Comments (12)
    • Bonjour,
      Étymologiquement, la foi renvoie au mots latin fides et fido (qui ont aussi donné “fidèle”): confiance, droiture, sincérité et aussi… conscience. À partir de là, ce qui a engendré le terme de “foi”, par le travestissement de la langue accompagnant le passage du sacral au sacré, désignait à l’origine – et à l’envers d’une croyance aveugle – un état de certitude, découlant de la compréhension du Tout du monde, recueilli humblement par l’expérience des hommes.

    • Sans rentrer dans du jargonnage : j’aimerais juste suggérer que le “tripal” fait partie du corps et que le corps aussi a une intelligence intrinsèque qui nous envoie des signes jusqu’au cerveau… Le corps est beaucoup plus présent en le divin que notre esprit qui divague !

    • Il n’y a pas de séparation entre le tripal et l’intellectuel. Qu’est-ce que l’in-carnation ? C’est le verbe de l’être qui se fait en chair d’histoire…
      Hegel fait aussi la critique de la tripe isolée, ceux qui désirent obtenir la vérité sans l’effort nécessaire, qui réclame le sentiment du divin sans passer par le long chemin du concept.
      Pour percevoir le réel, il faut donc abandonner la croyance pour un savoir effectif. Croire ou savoir, il faut choisir !

      Guerre de Classe n’appelle donc pas à “trouver la foi” mais bien à se saisir soi-même, dans l’effort nécessaire de production du dé-voilement, parce que c’est notre tripe, notre désir de vivre, de jouir en l’amour infini des hommes, qui nous donne la force de lutter contre le mensonge que constitue ce gigantesque complot contre la vie humaine qu’est le fétichisme de la marchandise.

      “Toute critique n’est vraie que parce que radicale, c’est-à-dire allant à la racine critique de ce qui distingue l’humain dépossédé de lui-même de son anti-thèse : l’auto-émancipation humaine.”
      Critique de la société de l’indistinction

      • A guerre vous avez foi à Marx et à Hegel car vous éprouvez ce qu’ils nous transmettent, vous ne vous contentez de les croire sur parole…
        Voici quelques citations et réflexions, qui ne sont pas issus de la tradition matérialiste, mais qui apporte un éclairage, et ouvre à d’autres dimensions qui ne sont pas chimères, mais tout à fait réelles, car étant expériences vécues, s’inscrivant dans une pratique aussi réelle que la pratique du matérialiste dialectique, celle ci n’étant en rien incompatible, elle en reçoit d’ailleurs une compréhension encore plus éclairante.
        C’est un peu long, mais j’ai affaire à des lecteurs;
        La foi

        La Foi est la preuve des choses invisibles.
        C’est une certitude, que l’on éprouve réellement, c’est ce qui relie l’intellect, le tripal, le psychique, le sensuel, l’intuitif.
        La foi dépasse l’adhésion intellectuelle.
        Les articles de foi ne s’adresse pas seulement à l’intelligence, ils sont là pour être vérifié par la pratique.

        La foi c’est une certitude, difficilement exprimable, c’est quelque chose que l’on sait que l’on a en nous, qui nous vient de ce que l’on a vécu, lu, ressenti, perçu, de ce que l’on nous a enseigné, mais qui nous est propre comme si c’était depuis toujours en nous, et qui se développe et se renforce.

        La foi n’est pas la croyance

        « La foi, c’est croire que les actions accomplies après une telle prière seront moins éloignées de l’obéissance à Dieu que celles accomplies avant. » S.Weil (la connaissance surnaturelle)
        « L’arme de la Foi a été donnée à l’Église afin de triompher de Satan. La Foi n’est pas un “rapport intime” entre Dieu et le croyant, une sorte de courant électrique comme dans les religions païennes, c’est une arme. Le point commun avec une arme de fer et l’épée de la Foi est qu’il faut de la volonté et de la force pour s’en saisir. » Lapinos
        « La foi est la porte des mystères. Ce que les yeux du corps sont pour les choses sensibles, la foi l’est pour les yeux cachés de l’âme. »Saint Isaac le syrien
        « Nous appelons foi cette lumière qui, par la grâce, se lève dans l’âme et qui, par le témoignage de la conscience (de la pensée), affermit le cœur, le rendant inébranlable par la certitude intime de l’espérance, qui écarte de lui toute suffisance. » ibid
        « La connaissance que donne la foi dépasse la connaissance naturelle et psychique. »
        «  La Foi n’est pas une persuasion mentale.
        La Foi est une puissance, une puissance de Dieu qui vient d’en haut. »

        Jésus accompli pleinement la Loi, et c’est par Lui maintenant, par la Foi, de, et en, Jésus le Christ que j’ai à accomplir, que j’ai a vivre en Christ. cf. ga 2/19-21

        « La foi apparaît ainsi comme un dépassement de la raison, commandé par la raison elle-même dès qu’elle touche à sa limite.
        La foi dit : « Donne ta petite raison et reçois le Logos. » Elle est une transcendance vers les évidences, vers la réalité cachée qui se révèle. Son expérience est d’emblée sa révélation. Elle supprime toute démonstration, tout médit, toute notion abstraite de Dieu et rend immédiatement présent ce Quelqu’un qui est plus intimement connu.
        L’insuffisance des preuves de l’existence de Dieu s’explique par le fait fondamental : seul Dieu est le critère de sa vérité, seul Dieu est l’argument de son Être. Dans toute pensée sur Dieu, c’est Dieu qui se pense dans l’esprit humain. C’est pourquoi on ne peut rien prouver rationnellement ni convertir personne par des arguments, car on ne peut jamais soumettre Dieu à la logique des démonstrations ni l’enfermer dans l’enchaînement causal.
        Si Dieu est le seul argument de son existence, cela signifie que la foi ne s’invente pas, elle est est un don et c’est de cette nature royale, gratuite de sa foi, que l’homme doit témoigner ; sa foi est donnée à tous pour que Dieu puisse opérer sa parousie dans toute âme humaine. »
        Paul Evdokimov « les âges de la vie spirituelle »

        • Il faut faire œuvre de distinction.
          Nous ne croyons pas Marx et Hegel sur parole. Ils nous ont transmis une méthode pour comprendre le réel et nous situer dedans.
          Ce que Hegel et Marx nous disent exprime la réalité de leur temps historique. Nous ne nous arrêtons pas au message du Christ, nous comprenons toute sa radicalité en le re-situant à son époque !
          Et donc c’est pareil, Hegel, Marx et tous les groupes radicaux nous parlent parce que c’est toute l’histoire des hommes qui parlent à travers eux.
          D’ailleurs, vos citations nous parlent aussi, puisqu’elles expriment un rapport social européen qui, même si elles n’expriment pas la radicalité maximaliste du communisme, transmettent la réalité d’un temps ou le désir de vivre des hommes s’exprimaient à travers une transcendance religieuse aliénatoire.
          Le Christ ne pouvait pas faire la critique du Capital et appeler à l’insurrection prolétarienne universelle… Puisque en son temps, le prolétariat n’avait pas encore surgi comme force historique.
          Notre seule boussole, c’est la réalité du monde, l’histoire humaine, les rapports sociaux de production des hommes.
          Nous ne partons pas dans des considérations métaphysiques in-distinctes mais nous saisissons le déterminisme de l’histoire qui est lié aux rapports sociaux de production.
          Et donc, nous répondons : les choses invisibles du monde, ne sont invisibles qu’à la conscience humaine aliénée qui est incapable de saisir la totalité de la réalité du monde.
          La force vitale que les hommes déploient, ne vient pas de nulle part, elle vient d’eux-mêmes en tant qu’ils expriment un rapport social d’incarnation d’histoire !
          Rien ne vient d’ailleurs, tout vient de la réalité.
          Nous ne sommes pas nostalgiques d’un temps révolu puisque nous comprenons le déterminisme qui nous dit qu’on ne retournera jamais en arrière puisque ce qui advient aujourd’hui était contenu dans le rapport antérieur.
          Il faut donc aller de l’avant ! Saisir la réalité historique qui nous amène à aujourd’hui en la saisissant en totalité du point de vue de l’être générique humain.

  1. Bonjour.
    Comme vous l’avez expliqué à plusieurs reprises, la monnaie a trois rôles historiques. Elle est
    – unité de compte
    – réserve de valeur
    – intermédiaire d’échange
    Dans l’un de vos textes, vous dites que ces trois fonctions sont aujourd’hui obsolètes. Je le comprends pour ce qui a trait à la réserve de valeur. Cependant, je ne comprends pas la caducité du rôle d’unité de compte (les devises sont utilisées dans le calcul des échanges) et celui d’intermédiaire (les échanges se font encore en devises). Pourriez-vous m’éclairer, je vous prie ?

    Merci !

  2. Bonjour,

    La question qui suit n’est sans doute pas directement liée au thème abordé mais elle n’est pour autant pas sans intérêt…

    Je m’aperçois au fil du temps, de mes lectures et de mes relectures que mes références, mes conceptions et mes approches sont très similaires aux vôtres. Il me reste cependant une question à élucider: je ne me souviens pas vous avoir entendu aborder la notion de dictature du prolétariat or elle me semble revêtir une importance certaine, notamment lorsqu’il s’agit de déterminer en termes plus ou moins pratiques celles de lutte des classes et d’abolition de l’état. Quel est votre point de vue sur la question?

    Très cordialement,

    Arnaud de Sède

  3. Le défaut des théories économiques, et leur critique, réside dans l’absence de prise en compte de la question de l’énergie. Ainsi, le défaut de la théorie de Marx est d’avoir séparé l’histoire humaine de l’histoire naturelle, comme il l’écrit lui-même. Or il n’y a d’histoire humaine en dehors de l’histoire naturelle, la nature ayant dans son histoire produit des énergies fossiles non renouvelables, dont le pétrole conventionnel.

    Le pic de production de pétrole conventionnel avait été estimé autour de 2020. Or la demande d’énergie ne cesse d’augmenter. Donc depuis des années les pouvoirs publics soutiennent les économies d’énergie tous azimuts (transport, immobilier, etc.) et le remplacement des produits transformés du pétrole.

    Le pic de production de pétrole conventionnel a atteint un plateau vers 2018. Or la demande d’énergie ne cesse d’augmenter. Donc quand les mesures préventives ne suffisent pas, il devient nécessaire de passer à une gestion policière par la coercition : bloquer, restreindre, contrôler toutes les activités et les déplacements consommants des énergies fossiles

    Le covid est un prétexte et une opportunité pour tester et tenter la mise en place de cette gestion de “contrôle social de la pénurie pétrolière”.

    Quelques liens :
    – Journal Soir 3 en 2011 : https://youtu.be/XwnXW7sGwMo
    – Laherrere et Meilhan : https://youtu.be/zyt81qmTz6g
    – Olivier Delamarche : https://youtu.be/CBAinde1Ptk
    – Charles Gave : https://youtu.be/VO8qx-BYyWE
    – plus les blogs d’experts où s’expriment des ingénieurs pétroliers…

    Dans un entretien à Marianne, le sociologue Alain Caillé imagine le rationnement énergétique avec un “passe kWh (kilowatts heure)”…

    • Bonjour,

      Contrairement à ce que vous pensez, Marx n’a nullement séparé l’histoire humaine de l’histoire naturelle car il abolit précisément cette séparation en comprenant que l’homme est la nature prenant conscience d’elle-même.
      Ainsi, lorsque vous dites que “il n’y a d’histoire humaine en dehors de l’histoire naturelle”, Marx vous répond l’inverse : Il n’y a aucune histoire des volcans, des arbres ou des oiseaux, bref, de la nature, en dehors de l’histoire de l’homme, puisque la nature ne se pose de questions historiques sur elle-même qu’à partir de l’émergence de sa conscience… dont l’homme est le seul dépositaire.
      Si l’homme se pose aujourd’hui la question de la nature, c’est précisément parce que son industrie l’a épuisée et polluée au point qu’elle lui est devenue invivable, conséquence d’une production pour les besoins solvables que seule une production communiste pour les besoins humains sera en mesure de résoudre.

      La question des ressources, pour répondre à la suite de votre question, n’a donc aucune autonomie et ne peut être posée qu’en tant que rapport à la façon dont l’homme les extrait de la nature et les produit pour les besoins déterminés du mode de production déterminé dans lequel il se trouve.

      Ainsi, Marx montre bien que du point de vue de l’économie politique et notamment chez Malthus, la relation entre la quantité de subsistances disponibles et la quantité de population est établie “bêtement” car “si le travailleur n’a pas d’emploi, la quantité de blé existante lui est absolument indifférente; que ce sont par conséquent les moyens d’emploi et non les moyens de subsistance qui le rangent – ou non – dans la catégorie de la surpopulation.
      […]
      il n’a jamais été question pour l’Antiquité d’esclaves en excédent. Car, au contraire, on en réclamait de plus en plus. En revanche, il y eut une surpopulation de non-travailleurs (au sens immédiat); ceux-ci n’étaient pas trop nombreux par rapport aux subsistances existantes, mais ils avaient été privés des conditions dans lesquelles ils pouvaient se les approprier.”
      […]
      La surpopulation chez les peuples de chasseurs, par exemple, qui se manifeste dans la lutte entre les diverses tribus, ne prouve pas que la terre ne pouvait pas entretenir le petit nombre, mais que les conditions de leur reproduction nécessitaient un territoire étendu pour un nombre restreint de têtes. Il ne s’agit jamais d’un rapport à la masse absolue, inexistante, de moyens de subsistance, mais d’un rapport aux conditions de la reproduction de ces moyens, rapport qui englobe également les conditions de la reproduction de l’homme, de l’ensemble de la population, d’une surpopulation relative. Ce surplus est purement relatif : il n’a pas la moindre relation avec les moyens de subsistance comme tels, mais avec la manière de les produire. Par conséquent, il n’y a surplus qu’à ce stade de développement.”

      (Karl Marx – Principes d’une critique de l’économie politique – MALTHUS – 1858)

      La société capitaliste développe frénétiquement la circulation, les transports et la mobilité des hommes aliénés. Le pétrole correspond ainsi très adéquatement aux besoins de sa société liquide, mouvante et véloce du consommable, tandis que l’énergie infinie qui pourrait être extraite du mouvement hydraulique des fleuves et des rivières, par exemple, n’y est que très peu utilisée car peu rentable alors qu’elle serait en mesure d’alimenter la plupart de nos habitations en électricité.

      Pour le pétrole comme pour le reste, la question des “ressources disponibles” ne se pose donc pas comme telle, mais se pose relativement au mode de production – le capitalisme – usant de ces ressources pour les besoins précipités du temps de son exploitation toujours plus accéléré.
      Le Capital libère, certes, un certain nombre de ressources que les modes de production antérieurs n’utilisaient point, cependant il ne les libère pas pour répondre aux besoins des hommes, mais pour mieux les asservir et les exploiter.
      Le communisme universel abolissant la société de classes, l’argent et l’état est ainsi le seul mode de production qui soit capable de répondre à la question de “comment produire pour nos besoins humains ?”, et il sait qu’il l’est.

    • Bonjour,
      Je trouve que votre réponse Adrien, s’écarte un peu de la question du Monsieur, nous pourrions faire plus directe :

      Il est évident que par le développement de l’aliénation capitaliste, sont systématiquement épuisées les deux seules sources de la richesse, l’homme et son corps inorganique, la nature… Cependant, prétendre que la crise que traverse actuellement le Capital proviendrait du seul épuisement des ressources, c’est d’une part, ignorer qu’il n’est pas de nature qui ne soit historique, de nature qui ne soit déterminée par les conditions de la production humaine qui la faconnent et orientent son utilité; c’est d’autre part prétendre que les causes de la mort du capitalisme seraient extérieures à ses propres lois… Autrement dit, l’épuisement des ressources naturelles n’est que la conséquence de la production capitaliste, conséquence qui n’a d’ailleurs pas besoin d’aboutir à son terme pour que les contradictions internes au mode de production capitaliste ne le rendent définitivement impossible. Celà est d’autant plus vrai que les sources d’énergies fossiles, bien qu’encore suffisante, doivent se voir signifier aujourd’hui par la crise de la baisse du taux de profit que la chaîne industrielle à laquelle elles sont rattachées est définitivement condamnée à déboucher sur un marché décidément engorgé. Ce n’est donc pas l’offre toute nue des énergies fossiles qui fait leur exploitation, c’est encore le débouché plus ou moins solvable auquel elle peut prétendre. Ce n’est pas l’épuisement des ressources qui a engendré la dictature écologique du Marché mondial, c’est la dictature écologique du Marché mondial dirigée par la boussole loufoque de la crise terminale de la baisse du taux de profit qui a engendré le boycott étatique des énergies fossiles pour l’ouverture aux forceps d’un nouveau marché potentiellement solvable…
      Le monde n’est pas fait d’objets neutres, il est fait de relations sociales de production historiques complexes qu’il s’agit de comprendre pour ne pas rester prisonnier de l’apparence des choses.
      Creusez et vous verrez.

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