Guerre de Classe présente… Critique de l’actualité et des temps présents – Janvier 2022

Intervenants : Thibaud, Michel et Francis Cousin


Il ne s’agit point ici du développement plus ou moins complet des antagonismes sociaux qu’engendrent les lois naturelles de la production capitaliste, mais de ces lois elles-mêmes, des tendances qui se manifestent et se réalisent avec une nécessité de fer.

Karl MARX, Le Capital – Livre premier, Préface de la première édition

À l’heure de l’argent aveuglément illimité, tous les États sont les États du Capital interminable et toutes les classes dirigeantes, par-delà leurs rêves intérieurs et leurs tromperies publiques, sont les ennemis des prolétaires et de l’acte ontologique du re-trouver l’être de l’être par le positionnement historique de l’auto-émancipation humaine. Pour l’humanité prolétarisée, il n’y a pas d’autre solution, pour arriver à accéder au sens humain du naturel jouir trans-cendental, que de rompre définitivement avec toutes les mythologies améliorantistes de la participation directe ou indirecte au jeu capitaliste mondial en se débarrassant de tous les partis et syndicats qui les promeuvent et les soutiennent, en prenant le chemin radicaliste de la lutte de classe in-apprivoisable pour l’abolition de l’argent. Il n’est possible d’affronter et de vaincre le capitalisme mondial que par la lutte ouvertement maximaliste et en adoptant les méthodes, les moyens et les buts de l’auto-mouvement de la dé-sobéissance intransigeante en faveur des seuls intérêts communiers de l’humain générique, tant sur les plans de la lutte de défense immédiate que de la lutte offensive anti-marchande plus générale.

Commentaires sur l’extrême radicalité des temps derniers…

La masse prolétarienne, par sa simple apparition dans la lutte sociale des classes, par-delà toutes les insuffisances, toutes les demi-mesures et les lâchetés antérieures de la révolution, passe à l’ordre du jour. L’Achéron s’est mis en mouvement, et les avortons qui mènent leur petit jeu à la pointe de la révolution feront la culbute, à moins qu’ils ne comprennent enfin le format colossal du drame historique mondial auquel ils sont mêlés.

L’ACHERON S’EST MIS EN MOUVEMENT

Rosa Luxemburg, 27 novembre 1918

La décadence du Capital n’est point l’histoire d’un corps minéral qui tombe soudainement ou d’un engin mécanique qui se casse brutalement, c’est celle d’un organisme historique vivant qui s’auto-invalide par degré sur un temps ample dialectiquement donné lorsque l’ensemble de ses fonctions de vie cessent de pouvoir résister à la mort que les dites fonctions ont elles-mêmes fait paraître… Les démences étatiques du Coronavirus qui camouflent si mal la mise en jachère mondiale de la sur-production capitaliste, témoignent clairement que la crise terminale de la loi de la valeur a là bien commencé… Ce n’est certes qu’un premier début mais le combat radical de la lutte communiste va là assurément et profondément se mettre en train

DU SPECTACLE FETICHISTE DE LA MARCHANDISE MONDIALE ET DE SA CRISE FINALE…

Comments (10)
  1. Une question pour la prochaine emission sur Rapallo : Pourquoi le pacte germano soviétique se solde par une guerre à mort avec l’URSS alors que ce n’est pas le cas lors des accords de Rapallo ?

  2. Actu février 2022

    Bonjour à toutes et tous

    1905 La pétition au tsar du dimanche sanglant
    2022 Lutte du syndicat des teamsters Canadiens et autres chauffeurs de camion dans le monde.

    DIALECTIQUE HISTORIQUE

    En ce dimanche de 1905 en Russie, les manifestants étaient des travailleurs, et il vaut mieux le dire, l’expression du prolétariat en processus de formation, en effet, 40 ans après l’abolition du servage en Russie et, par conséquent, galvanisé par le nouvel état dans lequel ils étaient pourvu d’un salaire qui n’existait pas auparavant, et le relatif sentiment de “liberté” que la condition du servage antérieur.
    La demande de la majorité des exploités (est allée ce fameux dimanche, supplier le tsar, de ne pas révolutionner le mode de production) et quelque part demander un temps arrêté du mode de production, capitaliste qui en lui même ne peut pas être ce temps arrêté d’un certain point équilibre, puisque le capitalisme et en lui même le mouvement de sa contradiction,
    Et à cet égard comme on le dirait de nos jours, à juste titre, que c’était une mobilisation pour soutenir les « sans », la manifestation consistait dans une supplique au tsar lui demandant d’intervenir contre le nouvel esclavage des propriétaires exploiteurs industriels européens sur le prolétariat Russe, les effets de la marche forcée à toute vapeur vers le mode de production capitaliste et, plus tard, la révolution industrielle.
    La réponse qui a été faite aux porteurs de cette contestation de cette pétition et l’interprétation qu’en fit le capitalisme européen, fut que cette pétition sentait le “nationalisme” des travailleurs Russes, contre les puissances industrielles, de l’étranger.
    La répression fut féroce par la police “tsariste” en signe de bienveillance, aux préoccupations du capitalisme européen, loi de la force de l’extérieur issue de la part de l’industrie européenne délocalisée en Russie à la tête de laquelle il y avait un Russe qui avait donné l’ordre du massacre.
    Autrement dit, une part de la Russie au service d’intérêts étrangers.
    ll est vrai qu’une partie de l’exploitation des travailleurs Russe et son extorsion de plus value est également entrée dans les caisses de l’Etat Russe et dans les comptes de l’aristocratie, la classe moyenne n’était pas encore formée, il s’agissait presque uniquement de travailleurs.
    Voici le point central de l’analyse, et les explications pour la politique et sur le capital étranger dans leurs nouvelles exploitations et leurs conclusions adressés au tsar qui est intervenu de manière radicale en signe de bonne volonté aux appétits des exploiteurs étrangers.
    A partir de ces faits historiques clairement affiché ici, qu’auraient’ils en commun avec le syndicat des teamsters canadiens, des chaufeurs du monde occidental et la mobilisation des travailleurs Russes de 1905 noyée dans le sang? Rien, parce que ce sont des étapes complètement différentes du mode de production capitaliste, car ce qui se passe à présent, en 2022 est une expression de la crise générale du mode de production capitaliste.
    En – 1905 – c’était la phase ascendante (montante) du capitalisme.
    En 1905 c’était un prolétariat d’un processus en formation, en 2022, c’est l’ordre décroissant du capitalisme et notamment, la phase de l’écrasement de la classe moyenne.
    Ce qu’ils représentent aujourd’hui les chauffeurs de camion, non seulement en Occident, mais aussi dans l’ultra-moderne Chine? Une catégorie de sous surface de l’Aristocratie capitaliste en phase 2.0, ou pour le dire clairement les grandes puissances du mode de production capitaliste, se tournent vers une initiative qui vise à réduire, voire à éliminer, de façon drastique l’ascenseur social: Amazon et Alibaba sont les exemples à suivre.
    Il est bien évident que les grandes puissances économiques essaient d’utiliser toutes les armes dans la direction haussière de l’hyper-classe en tant que telle pour survivre contre les tempêtes de la crise de l’ensemble du système.
    C’est la feuille de route du processus de la nouvelle aristocratie, pour un contrôle de l’action absolu comme une fin en soi.
    Les chauffeurs de camion du Canada et du reste du monde, comme dans l’histoire traditionnelle de leur catégorie, veulent se mettre au service de la liberté…des propriétaires de petites entreprises, où la mémoire nous ramène au Chili en 1973, et le coup d’Etat où le conducteur de camion vous engage dans un jeu plutôt louche, pour ne pas dire de dupe, tandis que le prolétariat Chilien lui ne s’en sors pas et à aucun point de vue, et ne l’espère même plus s’en sortir.
    Le fond de la revendication des chauffeurs de camion à plus à faire avec le prix du gazoil et le maintient d’un certain niveau de vie, que subsidiairement, la révolution et la liberté (ils sont dispensé d’obligation).
    Le fait que certains éminents intellectuels identifient le conducteur de camion comme objet, social-révolutionnaire frise l’imposture ou l’ignorance.
    Pour faire face à la réalité pour ce qu’elle est aujourd’hui, sans lentille, idéologique, afin de trouver une ligne de tendance qui nous montre l’ensemble de l’objet historiquement déterminé qui est dans un déclin irréversible, C’EST LE MODE DE PRODUCTION CAPITALISTE.
    La proposition du gouvernement vis à vis des chauffeurs de camion est de les amener à cesser les combats, ce qu’ils ont refusé. « Offre non seulement des augmentations de salaire de 15% pour les employés de sociétés de transport, et jusqu’à 7/8% pour les » propriétaires-exploitants » (cf. https:/ /cantruck.ac/vaccin-mandat-avant-pour-mieux-pilote-payer-transporteur/ ).
    On pourrait dire que les chauffeurs pensent gagner plus d’argent en jouant “la liberté”.
    ll sont, par conséquent, une catégorie de la classe moyenne, rebelle, parce que la crise les amène à supporter des coûts élevés pour survivre en tant que catégorie d’entreprises ou de travailleurs d’un certain niveau de revenu, qui n’a pas l’intention d’abolir la position actuelle de “classe”, et dont l’indigence c’est aussi l’appauvrissement des masses et des familles, et par conséquent la mobilisation des chauffeurs est de soutenir leur combat sectoriel, ce qui est tout à fait naturel, mais n’a rien à voir avec la pétition des ouvriers en 1905.
    Toutes les luttes sont comme le vent, au début, un gonflement et ensuite finissent par refluer.
    Parce que le point de l’abolition de classe n’a pas été décisif ni revendiqué et la contestation refluera vers le réformisme obligé, la lutte des chauffeurs de camion ne peut donc sans abolition de classe, avoir le potentiel perturbateur de concassage du mode de production capitaliste jusqu’au point désiré par les communistes.
    L’illusion de la position du regard de l’absurdité de certaines catégories de la classe moyenne, telle que les chauffeurs de camion, comme un sujet capable pour sa gamme de liberté de résister au point tel qu’il sert de détonateur à une explosion, plus générale, et en particulier dans les pays de l’Ouest avec par exemple passé les mineurs en Angleterre et les chantiers navals et toutes les autres catégories de travailleurs en Pologne dans les années 80 du siècle dernier, ont été des luttes sectorielles, n’ont jamais revendiquées l’abolition des classes et incapables de rationaliser une profonde critique de la crise du mode de production capitaliste à l’égard de sa nouvelle phase.
    Par conséquent, on peut seulement relever que cette rébellion des chauffeurs de camion, tout comme l’assaut sur la Colline du Capitole aux US , confirme la thèse que toutes les mobilisations de cette phase du capitalisme sont causés par la crise du mode de production capitaliste qui agit comme objet impersonnel de l’histoire, dans le présent et va conduire à son implosion.
    Pour conclure, donc les chauffeurs de camion, veulent continuer à gagner autant qu’ils le peuvent, même dans des conditions inhumaines? Or il s’agit de la liberté de toutes les catégories de l’accumulation assujetties au capitalisme et la suppression de classe.
    Pour une nouvelle façon de produire pour le marché, pour utiliser les biens, pour les besoins par l’ensemble de l’humanité et non pas pour le profit « la valeur d’échange », mais pour une concentration et une centralisation des ressources, pour une répartition équitable afin de redonner la dignité à une communauté humaine qui dépasse sa propre réification, dans laquelle elle en a terminé une fois pour toute, avec le mode de production capitaliste.

    • “Le vrai c’est le tout” – Hegel

      Il ne faut pas isoler une portion de la réalité pour expliquer le mouvement réel. C’est le mouvement réel de la totalité qui explique les moments particuliers.
      La révolte au Canada… vient justement du Canada, sur une terre de la rénovation marchande sans avoir l’histoire insurrectionnelle européenne.
      Le même mouvement en France peut donner tout autre chose, justement parce qu’il se déroule en France !
      Donc, il ne faut pas isoler la condition de camionneur, d’ailleurs le concept de classe moyenne est un concept sociologique qui n’a rien à voir avec la lutte des classes, encore plus aujourd’hui en 2022 ou l’usine globale est totalement réalisée et que tous les travailleurs des différents milieux sont surdéterminés par cette réalité en tant que prolétaires de l’usine globale, même s’il existent des couches privilégiées.
      La transcroissance du mouvement social viendra justement du fait que les prolétaires prendront conscience de leur prolétarisation ! Et pourront sortir de la revendication réformiste de liberté pour aboutir sur la question sociale.
      Le temps européen qui bouge nous dira ce qu’il en est dans les prochains mois et années…

  3. Bonsoir Raoul,
    Je percevais bien cette duperie, vous venez bien éclairer ma lanterne, je voyais dans ce mouvement des convois liberté cette classe moyenne qui ne veut pas disparaître, on peut observer leur niveau de vie dans le luxe de leurs engins, voitures flambant neuves, chromes rutilants de leur poids lourds, en France le même scénario sans les bahuts car pas indépendants. Quelle idiotie d’aller se faire casser la gueule à Paris pour rien, croire qu’ils peuvent empêcher leur classe d’être écrasée, vouloir sauvegarder leur pouvoir d’achat en bon égoïste, ils me font pitié et je les trouve stupides. Je rejoins votre analyse, merci.

    • Bonsoir,

      Pour votre gouverne, jamais un groupe communiste maximaliste n’a traité les prolétaires d’un mouvement en maturation d’égoïstes ou de stupides, et pour cause, quiconque ayant un tout petit peu de méthode et de sens historique sait qu’il n’y a pas de rupture de continuité entre la lutte de classe telle qu’elle est le développement réformiste encore possible du Capital et la révolution communiste telle qu’elle est la production nécessaire de l’abolition de l’échange et de l’argent. Comme le dit Valentin plus haut, nous avons eu un premier surgissement au Canada et une continuation du mouvement en France qui peut (ou non) l’amener plus loin, mais l’essentiel est de bien comprendre la dialectique historique de notre temps qui va balayer toutes les illusions et imprécisions du prolétariat pour l’amener à dépasser les limites du réformisme encore possible… Nous ne sommes encore qu’au début de ce temps, le processus sera long et douloureux. Donc au lieu de commenter de façon hautaine sur les butées des prolétaires en lutte, vous devriez creuser les textes de cette rubrique http://guerredeclasse.fr/comprendre-la-crise-actuelle/ et les vidéos de Guerre de Classe de façon à ne plus rester à l’apparence des choses et comprendre la vieille Taupe qui travaille en profondeur derrière chaque mouvement social…

      • Bonsoir Thibault
        Je tiens a vous préciser que je suis sur le terrain depuis les gilets jaunes. Dans ma région on a crée des goupes de soutien contre la tyrannie sanitaire, avec principalement des soignants, des personnes travaillant dans le bien-être. La préoccupation de ces gens concerne essentiellement de revenir à la vie d’avant c’est à dire continuer à consommer. La conscience politique de ces petits bourgeois est quasi nulle. Le début des gilets était beaucoup plus radicale. On a affaire ici à des bobos new-age, écolos, naturopathie , ésotérisme délirant etc…Ce n’est pas que je méprise les prolétaires car j’en suis une, ce ne sont pas des prolétaires à mon sens. Ils se réclament de la République et de la démocratie, on se fait reprendre si on ne veut pas aller voter, ils détiennent toujours le pouvoir sur les autres classes sociales. Vous comprendrez donc pourquoi je les traite de stupides. Il faut aller sur le terrain pour constater le fossé qui existe entre l’idéologie et la réalité. Quant aux vidéos de Francis Cousin je les regarde avec intérêt même si les concepts sont abscons pour moi, je comprends le sens général. D’ailleurs Francis n’hésite pas à traiter les gens de crétin parfois. La vieille taupe d’accord mais on en est peut-être à des années-lumière.

  4. Bonjour,
    Je tiens à préciser que si je parais commenter de façon hautaine les mouvements actuels, c’est que je suis sur le terrain depuis les gilets jaunes jusqu’au manifs anti pass et la création de groupes pour lutter contre cette tyrannie. Je ne parle pas du haut d’abstractions et de concepts parfois bien éloignés du commun des mortels. La réalité du terrain est tout autre : que voyons-nous ? Des classes de la petite bourgeoisie ou de la moyenne (du new âge, ecolo-bobo, naturopathe, médecines douces, ésotérisme délirant et j’en passe), se révolter non pas contre ce qui les emprisonne, mais réclamer le monde d’avant c’est à dire la société de consommation, des plaisirs et des désirs insatiables. Ce monde là n’a aucune envie de mettre à bas l’argent et l’état. Je comprends bien que la prise de conscience peut être longue mais je suis désolée de vous dire que pour le moment on est très très loin de ce que vous prétendez. Il y a un fossé énorme entre ce que vous idéalisez et la réalité. D’autre part je regarde les vidéos de Monsieur Cousin depuis très longtemps, je ne comprends pas toujours mais cela m’intéresse. Je crois d’ailleurs que Francis n’hésite pas à traiter certaines fois les gens de crétins.

    • Latour,
      Vous vous comportez avec l’impatience narcissique d’une avant-garde capricieuse. Pardonnez-leur leurs alimentations enfin! Si les limites actuelles de la lutte vous angoisse, c’est qu’il faut creuser les textes suggéré ci-dessus .
      Gros bisous.

    • Ecoutez mieux !
      Les gens, cela n’existe pas…
      Il y a le prolétariat et la classe capitaliste…
      Il existe un crétinisme démocratique mais personne n’est crétin en soi, Il existe un devenir qui à partir du crétinisme produit – à un moment donné – l’au-delà du crétinisme…

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