Le spectacle des mensonges de la marchandise ne valorise que ce qui le valorise…

Aujourd’hui, au cul de la Maison-Blanche et de toute la merde universitaire impérialiste américaine, du MEDEF à toutes les sectes du gauchisme de la marchandise en passant par tous les flics mentaux de l’Éducation Nationale du Capital, la domination aliénatoire pleinement réalisée de la valeur d’échange universelle proclame clairement que contre ceux qui veulent transformer le monde, il nous est donc simplement demandé d’aller nous distraire en métamorphosant nos sexes, nos frustrations et nos imaginaires dans le monde du libre-échange des impostures climatiques, immigrationnistes, sexualistes, terroristes et sanitaires…

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Les actuels moutons de l’intelligentsia […] ne connaissent plus que trois crimes inadmissibles, à l’exclusion de tout le reste : racisme, antimodernisme, homophobie…

Guy Debord, Lettre à Michel Bounan, 21 avril 1993

…Le rapport immédiat, naturel, nécessaire de l’homme à l’homme est le rapport de l’homme à la femme. Dans ce rapport générique naturel, le rapport de l’homme à la nature est immédiate­ment son rapport à l’homme, de même que le rapport à l’homme est directement son rapport à la nature, sa propre détermination naturelle. Dans ce rapport apparaît donc de façon sensible, réduite à un fait concret la mesure dans laquelle, pour l’homme, l’essence humaine est devenue la nature, ou celle dans laquelle la nature est devenue l’essence humaine de l’homme. En partant de ce rapport, on peut donc juger tout le niveau de culture de l’homme. Du carac­tère de ce rapport résulte la mesure dans laquelle l’homme est devenu pour lui-même être générique, homme, et s’est saisi comme tel; le rapport de l’homme à la femme est le rapport le plus naturel de l’homme à l’homme. En celui-ci apparaît donc dans quelle mesure le compor­tement naturel de l’homme est devenu humain ou dans quelle mesure l’essence humaine est devenue pour lui l’essence naturelle, dans quelle mesure sa nature humaine est devenue pour lui la nature.

Karl Marx, Manuscrits de 1844

La famille athénienne [d’époque tardive… ] devint, au cours des temps, le type sur lequel non seulement le reste des Ioniens, mais aussi, et de plus en plus, tous les Grecs du continent et des colonies modelèrent leurs rapports domestiques. Malgré la séquestration et la surveillance, les Grecques trouvaient tout de même assez souvent l’occasion de duper leurs maris. Ceux-ci, qui auraient rougi de montrer de l’amour pour leurs femmes, s’amusaient à toutes sortes d’intrigues amoureuses avec les hétaïres; mais l’avilissement des femmes eut sa revanche dans celui des hommes et les avilit jusqu’à les faire tomber dans la pratique répugnante de la pédérastie et se déshonorer eux-mêmes en déshonorant leurs dieux par le mythe de Ganymède.

Friedrich Engels, L’origine de la famille, de la propriété privée et de l’État, 1884

Désormais, le spectacle du fétichisme marchand s’est emparé de la totalité du monde, et la liberté despotique de l’argent est enfin parvenue à élaborer la fabrique démocratique universelle de cette marchandise si originale qu’est l’être humain chosifié jusqu’en son intimité sexuelle et émotionnelle la plus profonde. Tout s’achète et tout se vend dans le procès réalisé de la mondialisation capitaliste flamboyante, qui a digéré toutes les manifestations du vivre humain pour les réécrire adéquatement au marché totalitaire des échanges narcissiques du commerce de l’aliénation consommatoire.

Commentaires sur l’extrême radicalité des temps derniers…

Quelle est donc la position invariante du communisme intégral sur le totalitarisme de la domination pleinement réalisée de la marchandise dictatoriale produisant progressivement un mode de sexualité obligatoire enfin entièrement adéquat au libre marché despotique de la démocratie narcissique du sexe machinique hors-sol complètement auto-centré ? Elle nous est donnée dans la lettre écrite par Engels à Marx le 22 juin 1869 lorsqu’a propos de Karl Heinrich Ulrichs, prêcheur annonciateur de l’idéologie homosexualiste et de la révolution capitaliste arc en ciel de toutes les impostures de la chosification contemporaine, Engels fait courte synthèse sur ce qui deviendra la religion des sexualités marchandes propre à la domination accomplie de la loi de la valeur achevée telle que les fusilleurs du prolétariat socio-démocrates, bolchéviques et libertaires n’auront pas cessé d’en faire partout et toujours la promotion contre-révolutionnaire…

Lettre du 22 juin 1869…

Engels à Marx, à Londres

Manchester, le 22 juin 1869

Cher Maure,

Je ne sais pas s’il fait aussi beau chez vous que chez nous, mais ici la lumière du jour a baissé à un point tel que nous avons dû, en ce jour le plus long de l’année, allumer le gaz à 4 heures de l’après-midi. Comment diable lire ou écrire dans ces conditions, quand on ne sait pas s’il fait jour ou nuit.
Tussy est de très joyeuse humeur. Ce matin, toute la famille est allée faire du shopping, demain, elles veulent aller au théâtre. Elle a lu Hermann et Dorothée[1] d’un bout à l’autre, non sans mal à cause du déconnage de philistins idylliques. Maintenant je lui ai donné la nouvelle Edda, où se trouvent quelques jolies histoires; ensuite elle pourra lire dans l’ancienne les chansons de Sigurd et Gudrun[2]. Elle fait aussi beaucoup de piano. J’ai encore lu avec elle des Kjämpeviser[3] danois.
Ainsi donc, tout ce que Wilhem a réussi, c’est d’obtenir que les lignes masculino-féminine et totalement féminine des Lassaliens fusionnent ![4] C’est vraiment un beau résultat. Naturellement Schw[eitzer] va être réelu – vu la précipitation avec laquelle l’affaire est menée – et alors il sera de nouveau l’élu du suffrage universel. Wilh[elm] observe aussi un silence obstiné sur cet événement.
C’est assurément un « inverti » tout à fait surprenant[5] que tu m’as envoyé. Ce sont vraiment des révélations tout à fait contre nature. Les pédérastes commencent à se compter et trouvent qu’ils constituent une puissance dans l’État. Seule manquait l’organisation, mais d’après ce texte, il semble qu’elle existe déjà en secret. Et puisqu’ils ont dans tous les vieux partis et même dans les nouveaux des hommes si importants, de Rösing à Schweitzer, la victoire ne saurait leur échapper. « Guerre aux cons, paix aux trous-du-cul » dira-t-on maintenant. C’est encore une chance que nous soyons personnellement trop vieux pour avoir à redouter, en cas de victoire de ce parti, d’avoir à payer, physiquement, quelque tribut aux vainqueurs. Mais la jeune génération ! Au reste, il n’y a qu’en Allemagne qu’un type de ce genre puisse monter sur scène, ériger en théorie cette saloperie et proclamer : introite[entrez], etc. Malheureusement, il n’a pas encore le courage d’avouer ouvertement qu’il « en » est et se voit obligé, coram publico [en public], d’opérer « par devant », même s’il ne le fait pas «en entrant par devant », comme il dit une fois par erreur. Mais attends un peu que le nouveau Code pénal d’Allemagne du Nord ait reconnu les droits du cul, alors il chantera une autre chanson. Nous autres, pauvres gens du devant, avec notre naïf penchant pour les femmes, nous serons alors traités de belle façon. Si Schweitzer était bon à quelque chose, il faudrait lui faire soutirer, à cet étrange bonhomme, les noms et qualités des hauts et très hauts pédérastes, ce qui, étant donné leurs affinités spirituelles, ne lui serait certainement pas difficile.
Schorlemmer se rend à la fin de la semaine via Grimsby et Rotterdam pour 4 semaines en Allemagne.
Ici, les strikes [grèves] dans les fabriques de coton sont terminées depuis ce matin, les ouvriers d’Oldham ayant repris le travail.
Il n’y a donc plus de limite à la surproduction.
La poste ferme. Amitiés.

Ton F. E.


[1] Poème épique de Goethe.

[2] Edda : nom de deux recueils de poèmes islandais du XIIIème siècle se rapportant à la mythologie nordique.

[3] Chansons de geste.

[4] Le 18 juin 1869, J.B. von Schweitzer, président de l’Association générale des travailleurs allemands, et Fritz Mende, président de l’Association générale lassallienne des travailleurs allemands inspirée par la comtesse de Hatzfeld (voir lettre de Marx à Engels du 24 avril 1869) annoncèrent dans le Social-Demokrat, la fusion des deux associations jusqu’alors opposés. Les adhérents étaient sommés d’approuver l’accord dans les trois jours. C’est ce qu’on appela le « coup d’État » de Schweitzer.
En intégrant le petit groupe lassallien orthodoxe, Schweitzer espérait affaiblir l’opposition au sein de l’Association générale des travailleurs allemands et les partisans de la fusion avec l’Union des associations ouvrières allemandes animées par Bebel et Liebknecht et liées à l’AIT. En même temps, il comptait renforcer sa position personnelle, très affaiblie par l’Assemblée générale d’Elberfeld-Barmen en mars 1869. (Voir lettre de Mars à Engels du 5 avril 1869).
Les dirigeants de l’opposition ; Wilhelm Bracke, Julius Bremer, Samuel Spier et Theodor Yorck, condamnèrent le « coup d’État » de Schweitzer. Après s’être concertés avec Wilhelm Liebknecht et August Bebel à Magdebourg le 22 juin 1869, ils préconisèrent l’unification de tous les travailleurs sociaux-démocrates d’Allemagne. Le 27 juin, l’Union des associations ouvrières allemandes s’associa à cet appel. Ces démarches préparaient le congrès d’Eisenach. (Voir lettre de Marx à Engels du 3 juillet 1869).

[5] Karl Heinz Ulrichs : « Argonauticus ». Zastow und die Urninge des pietistiche, ultramontanen und freidenkenden Lagers [«Argonauticus ». Zastrow et les invertis du camp piétiste, ultramontain et libre-penseur]. Leipzig 1869.

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