Engels, L’idéologie allemande


“Dans le marché mondial, la connexion de l’individu singulier avec tous, mais en même temps aussi l’indépendance de cette connexion par rapport aux individus singuliers eux-mêmes, a atteint un tel degré de développement que sa formation inclut déjà en conséquence, simultanément, les conditions d’élaboration rendant possible d’en sortir.”

Marx, Grundrisse


“Le mode de production capitaliste lui-même n’est pas immuable et éternel si on le considère dans la gigantesque perspective du devenir historique; il est aussi une simple phase transitoire, un moment dans la colossale échelle de l’évolution humaine, comme toutes les formes de société qui l’ont précédé. Examinée de plus près, l’évolution du capitalisme le mène à son propre déclin, elle le mène au-delà du capitalisme. Nous avons jusqu’ici recherché ce qui rend possible le capitalisme, il est temps maintenant de voir ce qui le rend impossible. Il suffit pour cela de suivre les lois internes de la domination du capital dans leurs effets à venir.”

Rosa Luxemburg, Introduction à l’économie politique


“Le Capital ne peut plus reproduire la vie normale du spectacle de la marchandise effective puisque la vie normale du spectacle capitaliste ne peut plus justement se reproduire effectivement comme marchandisation. Autrement dit, c’est dire là que l’indistinction devient indistincte à elle-même puisque le fétichisme de la marchandise ne peut plus reconduire le marché des fétiches… Pour la première fois de son histoire, la valeur d’échange rend impossible l’échange des valeurs. En effet, en appréhendant correctement le déterminisme de l’histoire et selon l’œuvre radicale des prévisions du groupe Marx-Engels qui va des Grundrisse au Capital ; le Capital entre en crise mortelle irréversible lorsque l’argent comme rapport social de la circulation de l’exploitation – totalement réalisée – voit historiquement s’auto-invalider la triade constitutive de sa nécessaire formalisation :

– quand en tant qu’unité de compte des calculs de la chosification, la monnaie ne peut plus objectivement se compter comme unité de la chosification calculée.

– quand en tant que réserve de valeur des calculs de la chosification, la monnaie ne peut plus objectivement se valoriser comme réserve de la chosification calculée .

– quand en tant qu’intermédiaire des échanges des calculs de la chosification, la monnaie ne peut plus objectivement inter-médier les échanges et donc s’échanger comme inter-médiation de la chosification calculée.”


PROLOGUE à la réédition de la CRITIQUE DE LA SOCIETE DE L’INDISTINCTION


“La domination totalement réalisée du spectacle de la valeur a accouché au terme du cycle 1968-2018 du mouvement d’irruption de la crise finale du taux de profit… Cela n’est point alors la simple amorce d’un temps bref de chute brutale et mécanique d’un taux de rendement industriel devenu statistiquement impossible au regard de la quantitativité commerciale et financière. C’est à l’inverse, le devenir dialectique d’un temps historique long et douloureux qui rend compte d’un taux de reproduction historique où l’impossible restructuration qualitative du mode de production capitaliste impulse le mouvement déterministe de la dialectique d’auto-caducité de la loi de la valeur elle-même. C’est le commerce de la finance qui liquide la finance du commerce lorsque la servitude de l’économie démolit l’économie de la servitude…”


DU SPECTACLE FETICHISTE DE LA MARCHANDISE MONDIALE ET DE SA CRISE FINALE…

Comments (15)
    • Bonjour,

      Il faut faire attention aux mots employés, il ne peut y avoir de restructuration durable du Capital puisque le Capital est par essence le dépassement permanent de ses limites dans l’exploitation du travail humain dans le cadre d’une reproduction toujours plus élargie, ce qui le conduira à son auto-invalidation. D’ailleurs, le concept de « Trente Glorieuses » est issu de l’économisme et cherche à présenter cette période comme étant une période de croissance idyllique pour mieux voiler la réalité des contradictions qui travaillaient en profondeur… Comme cela est bien développé dans ce texte http://guerredeclasse.fr/2018/11/20/il-y-a-50-ans/, la période de reconstruction qui a suivi la seconde boucherie impérialiste, n’échappant pas à la loi de la baisse du taux de profit et à la saturation des marchés, et s’étant vue marquée par le rattrapage des balances commerciales européennes et japonaises sur les balances commerciales américaines devenues déficitaires, n’a pu qu’aboutir à la dématérialisation de la monnaie et l’entrée du Capital dans sa phase de domination réelle supérieure, dans laquelle il ne peut plus faire autrement que travailler désormais activement à son auto-dissolution. Ainsi, cette période n’est pas « un sursaut d’énergie » du Capital mais bien un moment nécessaire de son histoire devant l’amener à rentrer irrémédiablement dans son procès de sénescence…

  1. Salut à toutes et tous,

    Question :

    “Est ce que le prolétariat est la seule classe révolutionnaire dans la société?”

    il n’y a rien dans la théorie de Marx qui dit que l’accumulation conduit à une révolution prolétarienne, mais il n’y a rien dans la théorie de Marx qui dit que le prolétariat est la seule classe révolutionnaire de la société bourgeoise.
    L’Accumulation ne peut jamais déclencher une révolution prolétarienne, mais elle constitue une révolution dans les conditions de production.

    Marx l’écrit dans critique du programme de Gotha, et Marx a montré pourquoi cette croyance est fausse.

    Ceci suggère que, même si l’accumulation capitaliste n’est pas le déclencheur d’une révolution prolétarienne, le processus d’accumulation lié avec le capital est en lui-même révolutionnaire.

    Le Capital est un révolutionnaire de la relation sociale composée de deux, et non pas d’ un, révolutionnaire qui ne cesse révolutionner toutes les conditions de la société.

    La seule distinction à faire entre les deux classes est la suivante: une classe est relativement révolutionnaire, tandis que l’autre classe est absolument révolutionnaire.

    La classe bourgeoise est révolutionnaire par rapport à toutes les précédentes classes dominantes, tandis que les prolétaires sont révolutionnaires par les rapports de classe de la société elle-même.

    Si le profit est le produit du travail vivant seul et la demande de travail vivant dans la production est en baisse par rapport à l’augmentation des machines, de la science et de la technologie, cela implique que dans le temps, les bénéfices vont baisser par rapport à l’investissement total.

    Ce qui signifie, même si nous n’avons pas plus d’accélération révolutionnaire, le développement capitaliste, par exemple que la RPC est en train de le faire aujourd’hui, nous n’allons pas vers “l’ apocalysssse” mais vers une société dont les bases techniques ont déjà fait le plus de communisme possible.

    Un salut particulier à Ce qui signifie, même si nous n’avons pas plus d’accélération, le développement capitaliste, (par exemple que la RPC rapport de production du capital est en train de le faire aujourd’hui), nous n’allons pas vers l’ apocalypse, mais vers une société dont les bases techniques ont déjà fait le plus de communisme possible.

    Un salut particulier à Valention, dont les directions mont permises de creuser, salut cordial à Guerre de Classe.

  2. Empiriquement, le communisme n’est possible que comme acte des peuples, qui présupposent le développement universel des forces productives et les rapports mondiaux liés au communisme.

    En outre, la masse des travailleurs sans propriété – la situation totalement précaire du travail – c’est un pouvoir à grande échelle coupé du capital ou d’une satisfaction même limitée et, par conséquent, non plus seulement privé temporairement du travail lui-même comme source sûre de vie que présuppose le marché mondial par la concurrence.

    Le prolétariat ne peut donc exister que dans l’histoire du monde, de même que le communisme, son activité, ne peut avoir de réalisation que d”une existence “historique mondiale.
    L’existence mondiale-historique des individus signifie l’existence des individus qui est directement liée à l’histoire mondiale.

    Le communisme n’est pas un état de choses à établir, un idéal auquel la réalité doit s’adapter.
    Le communisme c’est le mouvement réel qui abolit l’état de choses actuel.

    Et les conditions de ce mouvement résulte des prémisses qui existent actuellement.

    • C’est en cela que le communisme nous parle d’un autre monde. Où les hommes seront débarrassés de ce qui les a amenés à faire advenir ce qui les asservie. Est-ce que l’Homme doit muter, est-ce l’Évolution qui va le faire devenir “bon”? Car le processus qui a fait émerger la révolution néolithique, s’il ne vient pas de l’homme lui-même, d’où vient-il ?
      Autant la tradition communiste radical avec l’éclairage tripal qu’apporte Francis, permet de se situer et de se tenir droit face au spectacle de la Marchandise en mouvement, autant la fable des lendemains qui chantent (jouir de la vraie vie dans la communauté générique accomplie) me paraît relever plutôt d’ une dimension religieuse non assumée, ou de la confiance en la sage conscience immanente au monde où à la fin tout s’arrange?

      • Une indication sur le taux de profit, rentabilité du capital (la boussole).
        En 1849 le taux de profit avoisine les 45%.
        La moyenne annuelle des taux de profit du cycle 2002 – 2008 n’est plus que de 9,9%, retombant au niveau du cycle 1982 – 1992 (9,9% également), alors que celle du cycle intermédiaire 1992 – 2002 s’élevait encore à 10,6%.

        • Un point décisif : la loi de la baisse du taux de profit n’est pas une question de rendement industriel.

          Nous avons tous les universitaires, péri-universitaires, marxistes ou marxologues qui, premièrement, ne parle pas de la crise du coronavirus comme étant la crise du taux de profit et deuxièmement, se perdent dans des calculs à l’infini, justement pour leur permettre de ne pas parler du premier point ! Surtout, ne tombez pas là dedans !
          Il faut sortir de tous les débris marxistes en décomposition, ils n’ont rien compris à la fameuse première section du Capital sur le fétichisme de la marchandise (si ce n’est pas pour dire de passer outre ! Que c’est un délire philosophique de jeunesse…).

          Comme expliqué dans l’émission, c’est le fétichisme de la marchandise comme fondement du Capital qu’il est essentiel de saisir.
          La loi de la baisse du taux de profit, c’est donc le rapport qualitatif entre la vie de l’homme et sa dépossession par sa propre production qui se cristallise sous la forme de machines.
          Sauf qu’on peut exploiter un homme, en ne lui payant pas la totalité de sa fatigue, mais on ne peut pas exploiter une machine ! Chaque seconde d’usure de la machine coûte.
          A cause du rapport avec les différents capitaux, ils sont pourtant obligés d’accumuler toujours plus de machines pour vendre moins cher, ce qui fait baisser le taux de profit…
          Mais, le fondement, c’est le fétichisme de la marchandise, et donc aujourd’hui, la situation n’est pas la même qu’en 1850 si l’on regarde le taux de profit, parce que nous sommes passés dans un stade d’accumulation frénétique de crédit chimérique, anticipant une valorisation future qui ne viendra jamais.
          Le rapport au taux de profit est donc qualitativement différent… Toute la question de la crise finale, c’est l’invalidation totale de la valorisation (même fictive) du Capital.

          Le communisme, c’est ce que les hommes seront forcés de faire, en accord avec leur être générique pour vivre, justement parce que le rapport social capitaliste est entrain de s’invalider et que la communisation deviendra nécessaire et transformera les hommes comme les hommes transforment leurs conditions de vie.
          C’est donc une question objective de moyens de production, le capital devient un frein pour le développement des forces productives humaines, c’est ce qui le fait tomber et maintenant que la prolétarisation mondiale est achevée, le processus de renversement du Capital ne peut qu’aboutir à l’abolition du prolétariat mondial et donc au communisme.
          Ce n’est pas une croyance, c’est une certitude déjà advenue si on comprend l’être générique, qui ne peut pas s’exprimer et s’extérioriser tant qu’il est cadenassé par la conscience fausse, l’aliénation, le fétichisme de la marchandise, tout ça, ce sont des rapports sociaux, ce n’est pas la nature humaine qui flotterait dans les airs et condamnerait les hommes à la merde de l’économie politique jusqu’à la fin des temps !

          Pour essayer de saisir ce point, lisez l’idéologie allemande mais aussi l’introduction de 57 (http://guerredeclasse.fr/2019/03/06/introduction-a-la-critique-de-leconomie-politique1857/) et comprendre toute la dynamique du rapport de production (en tant que rapport social de production !), ainsi que les manuscrits de 44 et les textes de la rubrique : http://guerredeclasse.fr/comprendre-la-crise-actuelle/

          • Bonjour Valentin,

            Comme vous le faites si bien remarquer, si on reste coincé dans l’examen permanent et diverses statistiques sur la baisse du taux de profit, on peut tourner en rond et déboucher sur une impasse de compréhension décisive, pour la petite histoire je suis tombé sur un blog ou la personne, attends depuis 2007, la chute du taux de profit, en publiant statistiques sur statistiques, et lors de l’épisode SYRIZA il pensait qu’enfin une ouverture vers la communisation était possible (peut être au fond que le communisme pour cette personne c’est le capitalisme d’Etat), la réalité l’a ramené sur terre, on sait que le communisme ça ne peut pas être localisé (marché mondial), l’imposture Chiapas également une robinsonade qui ne peut pas se prétendre communiste, à un moment donné elle est obligée de vendre sa marque “made in Chiapas”.

            Pour les écrits de jeunesse de Marx, certains comme Althuser, pour les mettres les écrits à distance ont parlé de rupture épistémologique, alors que l’oeuvre de Marx ne fait jamais rupture, et précisément le mot fétichisme n’est presque jamais employé, par ces marxistes très justement, vous remettez “les pendules à l’heure”.

            Merci pour vos précisions elles vont me permettre de creuser, et de m’enrichir pour une compréhension radicale.

            Je retiens votre observation : La loi de la baisse du taux de profit, c’est donc le rapport QUALITATIF entre la vie de l’homme et sa dépossession par sa propre production qui se cristallise sous la forme de machines.

            Merci encore Valentin et bonne journée à vous.

  3. Bonjour,
    Nous avions échangé lors d’une manifestation à Bayonne et je remercie Maurice d’être un « préparateur ou coach intellectuel », en effet, votre discours est accessible. Comme le rappelle F. Cousin « faut bosser, faut lire ». Merci à vous trois pour votre travail qui bouscule nos consciences.

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